‹ Le TrichocéphaleChapitre 10 sur 20 · PR · texte numérisé non relu

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L'examen de l’appendice au contraire nous a montré la coupe du nématode au milieu de la lumière, mais, en aucun point nous navons pu trouver une effraction quelconque de la muqueuse par le parasite.

Toutes les coupes que nous avons pu examiner nous

ont montré que le parasite, dans aucun des deux cas dont nous parlons, n'avait dépassé les parties superficielles de la muqueuse. D'ailleurs nous avons choisi parmi nos préparations, celle qui nous a paru être la plus démonstrative et la plus nette (c'était, en outre, à cet endroit que le ver avait été le plus profondément dans l'intérieur de la muqueuse), et nous l’avons soumus à l'examen histologique fait au laboratoire d’anatomie pathologique de la Faculté. Nous reproduisons in extenso la note qu'on a bien voulu nous communiquer à ce sujet: « La coupe a porté au niveau du parasite qui a été sectionné en deux points : une fois dans le sens longitudinal et un peu plus loin, dans le sens transversal. À un faible grossissement on voit le parasite à la surface de la muqueuse; au-dessous de lui la ligne des tubes glandulaires s’infléchit légèrement pour lui former un lit sur lequel il repose. Au dehors est une épaisse couche de mucus qui continue la couche sus-jacente à la muqueuse dans toute sa surface.

À un grossissement plus fort on note les points suivants:

1° Les élémentsglandulaires des tubes sont bien conservés, mais un très grand nombre de cellules ont les caractéristiques des cellules muqueuses. I y a entre les tubes une infiltration considérable de petites cellules

nr qui ne se relrouve pas au delà de la musculaire dans la sous-muqueuse; 2° La couche de mucus sus-jacente au parasite qui paraissait formée, au faible grossissement, uniquement de mucus, montre, au fort grossissement, des édifications qui paraissent être les extrémités des tubes glandulaires. Il semble que la partie tout à fait superficielle

Coupe de la muqueuse du cœcum renfermant un Trichocéphale. (Reichert. Obj. 3, Ocul. 3, projeté à la chambre claire.)

de ces éléments glandulaires ait été sectionnée par le parasite et soit demeurée dès lors en dehors de lui, en subissant une transformation qui les amène à l’état de grosses cellules pâles, d'aspect muqueux, à petits noyaux refoulés à la périphérie, paraissant se confondre avec la nappe de mucus environnant.

On pourra d’ailleurs se rendre compte de la disposition du parasite par rapport à la muqueuse dans la

St reproduction de la préparation que nous donnons sur la figure jointe à ce travail.

De cette étude il résulte que, lorsque le trichocéphale se fixe dans la muqueuse, ce qui n’est peut-être pas le fait constant puisque dans toutes les autopsies on signale à côté de parasites fixés, d’autres qui sont absolument libres, le ver ne cause que des lésions, en somme minimes de l'épithélium. Si parfois, on l’a vu, comme dans un cas que rapporte Weinberg', pénétrer dans la profondeur et traverser la muscularis, c'était dans le cas de désordres inflammatoires très accentués, et rien n’est moins prouvé que la participation du parasite dans la pathogénie de ces graves lésions. L'état des recherches sur ce sujet ne permet pas d’affirmer que le ver est seul en cause; peut-être même la désorganisation des tissus, résultant de linflammation, n’a-t-elle été qu'une condition favorisant la progression profonde du trichocéphale.

D'autre part, la pénétration du parasite doit être extrêmement lente, puisque l’on voit au fur et à mesure de sa pénétration, des modifications importantes de l'épithélium glandulaire qui prend le type muqueux.

L'organisme a dû avoir le temps de se mettre sur la défensive: mais l'étude des conséquences des lésions produites par le trichocéphale ne doit pas faire partie de ce chapitre.

Nous envisagerons cette question quand nous parlerons du rôle de ce parasite dans l’étiologie de la fièvre typhoïde.

1 Weinberg, Annales de l’Institut Pasteur, loc. cit. Voir la planche annexée à son travail.

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