‹ Le TrichocéphaleChapitre 12 sur 20 · EU ES · texte numérisé non relu

EU ES

mènes, douloureux, parfois hors de proportion avec les lésions, ne sont sans doute pas étrangers à l’exagération de l’excitabilité réflexe que l’on observe souvent au cours de la trichocéphalose. Nous reviendrons sur ce point à propos des troubles nerveux.

2° Troubles nerveux. — Les phénomènes nerveux qui accompagnent l’infestation par le trichocéphale sont assez variables: on a noté des paralysies, des crises convulsives de la chorée, un prurit tenace, etc. Daniel Gibson rapporte un cas de paralysie complète des extrémités, rendant la marche impossible, accompagnée de paralysie de la langue et de troubles de la parole, qui céda après expulsion de très nombreux trichocéphales.

‘Une série d'observations de Haussmann signalait comme fréquentes les crises convulsives, parfois simulant les grandes crises d’épilepsie, parfois se limitant à un membre ou aux extrémités.

Les symptômes d’excitation réflexe sont souvent plus diffus : on note alors de l’hyperesthésie du ventre, de l'agitation du sommeil et des grincements de dents pendant la nuit, des douleurs erratiques sur tout le corps, etc. On a encore signalé des vertiges accompaonés de céphalalgie, du prurit et parfois chez les enfants une propension aux habitudes d’onanisme.

3° Troubles dans la composition du sang. — Dans presque tous les cas de trichocéphalose intense, il existe de l’anémue et le plus souvent une anémie profonde. Les observations de Becker, Sandler, Letulle et Lemière en font foi. Les caractères de cette anémie n'ont rien de bien particulier. La diminution des glo-

PU bules est souvent considérable, la valeur globulaire est augmentée parfois; French et Boycott! qui ont examiné le sang de malades porleurs de trichocéphales n’y ont pas trouvé d’éosinophilie manifeste. Cette anémie est importante à connaître, elle simule la chlorose, l’anémie pernicieuse, etc., et le diagnostic ne peut en être fait que par l'examen des selles. Lorsqu'on l'aura établi, le traitement anthelminthique fera d’ailleurs disparaître tous les symptômes inquiétants. Pathogénie. — À la suite de ce bref exposé symptomatologique risquerons-nous quelques considérations pathogéniques ? En ce qui concerne les troubles digesüfs, ils s'expliquent facilement par la présence dans l'intestin d’un nombre considérable de parasites qui, même si les lésions qu'ils produisent sont minimes, peuvent, à force de s’accumuler, devenir nocifs. D'ailleurs la pullulation des trichocéphales dans le tube digestif n'indique-t-elle pas par elle-même un mauvais état de cet organe et surtout une mauvaise alimentation ? Pour les phénomènes nerveux, on a accusé les helminthes de réveiller chez les individus parasités une névrose latente et les phénomènes observés relèveraient en dernière analyse de l’hystérie. D'autres au contraire ont surtout incriminé, comme on l'a fait d’ailleurs pour lPanémie vermineuse, les toxines que secréteraient les parasties, à l'instar des bactéries. Cette explication, par les toxines, tout au moins problématique pour les phénomènes nerveux, est plus séduisante et paraît plus fermement établie lorsqu'il

! French et Boycott, Journ. of. hygq., 26 juillet 1905,

D On, AUDE

ra

s’agit de l’anémie. Néanmoins M. Andrikidis, dans sa thèse rapporte à la même cause phénomènes nerveux et anémié: « Nous savons combien de poisons sont susceptibles de réveiller l'hystérie etil n’est pas absurde d'admettre que la substance toxique produite par le ver soit capable d'agir de cette façon. Nous pensons que nous devons rapprocher les troubles nerveux causés par le trichocéphale à l'anémie de la même cause ».

Ainsi donc l’anémie serait d'origine toxique et à vrai dire la théorie des toxines anémiantes est conforme à l'observation de faits de même ordre, pour lesquels elle est généralement admise. Ce n'est certes pas le parasite lui-même qui la produit et, si l'on admettait ce que tend à prouver l'expérience d’Askanazy, dont nous avons parlé plus haut, il serait impossible de croire que les parasites « suceurs de sang » ont, pour pourvoir à leur nourriture, anémié leur hôte. Il faut donc invoquer autre chose et jusqu'ici, la théorie de l'intoxication est encore l'explication la plus satisfaisante, D'ailleurs elle est admise par un grand nombre d'auteurs pour l’anémie que produisent les botriocéphales et surtout l’ankylostome. Il n’est pas impossible que le trichocéphale agisse de la même façon que ces parasites si rapprochés de lui.

En résumé, nous avons vu que parfois le trichocéphale a pu être incriminé dans la pathogénie d’un certain nombre de troubles morbides ; néanmoins, ce sont des cas extrêmement rares et le parasite serait en somme peu redoutable si, comme nous allons le voir dans le chapitre suivant, on ne l’avat accusé d’être un facteur important de la fièvre typhoïde,

Re. re

Page 1