CHAPITRE V
ROLE DU TRICHOCÉPHALE DANS L'ÉTIOLOGIE DE LA FIÈVRE TYPHOIDE
Depuis la découverte du bacille d'Eberth, il était couramment admis que la fièvre typhoïde était une maladie causée par la pullulation dans notre organisme de cet agent pathogène. La porte d'entrée était manifeste: la contamination était d’origine digestive et, arrivé au nivéau de la muqueuse intestinale, le bacille par le seul fait de son contact avec cette muqueuse, ou à la faveur de minimes solutions de continuité dans l’épithélium y causait les lésions que l’on observe dans la dothiénentérie.
Mais ces dernières années un certain nombre de travaux ont voulu diminuer la responsabilité du bacille dans la pathogénie de cette affection. Nous n’en sommes évidemment plus au temps de Rœderer et Wagler ni de Raspail où, ignorant les microorganismes, l'on parlait de fièvre vermineuse dans laquelle étaient incriminés les parasites visibles. Mais des auteurs ont fait de la fièvre typhoïde le résultat d’une association parasitaire, association £ans laquelle le bacille ne serait pas à craindre : réduit à ses propres forces, le microbe que
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découvrit Eberth, ne serait pas plus dangereux que le plus innocent des saprophytes.
Dans une série de nombreux travaux, M. le professeur Guiart se fit le principal défenseur de ces idées nouvelles qui, si elles étaient démontrées définitivement, feraient singulièrement déchoir la bactériologie de l'importance qu'elle a acquise depuis Pasteur. Le microbe ne serait plus rien s’il n’était porté et inoculé par un parasite plus fort, plus actif, plus élevé que lui. Le maladies ne seraient plus le fait d’un infiniment petit que l’on craint parce qu’on ne le voit pas, elles auraient pour cause une sorte de symbiose, d’associaton de deux êtres agissant de concert et dans un même but.
C’est là assurément un aperçu séduisant et bien qu'aujourd'hui de nombreuses résistances s'élèvent encore dans le monde médical, certains observateurs nesont plus loin d'admettre ces théories dont le cachet quelque peu original ne cesse pas d’être tentant. Néanmoins, nous le déclarons dès maintenant, nous ne savons pas s’il est permis à l’heure actuelle d’être aussi catégorique que certains. Faut-il avoir du trichocéphale dans son tube digestif pour prendre la fièvre typhoïde? voilà la question à laquelle les auteurs répondent de façons diverses. Ce n’est certes pas dans ce chapitre que nous nous chargerons de donner une solution défnitive à ce problème qui est depuis quelques années le but de nombreuses recherches : Nous allons simplement exposer les reflexions que nous ont suggérées nos modestes études sur la question.
Nous ne parlerons d’ailleurs que de la fièvre typhoïde,