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passant volontairement sous silence ce qui concerne l'appendicite. C’est qu’en effet le trichocéphale fut aussi, depuis déjà longtemps, incriminé dans la pathogénie de cette maladie. En 1901 Metschnikoff' dans une note helminthologique sur l’appendicite appela l’attention sur ce fait que parfois l’on trouvait des trichocéphales fixés dans l’appendice des malades présentant une inflammation de cet organe. Bien que ce fait ne soit pas aussi fréquent que sembleraient le faire croire les travaux des défenseurs de cette théorie, 1l est absolument impossible d'admettre, dans le cas où 1l se produit, d’affirmer que le trichocéphale est la cause de tout le mal. Quand bien même l’on décrirait, comme l'ont fait Girard et Weinberg, des trichocéphales ayant pénétré dans une muqueuse plus ou moins altérée ; quand bien même, comme l'a vu M. Guiart, des signes d’appendicite auraient cédé à la médication anthelminthique, il serait au moins prématuré de tirer de ces observations des conclusions absolues.
Un appendice où se trouvent des trichocéphales peut être le siège d'une inflammation tout comme un appendice normal ; et en tous cas s’il faut admettre que l’appendicite a pu, dans certaines observations, être rattachée à une origine vermineuse, 1l est permis de dire que ce fait est loin d'être constant. Il est certain, et ceci les défenseurs du rôle pathogène du trichocéphale l’admettront facilement, que nombreux sont les cas d’appendicite opérés, et rares sont ceux où l’on ait trouvé le trichocéphale : tous les chirurgiens seraient
! Metschnikoff, Bull, de l'Acad. de méd., t. XLV, 1901,
LR AS ets :- ut.
97 Rs d'accord sur ce point. Nous pouvons donc dire que le moment n'est peut-être pas encore venu où l’on pourra traiter par les anthelminthiques tous les malades atteints d’appendicite,
Cette courte digression à propos de l’appendicite étant terminée, abordons maintenant la fièvre typhoïde qui est le grand méfait que l’on voudrait attribuer au trichocéphale.
Nous avons dit en d’autres points de ce travail que, depuis longtemps déjà, l’on avait parlé de l'origine vermineuse de la fièvre typhoïde. Sans tenir compte des théories de Raspail qui ne connaissait pas les microbes, d’autres observateurs, en Allemagne surtout, s'étaient préoccupés du rôle pathogène du trichocéphale. Mais ce fut M. le professeur Guiart qui mit le problème à l’ordre du jour. Dès r9or, il émit l’hypothèse que ce parasite, en perforant la muqueuse, inoculait le bacille d'Eberth.
C'était d’ailleurs pour le trichocéphale que cet auteur avait dit deux ans auparavant à propos de l’ascaris lombricoïdet : « Si nous voulons bien considérer maintenant que l'helminthe vit au milieu de la masse intestinale, c’est-à-dire dans un milieu septique entre tous, nous comprenons que l’ulcération produite par la morsure du parasite pourra facilement s’enflammer et donner un abcès ou même donner naissance à des entérites variées sous l’action par exemple du bacille coli ou du bacille typhique. »
C'est à la Société de biologie, le 16 mars 1901, que
t Guiart, Soc. Biol., 1899, p. 1000.
Ps dE.
M. Guiart fit part de ses idées sur le rôle des parasites intestinaux et, en particulier, du trichocéphale. « Je me résume en disant que les helminthes et les bactéries de l'intestin sont inoffensifs par eux-mêmes, mais les helminthes sont capables de devenir les agents inoculateurs des bactéries au même titre que les moustiques vis-à-vis du paludisme ou mieux de la fièvre jaune. !»
En 1904, M. Guiart devient de plus en plus affirmatif et à l’Académie de médecine comme dans les Archives de médecine navale 1l pose nettement en fat le rôle pathogène du trichocéphale : Le ver intestinal ne doit pas être considéré seulement comme une cause accidentelle de fièvre typhoïde, mais comme le « facteur étiologique le plus important ? ». Ktenfin, tout récemment, dans le Traité de médecine de MM. Brouardel et Gilbert, le même auteur exprime son opinion dans les quelques lignes suivantes, qui résument d’ailleurs l’état de la question* : « Un individu dont l'intestin est libre de vers intestinaux peut boire impunément de l’eau contaminée. Mais que cette eau parvienne dans un intestin renfermant des trichocéphales, comme ceux-ci, pour puiser le sang dont ils se nourrissent, pénètrent profondément dans la muqueuse intestinale par leur extrémité antérieure effilée, ils inoculent du même coup les bactéries dans cette muqueuse et font éclater linfection. On comprend mieux,
! Trich. et Associations parasitaires (C. À. Soc. Biol.. 1901).
? Archives de méd. navale, 1904.
3 Les Parasites intestinaux, in Vouveau trailé de médecine et de thérapeutique de Brouardel et Gilbert, 1907.
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