‹ Le TrichocéphaleChapitre 15 sur 20 · TER · texte numérisé non relu

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dès lors, pourquoi dans une population buvant une même eau contaminée, il y a en réalité si peu d’individus frappés : ce sont ceux qui hébergent des vers intestinaux et plus particulièrement des trichocéphales. Il est bien évident qu’un ascaride, une larve de mouche, un parasite quelconque capable de léser l’intestin, pourront agir de même ; mais comme le trichocéphale est le ver intestinal le plus commun et en même temps celui qui lèse le plus profondément la muqueuse, 1l en résulte que c'est lui qu'il faudra presque toujours incriminer, »

Le trichocéphale n'est cependant pas l'agent de la fièvre typhoïde. « Qu'on ne nous fasse pas dire que la fièvre typhoïde a pour agent le trichocéphale; nous ne songeons pas à enlever au bacille d'Eberth sa spécificité.. » Cependant, au point de vue pratique, la conelusion qui s'impose est celle qu'exprime M. Guiart : « S1 dans la fièvre typhoïde l'agent étiologique initial n'est autre que le trichocéphale, c'est à lui qu'il faut raisonnablement s'attaquer. » La lutte contre le bacille d’Eberth sera donc logiquement remplacée par la lutte contre le trichocéphale; buvons de l’eau contaminée à condition que nous nous débarrassions de nos vers intestinaux.

Cette conséquence des théories vermineuses de la dothiénentérie est évidemment d’une grande importance ; elle ne tend, n1 plus ni moins, qu’à révolutionner l'hygiène de cette maladie. Quels sont donc les faits que les auteurs ont à leur disposition pour pouvoir la défendre et la poser en principe?

Les expériences sont de deux ordres et elles ont pour

DR. | but d'établir : 1° que le trichocéphale est fixé dans la muqueuse et y cause des lésions ; 2° que les matières fécales des typhiques renferment toujours ou tout au moins très souvent des œufs de trichocéphales.

S 1. — Premier ordre de faits.

Nous avons étudié dans un chapitre précédent la façon dont le trichocéphale était fixé à la muqueuse et le moment est venu de discuter si cette fixation suffit pour expliquer le rôle de « lancette inoculatrice » que l'on veut faire jouer au trichocéphale.

Mais avant d'en arriver là, il est une objection a priori qui, malgré les réfutations que l’on en a données, subsiste encore à notre avis. Cette objection fut d'ailleurs prévue par M. Guiart lui-même lorsqu'il écrit : « On ne manquera pas d’objecter que les lésions de la fièvre typhoïde siègent particulièrement au niveau de l'intestin grêle, alors que le trichocéphale est considéré comme un hôte habituel du cæcum. »

Il est évident qu'il semble tout au moins étrange à première vue qu’un parasite accusé de créer des lésions dans le cæcum produise une maladie qui ne se manifeste que par des lésions de l’intestin grêle. On a répondu à cela que dans certains cas des auteurs comme Weinberg, Davaine, Heller, Bellingham, avaient rencontré des trichocéphales dans l'intestin grêle, et que même parfois ces parasites auraient élé vus perforant la muqueuse au niveau de « l'orifice des glandes de Peyer et des follicules muqueux. » Mais ce sont là des

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