‹ Le TrichocéphaleChapitre 16 sur 20 · OR CS LD · texte numérisé non relu

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NT cas exceptionnels dont il est impossible de tirer une conclusion quelconque.

On a dit encore que l’intesun grêle était pour ainsi dire le berceau du trichocéphale, qu'il s'y développait avant de venir se fixer dans le cæcum. C'est, il faut l'avouer, une explication peu satisfaisante ; d’ailleurs pourquoi faire reposer toute la théorie sur la fixation de trichocéphale dans le cæcum si l'on ne fait qu’incrimuiner les lésions que l'on suppose avoir été produites antérieurement par le parasite à l’état embryonnaire.

Entin Raspail dans sa thèse explique cette contradiction au moyen des connexions lymphatiques du cæcum avec la portion initiale de l’iléon, mais la meilleure explication qu’on en ait donnée est encore ce que dit M. Guiart : « La contradiction n’est qu'apparente : les recherches de nombreux auteurs ont établi, en effet, que l’inoculation aux animaux de culture de bacilles typhiques, même en injection intra-veineuse ou intra-péritonéale, peut reproduire les lésions intestinales. À plus forte raison ne doit-on pas s'étonner d'observer ces lésions à la suite de l'inoculation du bacille dans la région du cæcum. »

Donc il reste à savoir si réellement le trichocéphale remplace dans l'infection éberthienne la lancette de l'infection expérimentale. Les auteurs qui défendent cette théorie assimilent absolument le trichocéphale aux moustiques qui par leur piqûre inoculent l’hématozoaire du paludisme ou le germe de la fièvre Jaune : « ce que les ec{oparasites sont capables de faire à la surface de notre peau, les endoparasiles sont capables de le faire dans notre intestin. On admet à l'heure

NS actuelle qu'une simple piqûre d’aiguille peut ouvrir la porte aux bactéries pyogènes, que la piqüre d’une puce peutnous inoculer la peste, celle du moustique la fièvre jaune, le paludisme ou la filariose. Comment admettre dès lors qu'un parasite vivant dans un milieu aussi septique que l'intestin, puisse produire des lésions de la muqueuse sans Jamais ouvrir la porte à l'infection ? »

Ainsi donc, voilà le trichocéphale mis sur le rang des moustiques ou de la mouche tsé-tsé. Or il est permis de faire tout d'abord remarquer que la piqûre d’un mouslique et la morsure encore peu connue d’un helminthe comportent d'assez notables différences. Que voyons-nous chez le moustique? Il y a chez lui tout ce qu'il faut pour faire une inoculation suivant les règles. Sa lancette est perfectionnée ; au moyen de sa trompe 1l produit une solution de continuité dans les iéguments qu'il sectionne rapidement, la blessure qui résulte de sa piqüre réunit toutes les conditions désirables pour l'inoculation. Quant au virus nous le connaissons également : ce sont les embryons de filaire pour la filariose, les sporozoïtes pour le paludisme, etc. Chez le trichocéphale nous avons 1l est vrai une armature buccale qui lui permet de pénétrer dans la tunique intestinale, mais cette pénétration ne peut être que lente, les tissus ont le temps de créer, en quelque sorte, des adhérences protectrices, représentées par la légère infiltration celulaire que l’on constate au point de fixation.

D'ailleurs ce parasite, qui inoculerait le virus typhique, inoculerait également les autres microbes. Avant de donner la fièvre typhoïde 1l donnerait toutes

L'CPER

les suppurations que peuvent produire les bacilles variés qui sont à sa portée. On a en effet décrit une flore intestinale des trichocéphales ; c’est done par l’inoculation de ces bacilles contenus à l’intérieur de son tube digestif que, logiquement, devrait commencer le parasite.

Mais tout ceci ne constitue qu'une hypothèse ; il est certain, par ailleurs, que le trichocéphale est en général fixé dans la muqueuse ; mais ses blessures sont le plus souvent, et en particulier dans les deux cas que nous avons observés, tout à fait superficielles. D'autre part il se fait autour de l'endroit que mordille progressivement le parasite une transformation de l’épithélium, en somme un processus évidemment réactionnel, qui constituerait plutôt une barrière qu’une porte d'entrée aux microbes. Nous croyons, jusqu'ici, que les lésions siminimes que produit le trichocéphale ne suffisent pas pour expliquer le rôle important qu'on prétend lui faire jouer dans la fièvre typhoïde. Le trichocéphale n’a donc pu être pris en flagrant délit et l’anatornie pathologique laisse encore le problème en suspens.

$ II. — Deuxième ordre de faits.

La fréquence de la trichocéphalose chez les typhiques est-elle une preuve plus probante? L'on sait que l'ardent défenseur des théories vermineuses, M. le professeur Guiart, s'appuie surtout pour les soutenir sur ses expériences faites chez les typhiques de l'hôpital de la marine de Brest, Elles sont d’ailleurs connues de tous.

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Et:

à) STATISTIQUES. — M. Guiart examina à Brest les matières fécales de douze typhiques, dix d’entre eux donnèrent un résultat positif en ce sens que l’on trouva dans leurs matières des œufs de trichocéphales, Chez deux autres l’on ne trouva rien, mais l'un d’eux étant venu à succomber, présenta à l’autopsie un cæcum portant six trichocéphales.

D'autres expériences montrèrent encore la facilité avec laquelle on trouvait des œufs de trichocéphales dans les excréments des typhiques. Les statistiques sont nombreuses, nous nous contenterons d’énumérer les plus importantes. C’est par exemple celle de Spezia‘ qui sur 19 examens de matières fécales de typhiques trouva des œufs 17 fois. Il y a encore celle de MM. Vivaldi et Tonello? qui firent une série de recherches analogues. Ils examinèrent les matières de 50 typhiques, de 50 malades atteints d’affections autres que la dothiénentérie et 15 personnes saines. Le résultat fut que les typhiques donnèrent 80 pour 100 d'œufs de trichocéphales, les autres malades 44 pour 100, les personnes saines 32 pour 100. Nous citerons encore la statistique que donna dans son travail le D' Guglielmi. Sur 29 autopsies, où fut cherché le trichocéphale, il fut obtenu 15 fois un résultat positif : sur ces 15 cas, il ÿ avait 7 dothiénentéries, les 8 autres étaient représentées par des affections diverses. Enfin 1l existe sur ce sujet une publication de Doctorov* que nous analyse -

1 Médical Record, 16 sept 1905.

? Gazetlt. delli Osped., 29 octobre 1905.

8 Doctorov, Présence des œufs des parasites intestinaux dans les

matières fécales des typhiques/Arch. de parasitologie,t. X, 1905.

PINS rons en détail parce qu’elle nous paraît on ne peut plus instructive.

C'est à propos d'une épidémie de fièvre typhoïde ayant éclaté à Doubnitza, petite ville de la frontière turque, que cet auteur fit ses recherches. Son examen ne porta que sur un petit nombre de cas : il trouva sur cinq cas observés, cinq fois du trichocéphale. Mais l'intérêt de sa communication n’est pas dans ce fait : nous voudrions insister surtout sur les conditions hygiéniques dans lesquelles se trouvaient les malades dont il s’agit. l

Voici d’ailleurs ce que dit l’auteur : « Cette eau (l'eau qui alimente la ville) provient de la rivière Bistritza qui a sa source au Rilo, traverse le village de Bistritza dont toutes les ordures sont charriées par la rivière même, et une partie du cours de cette rivière sert de route ; elle est exposée sur tout son parcours à toutes sortes d’infections, telles qu’ordures déposées à dix mètres de son bord, matières fécales, cadavres de toutes sortes d'animaux, etc.; sans aucune filtration cetle eau est amenée au moyen de tuyaux en grès à Doubnitza pour l'alimentation de cette ville.

« Pour que le tableau de la qualité de cette eau soit plus complet, j'ajouterai qu’elle renferme neuf mille germes par centimètre cube et que par le procédé de Cambier, j'ai pu isoler un bacille qui agglutine sous l'influence du sérum sanguin provenant des malades de Doubnitza ayant fourni la réaction de Vidal. »

Nous reviendrons tout à l'heure sur ce fait, nous ne faisons que le signaler en passant.

b) STATISTIQUE PERSONNELLE. — Nous-même avons

ee fait des examens de matières fécales de typhiques. Nous avons donné dans le tableau ci-dessous le résultat

de nos recherches.

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