SCENE II
Les Mêmes, RIDGER, ADELPHINE.
RiDGEB. C'est ici, mademoiselle, laissezinoi parler... Messieurs, c’est moi, Claude- Thomas Ridger, curé de la paroisse de Steckel... je viens pour m’informer d’un jeune homme...
FRÉDÉRIC, bas à ses amis. Qu’est-ce qu’il dit?
casRLis, las. Cela ne te regarde pas, curieux... (i/ou/ el avec émotion.) Pauvre Frédéric !
ADELFHiRR. FrédéHc, c’est lui, monsieur Ridger.
BiDOXR. Du calme, mon enfant. {Haut, avec ûu<o/ire.) Messieurs, j’ai l'houoeurde vous dire....
FERDI5SND , imitant la douleur de Charles.
C’en est fait, nous le perdrons.
SDECPaiiiE, à part. Que disent-ils?... ■ {Haut et courant vers Frédéric.') 11 en mourrait!. ..et c’est pour moi!...,
FRÉDÉRIC, voulant se lever. Dieu! sa voix!... Adelphine !
CHSRLES ET FERDISSRD. AdcIpIlinC !
RIDGER, cherchant à retenir jtdelphine.
Arrêtez donc, mademoiselle, vous m'aviez promis de la raison, du courage ; faites attention que je suis dans mon tort de vous avoir conduite ici, à votre prière et à l’insu de mon vieil ami, le major... épargnez ma conscience.
CHARLES, à Frédéric, qui veut toujours se lever. Et toi , reste tranquille... tu ne t’es jamais si bien trouvé que depuis que tu te trouves mal.
ADELPHIHE. Pardon , monsieur le curé , mais dans un pareil moment... Jlloiiaieur
Frédéric, revenez i vous..- c'éet moi, Âdelphloc, qae vous avez sauvée et qui vient vous témoigner toute sa reeonnaissaocc.
FRÉDÉBlc, tas à Charles. Si je pouvais lui parler seul.
cuaRLEs. Je comprends... (fins à Ferdinand.') Tjche d'cloigiter le curé.
KiDoa,,à/tdelfihlne. Il ne répond pas...
attendez , je vais lui demander nioi-méme...
rzBDiiiAKD. Ciel ! il tombe en faiblesse!., où est le flacon d'éther?
CBABLES. Monsieur le curé en a peut-être un sur lui ..
RiDdZR. Hélas! non... je ne me sers jamais que de l'eau de mélisse des carmes et de baume divin. ''
PERDiKAND. Ah! mon Dieu!., quel embarras!... Si vous vouliez an moins m'aider à chercher...
niocER. Volontiers... mais je ne sais où vous niellez...
ff-Bdimakd, hti prenant le bras. Tenez, venez avec moi... dans celte chambre...
Il l’eniratnr un noment dans U chambre à droite.
PEBnéeic , rouvrant 1rs yeuT. Il n’est plus U !... (^Se levant prérip!lumntent.)(}at\ bonheur!... Adelphine, je puis s nus voir, vous parler à mon aise.... me voilà sAr d'être aimé !... Ah ! je sois mille fois plus heureni que je ne l'espérais!
ADtLpiims. Quoi 1 vous n'éles pas malade!... je ne dois pas trembler pour vos jours ?
CBABLES. Pas plus oue pour les vôtres...
mais dépéchez-vnus, les mninens sont précieux. .. Ai. le curé va trouver le flacon d’éther.
AozLpHiBZ. Eh bien ! apprenez donc vile que depuis qnelqae tems mon oncle veut me tbrcerd en épouser on autre.
CHARLES BT FRÉDéBIC. Uo HUlre !
ADEiPRi.vi. Oui ; mais j'ai voulu vous voir pour vous ra.ssurer et vous prévenir du serment que j’ai fait de n'aimer que vous cl de résister jusqu'à la fin à la volonté du major.
FRÉDÉRIC. Il se pourrait!,.. Ah! c’est à genoux que je dois recevoir un pareil ser-
dinand au fauteuil. Ce c’est que de nous! c’est singulier, l’effet que l'éva-
nouissement produit sur ce jeune homme.ia ça pàlil ordinairement... tandis qu’il a un teint animé.
CHARLES. C’est que Frédéric ne se trouve pas mal comme tout le monde.
RiDCBR. Il y paraît. [Prenant la main de Frédéric.) Eh bien ! ça va-t-il mieux , h présent?
PRSuÉBic. üh oui! bien mieux, grâce aux bons soins de mes amis.
ADXLPuiHX, à pari, allant déposer avec précaution un petit port^euilte sur la table. Exécutons mou projet... Pauvres jeunes gens, que ne puia-jc leur offrir davantage!
CHARLES, à part, en la suivant des yeux.
Que fait-elle donc?
Il se dirige vert 1a tabla.
utoceit, frappant dans la main de Frédéric. Allons, jeune homme, il faut vous tenir bien chaudement, et désormais, vous garer des voitures... Dans quelque tems je viendrai vous revoir.... tout seul.... ça vous fera plaisir, n’est-ce pas?
CHARLES , à part, en prenant le portifeuille et regardant ce qu 'il contient. » Pour les trois amis ! » Trois billets de cent florins chacun... Si j’osais!... ô mon rêve de cette nuit!... Courons sms qu’ils s’aperçoivent de mon absence.
Il sort. Pendant ce tems, Adelphine et Frédéric SX sont parlé bas, tandis que Ferdinand entretient Rtdgcr.