‹ Le triomphe de l'église au quatrième siècleChapitre 7 sur 10 · Mansi, Conc, III, p · texte numérisé non relu

Mansi, Conc, III, p

7. Voir la lettre de l'évêque Corneille de Rome. Eusèbe, Hist. E., VI, 43. Il y avait, dit-il, au milieu duiii* siècle : 1 évêque, 44prêtres, 7 diacres, 7 sous-diacres, 42 acolythes, 50 exorcistes, lecteurs et portiers et quinze cents veuves, pauvres ou malades. Ces chiffres sont exagérés, sûrement, pour les prêtres, puisque, au

V* siècle (Mansi, Cône., Y, 1159), on comptait sous Sixte III (433) 49 prêtres. 11 fnut tenir compte de la population misérable de Rome qui formait jusqu'à Tépoque de S. Jérôme la principale partie des chrétiens. Les Vies des saints en ont gardé le souvenir : l'histoire de S. Laurent et la passion de S'* Cécile. Dans ce inonde , les familles sont fort nombreuses. Nous avons demandé quelques renseignements à des fabriques, à des consistoires, pour savoir le nombre approximatif que cela pouvait donner, mais nous n'avons recueilli que des chiffres très incertains. Aussi avons-nous augmenté ces chiffres pour la durée de cinquante ans tX avons-nous partéà trente-cinq mille, le nombre des chrétiens qui devaient se trouver à Rome avant l'édit de Milan. Nous craignons cependant d'avoir exagéré leur nombre de lu sorte. Les inscriptions datées à Rome sont au nombre de trente-deux. De Eossi, Inscriptiones christianx urbis Romx. Nous n'avons aucune inscription certaine avant le m* siècle.

Gela suppose un assez grand nombre d'inscriptions non datées appartenant à i-ette époque. Il nous reste à voir maintenant combien d'h^itants Rome pouvait posséder au iv" siècle. Rien de bien sûr. Cf. Pœlmann, die Ubertfœlkerung derantiàen grossstsedte in Zusammenhange mit der gesammtenwickelung stxdtischer civilisation dargestellt, chap. I, d'un très grand intérêt. Cet ouvrage a été couronne par l'Académie de Munich. D'autres avant lui ont proposé une évaluation. Gibbon avait porté la population de Rome à 1,200,000. Marquardt a combattu sa méthode {Rœmische staatsverwaltung, Y, B, p. 121). Il mentionne ensuite le calcul de Friedlsender qui consent à 1,610,000. Yoir la nomenclature, p. 120. Bunsen, Hoeck l'évalue à 2,000,000. Friedlsender {Mœurs romaines du règne d* Auguste à la fin dea^Antonins f traduction française, Paris, Reinvirald, 1865, I, 34), ne veut pas accepter ce chiffre, bien qu'il puisse convenir pour l'époque de Trajan ; mais il pense qu'au iv* siècle la population a été d'un million à un million et demi d'habitants. On peut donc se convaincre que trente-cinq miUe chrétiens ne sont presque rien & côté de ce nombre immense de païens. Le modeste effectif des chrétiens, à Rome, explique le caractère tout païen de la ville pendant encore tout un siècle.

8. Cf. notre étude sur VIconographie chrétienne. Déjà au i\* siècle les pèlerinages de S. Pierre et de S. Paul étaient fort célèbres. On s'y rendait en foule. Prudence nous a donné quelques lieux de pèlerinage encore très visités : S. Laurent, S. Hippolyte. Pour la Gaule, les pèlerinages ne commencent qu'au v* siècle et augmentent à mesure qu'on s'avance. Un petit travail sur les pèlerinages et leur influence serait très utile. On y venait de bien loin. Les nouvelles circulaient ainsi. Pour le iv* siècle, cf. notre ouvrage sur le CuUe des Saints, ch. YIII : La renommée du saint.

9. On ne peut fixer le nombre des chrétiens qui étaient alors en Occident ; qui oserait établir une proportion entre les chrétiens de Tours, de Toulouse et les païens de ces villes ? Toutes les données sont fausses! Yoir les indications de Cbastel , Histoire de la destruction du paganisme , p. 76. On peut dire cependant qu'en Italie , en France et en Allemagne , le nombre des chrétiens ne devait pas dépasser cent mille. Cette valeur numérique très faible explique la Yie Morale du moyen-âge.

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