‹ Le Triomphe de Marie dans son Immaculée Conception [microforme]Chapitre 5 sur 39 · KT · texte numérisé non relu

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mis de professer sur ce point un sentiment contraire à celui 4 de presque tous les fidèles chrétiens. La controverse qui

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de l'Immaculée Conception , elle n'a fait que l'accroître, en

4 mettant dans un plus grand jour la vérité de la doctrine sur

* laquelle il s'appuie, et en amenant la Chaire apostolique à manifester ses sentiments d'une manière plus éclatante. Avec cette prudence surhumaine qui caractérise ses résolutions , le Saint-Siége usa de grands ménagements envers les opposants , par égard pour leur piété et pour le motif de leur opposition ; mais en même temps il leur fit sentir com- ‘ bien il les désapprouvait , en accordant des priviléges chaque ‘jour plus étendus et plus signalés aux défenseurs de la pieuse ‘croyance et au culte qu'elle inspire. Puis , lorsque la controverse , devenant plus vive , pouvait être pour les fidèles une cause de scandale , les souverains Pontifes imposèrent * Ja loi d'un silence absolu à quiconque voudrait encore com- : battre la croyance commune. Tous ces actes firent mieux comprendre quel était le sentiment de l'Eglise et attestèrent d'une manière chaque jour plus claire qu'elle admet, réellement en faveur de la Mère de Dieu une exception à la oi de la transmission du péché d'Adam. Aussi vit-on les ‘oppositions s’affaiblir et diminuer peu à.peu, pour cesser bientôt tout à fait. C'est ainsi que la pieuse croyance à cette exception glorieuse a triomphé de la manière la plus ‘éclatante (1).

(1) Bossuet s'exprime ainsi sur cette glorieuse exception : « Et combien y a-t:il de lois générales dont Marie a été dispensée? N'est-ce pas une necessité commune à toutes les femmes d’enfanter en tristesse et dans le péril de leur vie ? Marie en a été exemplée. N'a=t-il pas été prononcé de tous les hommes généralement , «qu'ils offensent tous en beaucoup de choses ? » {re multis offendimus nomnes (Jac, , 111. 2.). YŸ a-t-il aucun juste qui puisse éviter ces péchés de fragi. lité que nous appelons véniels ? Et bien que cette proposition soit si générale et si véritable, l'admirable saint Augustin ne craint point d'en excepter la Mtrès-innocente Marie (de MVatur. et Grat, ,n. 42 , tom. x, col. 144 , 145.), Certes si nous reconnaissions dans sa vie qu’elle eùt été assujettie aux ordres communs, “nous pourrions croire peut-être qu'elle aurait élé conçue en iniquité, tout « ainsi que le reste des homunes. Que si nous y remarquons au contraire une “ispense presque générale de toutes les lois; si nous y voyons selon lo foi orthodoxe, un enfantement sans douleur, une chair sans fragilité, des sens sans rébellion, une vie sans tâche, une mort sans peine; si son époux n’est

‘que son gardien, son mariage le voile sacré qui couvre et protége sa virginité,

son Fils bien-aimé une fleur que son intégrité a poussée; si lorsqu'elle le conçut, la nature étonnée et confuse crut que toutes ses lois allaient être à jamais

$ 2. L'Eglise, dans notre temps , professe explicitement la doctrine de l'Immaculée Conception." |

Les grandes faveurs accordées par le Saint-Siége à cette doctrine indiquaient déjà suffisamment qu'il la professait luimême ; car on ne vénère religieusement que ce qui est saint. Or, l'Eglise vénérait la conception de la Vierge par la fête qu'elle célébrait sous ce titre. Le moment n'était pas venu cependant pour elle de s'expliquer d'une manière plus explicite ; mais les fidèles sollicitant , dans ces derniers

# abolies; si le Saint-Esprit tint sa place, et les délices de la virginité celle qui est ordinairement occupée par la convoitise : qui pourra croire qu'il n’y ait rien eu de surnaturel dans la conception de cette Princesse, el que ce soit le seul endroit de sa vie qui ne soit point marqué de quelque insigne miracle ?

Vous me direz peut=étre que cette innocence si pure, c’est la prérogative du Fils de Dieu; que de la communiquer à sa sainte Mère, c’est dter au Sauveur l'avantage qui est dù à sa qualité. C’est le dernier effort des docteurs dont nous réfutons aujourd’hui les objections. Mais à Dieu ne plaise, 6 mon Maitre, qu'une si téméraire pensée puisse jamais entrer dans mon âme. Perissent tous mes raisonnements, que tous mes discours soient honteusement effacés, s'ils diminuent quelque chose de votre grandeur! Vous êtes innocent par nature, Marie ne l’est que par grâce: vous l’êtes par excellence, elle ne l’est qne pur privilège ; vous l'êtes comme rédempteur, elle l’est coinine la première de celles que votre sang précieux a purifiées. O vous, qui désirez qu'en cette rencontre la préférence demeure à Notre-Seigneur, vous voilà satisfaits, ce me semble. Quoi ! si nous n’étions tous criminels par notre naissance , ne sauriez-vous que dire, pour donner l'avantage au Sauveur ? Si vons croyez avoir fait beaucoup de l'avoir nis au-dessus d’une infinité de conpables, ne trouvez pas mauvais si je tâche du moins de trouver une créature innocente à laquelle je le préfère, afin de faire .voir que ce n’est pas notre crime seul qui lui donne la préférence,

ILest certes tout à fait nécessaire qu'il surpasse sa sainte Mère d’une distance infinie. Mais aussi ne jugez-vous pas raisonnable que sa Mère ait quelque avantage par-dessus le commun de ses serviteurs? Que répondrez-vous à une demande qui paraît si juste ? Je ne me contente pas de ce que vous me dites, qu'elle a été sanctifiée devant sa naissance. Car encore que je vous avoue qre c’est une belle prérogative, je vous prie de vous souvenir que c'est le privilège de saint Jean-Baptiste, et peut-etre de quelque autre prophète, Or ce que je vous demande aujourd'hui, c'est que vous donniez, si vous le pouvez , quel— que chose de singulier à Marie, sans toucher aux droits de Jésus, Pour moi j'y satisferai aisément, établissant trois degrés que chacun pourra retenir. Je dis que le Sauveur était infiniment an—dessus de cette commune corruption. Pour Marie , elle y était soumise ; mais elle en a été préservée : entendez ce mot, s'il vous plaît, Et à l'égard des autres Saints, je dis qu'ils l'avaient effective ment contractée, mais qu’ils en ont été délivrés. Ainsi nous conservons la prérogative # la Mère, sans faire tort à l'excellence du Fils ; ainsi nous voyons une juste et équitable disposition qui semble bien convenable à la Providence divine; ainsi le Sauveur Jésus, qui, selon la doctrine des théologiens, était veau en ce monde principalement pour purger les hommes de ce péché d'ori— giur, qui était le grand œuvre du diable, en remporte une glorieuse victoire ; il le doumpte , il le met en fuite partout où il se peut retrancher. »

(Note des Editeurs ).

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Misouverains Pontifes , après avoir accordé cette grâce à telle et telle congrégation religieuse , à tel ou tel diocèse, à tel - royaume et à tel autre, finirent par l'accorder à Rome même

et à tous ceux qui la demandèrent. Cette concession a une elle importance , qu’elle ne laisse pas de place au plus léger doute sur le point de savoir si l'Eglise catholique professe la “doctrine de l'Immaculée Conception de la Mère de Dieu. \ Nous devons faire observer ici que l'addition du mot Immaculée , n'est qu'une manière plus explicite de professer ‘Ja pieuse doctrine; car, en honorant la Conception de Marie, on honore, comme il a été dit plus haut et comme l'avait déjà expressément déclaré le pape Alexandre VIT , le privige en vertu duquel l'âme de la sainte Vierge fut préservée de la tache du péché originel au moment même où elle fut Créée et unie au corps, ce qui revient à dire qu'on honore la Conception Immaculée.

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