‹ Le trombinoscope (volume 2)Chapitre 104 sur 173 · Aulurd, UUtoire politique t p. 238, iiotcl · texte numérisé non relu

Aulurd, UUtoire politique t p. 238, iiotcl

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Laclos e8t-ii le véritable vainqueur de Valmy ? — Dans Tenlourage de Servan. — La délivrance nationale et la défense de Paris. — Le maréchal Luckner. — * Laclos à ChAlons. — Ses plans en cas de défaite. — La position de Suippe. — Les volontaires parisiens. — Le commissaire et le maréchal. — Laclos organisateur de l'armée de seconde ligne. — Laclos travaille à la jonction. — Surprise générale après Valmy. — Mérites et déconvenue de Laclos.

Laclos est-il le véritable vainqueur de Valmy? Voilfi siins doute un litre de gloire qu'on ne songeait pas à revendiquer pour Tauteur des Liaisons dan^ gereuses. 11 lui fut découvert par quelques admirateurs étonnés et ravis, après la publication dans l'Intermédiaire des Chercheurs et Curieux des lettres qu'il écrivit de Ghi\lons pendiint le mois de septembre 1792. M. Chuquet discutai cette o|>inion dans la Revue critique. Quelle belle occasion de réconcilier en la personne de Laclos l'analyse et l'action ! Le plus subtil des vivisecteurs de l'amour serait donc aussi le vainqueur de Brunswick et de

1. Les sources de ce chapitre sont presque entièrement contenues dans les archives du Ministère de la guerre (campagne de rArgonne 1702). Les lettres de Laclos ont été publiées en 1885 dans V Intermédiaire des Chercheurs et Curieux^ pur M. Henri Céard.

l'arnK^e prussienne, l'émule de Kellermann et de Dumouriez. On pensera qu'il n'est pas sans intérêt d'éelaircir un aussi piquant problème.

« Vous ne devez pas ignorer », dira plus tard à Philippe-Egalité le président du Tribunal Révolutionnaire, (( que Servan n'était qu'un ministre de » nom et que c'était Laclos, votre affidé, qui diri- » gcait le Ministère ' ». C'est en effet aux ciMés do Servan que Lu^los s'insUilla, dès que celui-ci cul été rappelé au Ministère de la Guerre. Jusqu'aux premiers jours de septembre, il ne cessa de travailler avec acharnement h ses ccUés, et dans son bui*eau même. « Vous le connaissez, lui écrira Servan, pire » qu'une place publique ». « L'opinion de Servan, » écrit dédaigneusement Dumouriez, « était fortifiée \mr » celle d'un colonel d'artillerie nommé Luclos, au- » leur d'un aiïreux roman intitulé le Danger des « Liaisous^^. »

Servan s'était entouré de quelques officiers de l'armée royale, comme lui ardents et expérimentés, connue lui haïssant l'Ancien Régime et l'étranger, et mettant les anciennes traditions militaires au service de la Révolution, (l'étaient Meusnier, membre de l'Académie des Sciences, le futur défensiîur de Mayence, (jrimoard, maréchal de camp, l'ancien chef d'état-major de Houille, écrivain militaire renommé, auquel on avait offert, avant Dumouriez, le commandement de l'armée du Nord, Mathieu Dumas, ancien aide de camp de Rochambeau puis de I^i Fayette, plus tard intemhmt général sous l'Kmpire, i^acuée surtout, le futur comte de (lessiu*, si estimé

1. II IIP, Procè» de LouU AT/, de Marie-.inioinetie, tU Jl"^ i?//ëabeth ei de Philippe d'Orléan».

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