‹ Le trombinoscope (volume 2)Chapitre 129 sur 173 · A. N. V riCm · texte numérisé non relu

A. N. V riCm

)> la question est hcniicoup moins de droit que de » fait, que c'est le personnel de Tagent qu'il faut » principalement consulter, en toute circonstance. » 11 prie en conséquence le Ministre de s'expliquer » sur le degré de confiance qu'il accorde, soit au » civisme, soit h Tidonéité {sic) du citoyen Choder- » los. » Le Ministre n'eut pas à répondre. Au lieu d'aller à Smyrne, Choderlos fût arrtMé et incarcéré au Luxembourg. Sii section déclara que c'était « un » homme très éclairé, froid et parlant peu », mais qu'il ne s'était pas servi de tous ses moyens pour combattre les ennemis de la République et qu'il se ménageait tous les partis, « tandis (|ue des sans- » culottes, qui ne savaient ni A, ni H, soutenaient » av(T. énergie les vrais principes. » (iho^ierlos si! mit, dans Sii prison, à rédigerde longues suppliques au (Inmité de Si'ireté générale ',

Pendant plus de trois mois, I^aclos ne put faire passer aux siens aucune nouvelle de lui. Le 9 avril 1794, il parvint enfin ii rompre le silence au prix de quels eilbrts, on le devine. Un commissionnaire vint remettre à M'"* de I^u'los un [tetit billet insignifiant d'apparence. Il avait charge, eu uiùiuc temps, de lui porter les derniers adieux de son uiari. L'autour des Liaisons dangereuses s'apprêtait à monter à la guillotine. Le romancier, qui naguère déployait un art si parfait à exprimer des si^ntinients feints et dissimulés, avait dû exercer sa plumCi non plus pour donner un air de vérité aux mensonges de la séduction, mais pour assourdir prudemment le cri déchirant de la nu)rt. Ici, l'artifice devient tragique et la moindre nuance fait frissonner.

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