Ibid
Le l('ndcin<iin de la mort, Gouvion Saint-Cyr fit inhumer le corps dans la petite île Saint-Paul, devant la rade de Tarente, au milieu du fort qu'on y construisait, qui prit sur son ordre le nom de fort L'iclos. Bertliier, cédant sans doute aux vieilles rancunes des bureaux JilAma cet hommage militaire rendu h Tinventeur des boulets creux. D'après la tradition locale, les obsèques eurent lieu au milieu d'un grand concours de peuple. Un monument, dû au ciseau d'un artiste local, fut élevé sur la tombe par les soins du chef de bataillon d'Anglemont. Pariset envoya une épitaphe latine :
/fie Laclos, ingcnio çLril qui clarus et armùs^ A s/wnsuy sociis flendiis et hosle jacet, Pictor acer sfitiiy sfirtutnm cnitor amœnus, ScriptoVy homoy patrive censor honosque fuit.
On dit encore à Tarente que les cendres du général Laclos furent dispersées au vent en 1815; lors du retour des Bourbons, on réduisit en miettes le monument élevé à cet ancien jacobin.
C'est d'un soldat seulement que sa famille voulut garder la mémoire. Bonaparte écrivit des«imain sur la hîltre du général, que Lespagnol lui transmit: « L(» Ministre de la guerre me fera un rapport » sur la pension qui revient à M'"" Liiclos. » La loi du 8 lloréal an XI n'acconhiit de pensions qu'aux veuves de miliUures tués à l'ennemi ou morts de leurs blessures. Le Premier Consul passa outre et fit attribuer 1.000 francs de pension h, M"" de Laclos. II fit entrer Etienne à l'Ecole militaire et Cliarhîs au Prylanée de Li Flèche. Les dernières et obscures campagnes du général Laclos ne suffisent
pas il expliquer ees faveurs particulières du maître. Bonaparte se rappelait du temps où « il employa » s<m Uilent à écrire. » En mars i8i5, M"** deLaclos demandait au Ministre, comme une grftce spéciale, de faire passer dans rartilleric son flls Charles, (|ue son rang de sortie de Saint-Cyr plaçait dans l*infanterie. « Son père, écrivait-elle, lui ayant » laissé dans cette arme un nom encore aimé |Kir » ses anciens camarades, je désirerais vivement que » son fils put jouir de cet unique et noble iiérikige. » Elle rappelait la mort h Tennemi de son fils aine et se recommandait de son frère, le contre-amiral baron Duperré. Soulange avait épousé le lieutenantc(donei Duret de Tavel*.
Les journaux annoncèrent la mort du général Laclos, (^n raïqielant qu'il était Tauteur des Liaisons dangereuses. Le docteur Pariset écrivit, le 13 septembre, dans le Moniteur, une notice kiograpbicpie, où il fit connaître la noblesse de cœur et toutes les vertus privées du défunt. Deux ans après, Pieyre, sous fonne de lettre a un journal, lui rendit le même lionunage intinu^, protesta contre les accusations dont le romancier et Thonnue politique avaient été tant de fois couverts et déclara vouloir poser la pr(^mière pierre du monument qui l'attendait. M'"" de Laclos le remercia par cette lettre.
u Paris, le 2.') vendémiaire an XII.
» Monsieur, \ous nra\ez réveillée d'une léthargie » profonde. Tout nu)n être moral repos«>it dans le » cercueil d'un époux adoré, lorsque votre nom » [plusieurs fois a frappé mon oreille. Il m'a scmbjé )> que vous veniez me solliciter de vous admettre h