LeUro
plus porter que sur le régime ». Cette dame a lu Jean-Jacques ; c'est le philosophe du livre. « Eh ! » qui sommes-nous, s'écrie-t-elle, pour nous juger » les uns les autres? laissons le droit de juger à » celui-là seul qui lit dans les cœurs, et j'ose même » croire qu'à ses yeux paternels, une foule de vertus » peut racheter une faiblesse ». Ailleurs, elle appelle le duel un « reste de barbarie ». M"* de Merteuil, qui est véritablement le démon de l'esprit, la pénètre en grand moraliste :
« L'autre classe beaucoup plus rare, mais vérita- » blenient précieu^^c, est celle des femmes qui, » ayant eu un caractère et n'ayant pas négligé de » nourrir leur raison, savent se créer une existence, » quand colle de la nature leur manque , et » prennent le parti de mettre à leur esprit les part rures qu'elles employaient avant pour leur figure. » Celles-ci ont pour l'ordinaire le jugement très » sain, et Tesprit à la fois solide, gai et gracieux. » Elles remplacent les charmes séduisants par l'at- » trichante bonté, et encore par l'enjouement dont » le charme augmente en proportion de l'âge : c'est » ainsi qu'elles parviennent en quelque sorte à se » rapprocher de la jeunesse, en s'en faisant aimer. » Mais alors, loin d'être, comme vous dites, récites » ci scvcrcSj l'habitude de l'indulgence, leurs lon- » gués réflexions sur la faiblesse humaine, et sur- » tout les souvenirs de leur jeunesse, par lesquels » seuls elles tiennent encore à la vie, les placeraient » plutôt, peut-être trop près de la facilité * ».
Les nuances les plus délicates se rencontrent ainsi à côté des traits les plus audacieux dans ce roman d'analyse profonde, qui mérite de prendre