Talleyrond, op, cit
par Lamotte-Piquct, qui prit part au combat d*Oucssant. 11 s'y lit remarquer par son courage et son inexpérience. Deux ans après, il voulut suivre lu jeune noblesse sur les traces de La Fayette. Un billet fort sec de la reine Tarrêta dans son élan. Il s'abandonna dès lors à Textréme faiblesse d'un caractère, qu'on privait de toutes les occasions de s'exercer. Comment s'étonner que sa vie ait été livrée h l'agitation désordonnée des oisifs et aux dérèglements d*une imagination blasée? Eu 1769, il avait épousé la fille du duc de Penthièvre. « Elle était bonne, blanche, fraîche, » douce, pure et lui plut tant qu'elle fut pour lui » femme nouvelle. » Les mémoires du temps sont remplis de ses étranges fantaisies. 11 jouait, chassait, alhiit voir les expériences de Préval, évoquait le diable avec Cagliostro et le chevalier de Luxembourg, fabriquait de l'or, montait en ballon, descendait dans les mines, suivait en Angleterre les courses de Newmarket, faisait un voyage précipité en Italie; il construisit, pour augmenter son immense fortune, les arcades du Palais-Royal et livra son jardin au public; en 1772, il avait eu «la gloire d'être élu grand maître des francs -maçons^ ». Sa sœur, la Duchesse de Bourbon, fut grande maîtresse et tout le beau monde à leur suite se mit des loges. Le duc d*Orléans déclarait qu'il ne donnerait pas un écu de l'opinion publique. Quand on réunit la première Assemblée des notables, il affecta de déserter le bureau qu'il présidait et on le vit, pendant une S45ance, courir h; cerf jusque dans le fossé du faubourg Saiiut- Antoine. Aux éternels soupers de Monceaux et du Raincy, le Comte delaMarck trouvait les filles jolies, mais les propos insipides. Quand les Commissaires