‹ Le trombinoscope (volume 2)Chapitre 69 sur 173 · La Foycite, n,|p · texte numérisé non relu

La Foycite, n,|p

la nation, « qui étaient inséparables ». En exécutant ces ordres, ajoutait-il, « je vais m'elForcer d'obtenir la » continuation de la confiance dont Votre Majesté » m'honore et de conserver Tesliine de mes compa- » triotes. »

Montmorin lui remit ses instructions ; elles sont datées du 13. C'éUiit un chef-d*œuvre des bureaux. Il fallait flatter le duc, tout en le découvrant, et le faire admettre à Londres, sans alnnner les puissances; d'où ce mémoire, qui se précisait dans ses parties et s'annulait dans son ensemble ; pompeux et déférent dans la forme, on n'y rencontrait qu'ii-onies et insinuations; il débuUiit majestueusement par un alFront et, pour finir, tendait négligemment un appiU qu'il entourait aussitôt d'impossibilités.

« Les troubles qui agitent depuis queUpie temps » le royaume, disait ce mémoire, fixent nécessai- » rement l'attention de toutes les puissances, et l'on » ne saurait se dissinmler que la plupart d'entre » elles les voient avec une secrète joie... Parmi les » puissances qui viennent d'être indiquées, il faut » distinguer la Grande-Bretagne; on sait combien la » force et les ressources de la France rofl'us^pient: » on sait que le désir de rafl'aiblir est le premier » mobile de sa politique; on doit conclure de là^ » que la Cour de Londres envisage avec la plus » grande satisfaction nos embarras intérieui*s et » qu'elle fait des vœux pour qu'ils soient pi'olongés, » et pour qu'en fin de cause ils ébranlent la masse » de puissance qui rend la France le premier empii'e » de l'univers.

« Il résulte de ces vérités que nous ne saurions » surveiller la Cour de Londres avec trop de vigilance, » et que nous ne devons rien omettre pour démêler » ses véritables intentions. Telle est la commission

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» importante que le roi con6e au zèle, aux lumières » et au patriotisme de son cousin le duc d*Orléans. »

Bref on renvoyait le duc aux Anglais, comme un traître à ses complices. Toutefois on le remerciait de sa grande bonne volonté, en lui laissant respectueusement rinitialive de ce départ peu héroïque. « Sa Mawjesté a reçu avec sensibilité l'offre que ce prince » lui a faite de s'en charger; elle regarde cette offre » comme une nouvelle preuve de l'attachement qu'il » a pour sa personne, comme de son dévouement /) pour les intérêts de TEtat; et elle se persuade d'au- » tant plus qu'il la remplira avec succès, qu'il a formé » des liaisons intiUTSsantes non seulement avec plu- » sieurs personnes (|ui sont dans le ministère, mais » encore avec les principauxmembresde l'opposition.»

Le mémoire passait ensuite à un autre objet, les Pays-Bas autrichiens, où les défenseurs des anciennes franchises, et le parti démocratique venaient de se coaliser pour soulever le peuple contre Joseph II. Ils avaient, au mois d'octobre, rassemblé une petite armée insurrectionnelle et faisaient appel aux puissances voisines, Prusse, Angleterre et Hollande, ainsi qu'à la France. « Le but de la Cour de Londres » doit être ou de réunir les Pays-Bas à la confédé- » ration des Provinces-Unies, ou d'en former une » république indépendante, ou enfin de les sou- » mettre h un prince étranger à la maison d'Autriche. » Si h»s provinces belges doivent changer de domina- » tion, le roi aimera de préférence qu'elles aient un )> souverain particulier ; mais la difficulté sera dans » le choix. M. le duc d'Orléans concevra de lui- » même, que le Roi doit désirer d'y influer, et qu'il » importe h Sa Majesté que le prince sur qui il tom- » bera lui soit agréable. M. le duc d'Orléans sen- » tira sûrement d'autiint plus combien cette matière

» est délicate et combien elle exig(*ni de dext(h*ité » (le sa part, (|ue, d'un coté, les vues (jiie la Cour de » Londres |K)iirra manifester, détermineront ou » Topposition du roi ou son assentiment et, de l'autre, » (|u*il est possible que le résultat tourne à Tavantage » personnel de M. le duc d'Orléans K »

Voilà ridée dont se flattait Tintréniosité de ]j\ Fayette et de Montmorin ! Si le duc d'Orléans aimait les révolutions, qu'il s'occupAt de celle de Bruxelles et, puisqu'il baissait, « l'Autricbienne », on lui proposait la dépouille de l'Autricbe. Cet espoir s'empara de Tesprit du Prince et sans doutt* détermina son départ.

Je crois, dit M'"^ Elliot, « qu'il consentit à cette idée » et même la désira vivement». Montmorin sebAUiit d\ailleui*s de se prémunir contre tout essai de prendre au sérieux cette suggestion. Fx» roi se rés(îrvait de faire connaître ses intentions, quand il aurait acquis des éclaircissements sur celles de la Cour de Ijondres. Il ne fallait pour le moment que sonder les dispositions des ministres anglais. D'ailleurs il y avait deux bases essentielles à la négociation ; le consentement de l'empereur notre allié et un dédommagement pour son sacrifice. C'était aux Anglais h faire les premières ouvertures. Enfin le duc éL'iit engagé à concerter toutes ses déinarcbes avec l'ambassadeur de France à Londres.

Pour Taider dans cette tâcbe difficultueuse, il fut entendu qu'il emmrnerait avec lui Liclos et Clarke. I^iclos, dont son maître ne jiouvait plus se passer, était naturellement le pei*sonnage d'importance*. On

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