‹ Le trombinoscope (volume 2)Chapitre 70 sur 173 · Arcliivei» des AfTaires Etrangère · texte numérisé non relu

Arcliivei» des AfTaires Etrangère

2. Voici le portrail que Rivorol troçoit, quelque» iuoi« après, do Lncio* duiu le Peiii dicUonHaire Je» grand: hommeê de ta névoU-

LA FUITE A LONDUES 100

ne sail quelle fui son attitude après le 6 octobre. 11 est assez probable qu'il jugea prudent pour luimême de s'éloigner quelque temps. C'était lui qui soufflait au duc ces projets de quadruple alliance dont, au dire de Mirabeau, celui-ci s'efforçait par avance de couvrir sa fuite.

Le départ eut li^u le 14, à cinq heures du matin. Quelques heures après, Mirabeau s'acheminait vers l'Assemblée, prêt à prendre la parole. En entrant dans la salle, il reçut un message du duc de Biron, qui le mettait au courant de la résolution finale de son ami. Les passe-ports avaient été accordés sans débats; la nouvelle était connue d'avance. Le Président Fréteau s'était borné h lire la lettre du Prince avec un billet de Montmorin. 11 renonça donc à la parole, mais sa colère et son mépris éclatèrent en paroles imprudentes et brutales. Passant froidement; la lettre de Biron h ses voisins. « Tenez lisez, dit-il, » il est lâche comme un laquais, c'est un j... f...qui » ne mérite pas la peine qu'on s'est donné pour « lui M ; et il ajouta, en termes tout crus, qu'en scélératesse ce n'était qu'un eunuque et qu'il avait le désir, sans la puissance.

Les députés ignoraient que le duc était depuis longtemps sur la rouie de Boulogne-sur-Mer. 11 y arriva le 16, de fort bon matin, et descendit avec sa suite, au Lion d'or. Comme il attendait l'heure de

lion. Poris 17U0. — « Lacloê, le confident, le conseiller, l'ami peut- » £trc du Duc d'Orléans. C'est lui qui débrouille tes sentiments, qui n cnfontc tous ses projets, qui dissipe toutes ses crointcs ; en un mot, p c'est lui qui en n foit un moment l'idole et Tespoir du peuple. A n quel degré de gloire il aurait élevé ce grand prince, s'il eût pu le yt persuader snns rcfTrnycr ! Mois on opprcnd h jouer toutes les » grnndi*.^ quiililc», excepté 1c rouriige, cl 1o tnnllicurcux Liiclns n'n i> pu munie donner le sien à Ht>n élève. Il rcslcdonc inutilement altoyt elle h sa forluncelil répond seulement à In nation do ses on m Anes. )»

Ici inaroc pour s'oinl)ar(|iicr, uno oinotion que les l'oyalislos allrilMiorenl à dos iiiaïKiMivros tie Laclos, se i*o|mii(lil dans la vill(^ Son déparl parut an |mmi|iIo une vengeance de la (lonr el sa mission une véritable lettre de cachet. Tonte la France avait les yeux sur rAsseinblée Nationale, dépositaire de la souverainette nouvelle ; on pensa qu'elle avait été trompée et que cet exil avait lieu à son insu. Une foule considérable se réunit sur le port pour empêcher rembarquement et le duc d'Orléans Tut arrêté, connue Louis XVI lui-même devait Télre à Varennes. II envoya Clarke et Laclos à la municipalité avec ses passe-ports, qui furent trouvés en règle. « A Tins- » tant même, dit le procès-verbal des autorités, » trois matelotes, déléguées par les femmes de la Reu- *» rière vinrent nous témoigner, en présence des deux » envoyés de Son Altesse, que le peuple n'en souffri- » rait point le départ, le regardant comme le père du » peuple et dans la crainte d'être privé d'un protec- » teur puissant.» On décida enfin que Clarke se rendrait h Paris, porteur de lettres pour le Roi et le Président de l'Assemblée Nationale; il serait accompagné de deux ofliciers municipaux, désignés par le peuple comme députés, et (|ui s'a.ssureraient des intentions de l'Assemblée *. Les députés de Roulogne arrivèrent le 19 au matin à Paris ; la Commune et l'Assemblée certifièrent immédiatement les passe-ports.

L'opinion publique, comme l'avaientprévuLsi Fayette et Monlmorin, se soulevait contre le prince fugitif, hier encore si populaire. Il n'avait annoncé son départ que par une insignifiante circulaire. M***^ de Uenlis rédigea une courte note pour les journaux. Les admirateurs patentés du Palais-Royal étaient dans la

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