‹ Le trombinoscope (volume 2)Chapitre 79 sur 173 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Le duc d'Orléans prisonnier de Laclos. — La Révolution d'Angleterre. — Laclientclc de l'orléanisme. — Laclos, directeur du Journal des Jacobins. — Sa lutte avec le Cercle Social. — Le plébiscite par pétitions individuelles. — Révolutionnaire du n juste milieu ». — Senliinent militaire.

— Une allusion aux Liaisons dangereuses. — Laclos an Comité de Correspondance. — Soulèvement de l'opinion contre lui. — Le voyage de Mesdames. — La sortie de Saint-Cloud. — Réponse aux pamphlétaires. — Le duc de Chartres aux Jacobins. — Le soupirant de M"* de Genlis.

— Discours sur l'Éducation du Dauphin et buv l Adop^ tion.

Lassé des vaines intrigues où il s'épuisait depuis neuf mois, Laclos jette enfin son nias<|ue et se lance ouvertennent et à corps perdu dans la politique. Il n'avait plus rien a attendre que de la révolution. Dans l'ordre actuel, sa carrière militaire était brisée. Depuis plusieurs années, ses chefs le proposaient

1. Pour lei séiincctt de la Société des Jocobini, on s'est servi dtt recueil si précieux de M. Aulard. La Société des Jacobimê^ 6 vol. Paris 18S9. A partir du 1*' juin 1791, ont s'est re|>orté pour les dis cours de Laclos uu Journal des Débats de la Société des Amis de im Constitution. Quant aux articles et notes de Laclos contenus dans le Journal de la Société des Amis de la Constitution on n'a fait usage que de ceux qu'il était impossible do ne pas lui attribuer, on de ceux qu'il a signés.

LACLOS AUX JAGODINS S50

inutilement pour le grade de chef de brigade. Le 7 décembre 1790, il demande au Ministre de la guerre de lui accorder sa retraite, ou, du moins, de lui prolonger le congé dont il jouit depuis le !•'' octobre 1788, jusqu'à l'époque où sa pension de retraite pourra être liquidée *.

Philippe d'Orléans était moins que jamais le complice, mais bien plutôt le prisonnier de ce terrible homme. Tour à tour dégoûté, séduit, contraint, il était toujours entouré du mépris universel et en butte à l'exécration de la Cour. Dans sa séance du 6 août, le conseiller Boucher d'Argis déposa sur le bureau de l'Assembh^e la volumineuse instruction relative aux événements des 5 et G octobre. H déclara qu'il allait « déchirer le voile » et révéler « des » secrets pleins d'horreur ». Son rapi)ort concluait à l'arrestation de deux députés, Mirabeau et le duc d'Orléans. Chabroud fut nommé rapporteur et, le 2 octobre, l'Assemblée décida à une grande majorité qu'il n'y avait pas lieu à accusation contre ses deux membres 2. Ainsi avorta la grande machination préparée i)ar la Cour contre le prince qu'elle croyait naïvement la cause de tous ses malheurs. Celui-ci, mal lavé par le « blanchissage » de Chabroud, se contenta de faire publier par ses avocats Ilom, Rozier et Bonhomme de Comevras un Mémoire à consulter, en réponse au Chi\lelet. Le seul usage qu'il fit des derniers restes de sa popularité fut de tirer du Comité des finances de l'Assemblée la promesse de lui payer quatre millions, représentant

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