‹ Le trombinoscope (volume 2)Chapitre 95 sur 173 · Journal de la liévoluiion, n · texte numérisé non relu

Journal de la liévoluiion, n

Tenlréc du peuple, dans la saJle; on remil lai'édaction au lendemain. Dans la nuit, un conciliabule se tint chez Danton, avec Camille Desinoulins, Brune, et la Poype, et Ton s'y occupa des mesures à prendra « pour signer au Champ de Mars une pétition légale « qui pût être envoyée aux 83 départements^, »

Ce ne fuldonc pas dans la nuit, comme Miclielet Ta répété d'après une hypothèse de M'""* Roland, mais le 17 au matin, (|ue la pétition fut rédigée. Ilrissut fut prévenu à 7 heures et accourut aux Jacobins.

Les quatre commissaires étaient déjà là qui l'attendaient. « Brissot, » dit Beugnot, qui le connut plus tard en prison, « était un vieil enfant, toujours » prêt à être dupe et tout à fait incapable d'en faire » d'autres, (ùe député avait beaucoup d'esprit et bcau- » coup d'imprévoyance, connaissait à fond riiisloire » et fort |)eu les hommes;... il ne voyait pas plus » loin que le bout de son nez. » De ses quatre collègues, trois se taisent et Danton, lui-même, dont ce n'est pas l'humeur habituelle, Danton s'abstient; cVst Ijaclos, que Brissot connaissait à peine, qui prend la parole. « L'honune noir » s'avance, et prie poliment le nouvel arrivant de rédiger la pétition. Mais laissons la parole à Brissot. u Je lui fis obseï*- » ver, que ce soin appartient à lui seul, qui on a » fait la proposition, qui connaît l'esprit dans le(|uel » elle avait été faite; Laclos me répond qu'il a mal » dormi et qu'il ne sait ni parler ni écrire quand » il n'a pas reposé ; il me vante ma facilité d'écrire, » me presse ; je cède, car je ne sais [ms plus résister » aux prières que me défier de leurs motifs, et il ne » me vient pas même dans la tête (|ue ce soit ici un

1. (SazeUe de» nouveaux tribunaux^ n* îi'i, p. 120 (Intcrnigoloire du Bruno).

» nouveau chapitre des Liaisons dangereuses. La » pétition est faite en moins d'une demi-heure ; je » la lis à mes collègues ; ils l'approuvent. Laclos » m'invite à la lire moi-même aux Jacobins, qui » s'assemblent h 11 heures; je refuse, mes affaires » m'appelaient chez moi; il s'en charge...* »

A onze heures, la salle des Jacobins, « toutes » portes ouvertes » se trouva remplie « des mêmes » citoyens » qui la garnissaient la veille, venus pour entendre la pétition. Il parait probable que Laclos ne s'y trouvait pas et que ce ne fut pas lui qui fit la lecture. Brissot avait rédigé à dessein un manifesli; vag;uc, d'où pouvait sortir la Répiibli(|ue ; il se terminait ainsi :

« Les Français soussignés... demandent formellc- » ment et spécialement que l'Assemblée nationale » ait à recevoir, au nom de la nation, l'abdication » faite, le 21 juin, par Louis XVI, de la couronne, » qui lui avait été déléguée, et à pourvoir à son » remplacement;

» Déclarant les soussignés, qu'ils ne reconnaîtront » jamais Louis XVI pour leur roi, à moins que la » majorité de la nalion n'émette un vœu contraire à » celui de la présente pétition. »

Au moment de la lecture, cette dernière phrase se trouva contenir cinq mots de plus, cinq mots insignifiants, très convenables, de nature h décider les hésitants. Après : pourvoir à son remplace" nienf, une main inconnue avait ajouté : par tous les moyens constitutionnels. Cette légère addition portait avec elle dans la pétition toute la fortune de Torléanisme. Elle impliquait la proclamation du Dauphin et la régence du duc d'Orléans.

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