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En 1877, M. de Girardin fut élu député par le IX° « repaire » dirigeant de Paris.
Il fut élu président de la commission chargée de reviser les lois sur la presse.
Disons à ce propos qu'une des toquades séniles de M. de
Girardin fut de réclamer sans cesse l'impunité de la presse
en se basant sur « son Impuissance. »
Pendant les dernières années de sa vie, c'était devenu une vraie scie.
Fe argument favori était le suivant :
« La preuve que la presse est impuissante, c'est que « depuis qu’elle existe elle demande à être libre et qu’elle « n’a jamais pu l'obtenir. »
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Cet accès de gâtisme dura jusqu’à sa mort.
Et M. de Girardin ne trouva même pas une minute de lucidité pour se dire que ce qui prouve précisément la puissance de la presse, c’est ce qu’elle a obtenu n'étant 1Dpas libre.
Zuze un peu, comme dirait le Ac las. si elle eût été !
Rien au monde n'étant plus puissant que l’échange des idées, et la presse étant le véhicule le plus complet qui puisse être employé à cet échange, c'était une immense sottise de la part de M. de Girardin que de nier la puissance de la presse.
De sa part surtout ; car lui qui avec un simple morceau de papier avait souvent remué profondément l’opinion et décalé bien des gouvernements, devait savoir mieux que personne que rien ne résiste à ce levier formidable qui a la raison humaine pour point d’appui.
Mais, dans un jour de divagations, M. de Girardin avait avancé que la presse était « impuissante » et, comme tous les vieillards qui deviennent têtus en s’affaiblissant, pour rien au monde il n’eût consenti à retirer cette bêtise.
D'ailleurs, le côté saillant du caractère de M. de Girardin, surtout vers 1 fin de sa carrière, fut une vanité incommensurable.
Il s’était érigé en directeur de l'opinion A PR Le et sur les questions même les plus subalternes, il affichait la prétention de rendre des oracles.
Témoin ce jour —lors de l'exposition universelle de 1878 — où il décida à lui tout seul que les Parisiens devaient enlever de la façade de leurs maisons les drapeaux. qu'ils y avaient placés le j jour de l’inauguration, puis qu'ils devaient les remettre. puis qu’ils devaient les retirer.
Tous les matins /a France ressemblait à un ordre du jour de colonel : | |
— Enlevez drapeaux !.. mettez lanternes!... Remettez drapeaux !.. Ôtez lanternes ! Æ
C'était d’un ridicule féroce.
Les dernières campagnes de M. de Girardin ne furent. plus qu’une suite de rabâchages navrants.
Un mois de plus!... etil allait peut-être enfin arriver à la démontrer «l’impuissance de la presse. »
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Au physique, M. de Girardin n’était pas beau ; il aurait eu très peu de chose à faire, s’il l’eût voulu, pour ressembler à Emile Ollivier. — Au moral aussi.
Pendant longtemps, il porta une mèche de cheveux qui, en s’allongeant, lui arrivait entre les deux yeux : ça le faisait loucher. Plus tard, il n’avait plus de mèche parce qu'il n'avait plus de cheveux : ; mais il louchait toujours.
On ne sait pas au juste s'il perdit ses cheveux à la Bourse; s’il en est ainsi, C’était certainement une perruque ; car, à la Bourse, il ne perdait jamais que ce qui était aux autres.
Il était faible de complexion depuis soixante-dix ans; pendant sa Jeunesse, il avait voulu se faire soldat et fut refusé à cause de cela; les chirurgiens-majors sont bien amusants.
Il avait le teint bilieux particulier aux gens qui PR laient à renverser tous les gouvernements dans l'espoir d'attraper un ministère et ne l’attrapent jamais.
Il passait pour un excellent camarade signant tous les bons articles de ses collaborateurs et ne souffrant pas de réputations à côté de la sienne.
Mirecourt raconte à ce propos que Weiïll, ayant publié dans la Presse une série qui avait fait une grande sensation, M. de Girardin en arrêta la publication par jalousie ; nous demandons pardon à nos lecteurs de Îa trivialité de la comparaison ; mais nous trouvons que le dicton populaire: Tais donc ta gueule qu'on entende la mienne !... peint si bien la situation, que nous n’avons pu résister ‘au désir de le rappeler ici.
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Du reste, M. de Girardin, dans sa vie privée, était un homme charmant: les journalistes recevaient de lui d’excellents conseils ; il leur donnait plus particulièrement celui-ci: « — Dites toujours : l’ordre dans la liberté! La « hberté avec l’ordre... Pas de liberté, pas d'ordre... « Sans ordre, pas de liberté... Vous terminerez par : Con- « Jiance !.. Confiance! et avec ça, les gouvernements « peuvent changer vingt-six fois par mois, vous êtes tou-
« Jours du dernier. »
Décembre 1881.
= NES IS F NO TISED'OUTRE:-TOMBE Dates à remplir PAR LES COLLECTIONNEURS DU TROMBINOSCOPE
Après sa mort, M. de Girardin est change en chien ; on lui attache un portefeuille de ministre au bout de la queue et pendant quatre millions de siècles il doit courir après en tournant sur lui-même sans Jamais l’attraper. — Il passe ensuite dans un autre cercle du purgatoire entre une double haie d'actionnaires des Mines de Saint-
: Berain qui, pendant treize cent mille ans, lui réclament le rembour-
sement au pair de leurs titres. — Enfin, après avoir subi ces différents supplices, 1l vient prendre sa place au séjour des élus entre Henri Rochefort et la baronne de Kaulla, aux pieds de qui il renie solennellement sa théorie de « Pimpuissance dela presse. » Il prononce même à ce propos les paroles suivantes qui font tout oublier : Mon cher Flenri, je me trompais.. ce que presse veut Dieu le veut! Et vous, chère baronne, je me mets à vos pieds, ce que femme veut vieux le veut !.., — Mais il ne le peut pas toujours, ajoute fièrement la baronne en clignant de l’œil. Etils se mettent tous trois à contempler le Seigneur.
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CHARLES dit le PÈRE
de son vrai nom:
Charles res Il y renonçade bonne grâce, afin de le laisser libre pour le cas où un abonné de la Garette de France en aurait besoin.
Ibréstné. ten 1827, à Gite pour consoler plus tard cette pauvre petite ville du chagrin d’avoir eu M.Du- panloup comme | évêque.
Il suivit bientôt son père à Pau et, tout jeune, s’y fit remarquer par des vers extraordinaires.]l paraît que jamais on n’en n'avait vu d'aussi longs.
NID ORS RE EP PRE En AS PAR NARS NS Lee PNA INT 2e vs ue me à A AN fe ANA ES TS SN PPS PS SP PDP DS SP PTS Ve SDS LL ERP PS PT AS RES
On dit qu’à cette époque 1l présenta une comédie au Gymnase et qu’elle fut QUE ce qui le décida à se faire «prêtre.
TIleñtra à Saint- Sulpice à dix-huit ans et fut ordonné à vingt-deux, juste l'âge où il ne devrait guère être permis de renoncer pour toujours aux joies du monde qué LE n’a pas encore eu le temps de connaître.
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Il ut tour à tour professeur de philosophie au grand séminaire d'Avignon et de théologie à celui de Nantes.
Quinze ans après, ses élèves devaient en rire comme des bossus. |
Dix ans plus tard, il se convainquit que sa vocation. l’appelait à la chaire, pas celle qui est faible; il se prépara au couvént des carmes de Lyon et y prêcha plusieurs retraites avec un succès qui devait plus tard faire renifler de dépit et de jalousie le général Ducrot-Lazare luimême. À
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Après, il prêcha l'Avent à Bordeaux, et en 1864, 113 carême à Périgueux. Il sut persuader aux habitants de cette ville que ce qui pouvait être le plus agréable à Dieu était les crampes d'estomac des hommes, et surtout que ce qui pouvait faire le plus de plaisir au pape était d’avoir une occasion de vendre très cher des dispenses de jeûne aux gens à qui leur santé ne permettait pas de rester quarante jours sans manger.
Il ‘vint ensuite à Paie prêcha à la Mibélette et à Notre-Dame, où il attira tant de monde, que le directeur du Vaudeville lui fit faire de supérbes propositions qu'il repoussa.
Dans l’Avent de 1866, le P. Hyacinthe S attaque viOlemment à la thèse de la morale indépendante et combattit les doctrines soutenues par le journal qui portait ce nom.
Cette polémique eut un très grand retentissement et procura au Journal en question une augmentation assez sensible d'abonnés. De l’avis de tout le monde, M. Veuillot aurait donné dix ans de la sienne pour que pareille
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chance arrivât à l'Univers: comme on le verra tout à l'heure, son tour vint.
En 1867, le P. Hyacinthe prêcha sur ce sujet : « La morale dans la famille ». Il paraît que, dès cette époque, le P. Hyacinthe commenca à s’écarter sensiblement des
saintes traditions de l’orthodoxie et à ne pas paraître bien
persuadé qu’une femme ayant un fils de trente-deux ans püt postuler pour être couronnée rosière, car les rédacteur du Monde et de la Gazette de France commencèrent à
le regarder de travers.
L'Univers surtout se montra be. et, dans un accès de colère sainte, 1] dénonça le P. Hyacinthe à la cour de Rome avec une légèreté de cœur qui n’a eu depuis pour pendant que Paris-Journal, indiquant du doigt, à Versailles, les communeux qui avaient pu être oubliés dans les coins.
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Sur à plainte portée par M. Veuillot contre le .P. Hyacinthe, celui-ci fut appelé par le pape, auprès duquel il se rendit pour essayer de se justifier. Il y parvint, dit-on, mais n’en revint pas moins à Paris bien décidé à soutenir que son Opinion intime sur l’infaillibilité de Pie IX était que ce dernier pouvait avoir des vents comme le premier porteur d’eau venu.
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Une nouvelle occasion de se faire eng....ager par Eouis Veuillot, à plus de modération, ne tarda pas à se présenter.
En juin 1869, à une séance de la Ligue internationale de la paix, M. Hyacinthe prononça un discours remarquable dans lequel il eut l’audace de prétendre qu'un juif ou un protestant valait autant qu’un catholique.
Ces paroles furent vivement applaudies par l'auditoire.
Beaucoup de gens ne voyaient aucun inconvénient à admettre qu’un israélite qui ne fait rien le samedi fût aussi respectable qu’un catholique qui se repose le dimanche; mais la presse ultramontaine ne l’entendit pas ainsi, et le Vésuve, dans ses plus beaux jours, ne donne qu’une faible idée du feu et des flammes que jetèrent les feuilles pontificales à l’occasion de ce sacrilège.
Elles crièrent comme un bonapartiste qui a perdu son plébiscite, qu’il était scandaleux de laisser un homme soutenir que toutes les religions étaient bonnes, pourvu qu'elles fussent pratiquées de bonne foi, et que l’on ne devait pas tolérer d’autres croyances que celle qut n’est pas au coin du quai. |
Les aboiements devinrent si formidables que, pour la seconde fois, l’autorité ecclésiastique s’en émut.
Le P. Hyacinthe recut l’ordre exprès de changer de langage ou de se taire, ce qui équivalait à lui commander d'enseigner que ce qu’il voyait bleu était jaune ou de n’en rien dire du tout.
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Ce procédé, si semblable à celui de l’état de siège, que l’on ne sait vraiment pas lequel des deux a servi de patron à l’autre, acheva de mettre le feu aux poudres.
Le P. Hyacinthe, sans plus s’'émouvoir de cette interdiction qu’un chien à qui l’on défendrait de se gratter où ça le démange, écrivit tout simplement au R. P. général des carmes déchaussés à Rome que son communiqué n'avait pas le sens commun, qu’il était bien fâché si ses opinions personnelles se trouvaient en désaccord avec celles de ses co-carmes, mais qu'il était dans la complète impossibilité de voir les choses avec les yeux des autres et de les juger avec l'esprit de ses voisins.