‹ Le trombinoscopeChapitre 190 sur 307 · EUGÉNIE · texte numérisé non relu

EUGÉNIE

E.-MaARIE DE MonTto

ex -impératrice des Français, 1 est née à Gre- | nade (Andalousie}.s16/5,.mai 1826. Elle a donc déjà dépassé cet âge redouté où les femmes deviennent respectables malgré

| NS clles, mais que les impératrices ont le privilège de dépasser sans l’atteindre.

La noblesse de M"° de Montijo n’a jamais été établie

d’une facon bien péremptoire; mais lorsque Napoléon III

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daigna la ramasser dans la foule pour l’élever jusque sur les élastiques du canapé impérial, les fabricants de vieux blasons se crurent obligés d'accomplir des prodiges pour lui fabriquer une généalogie à perte de vue, dont celle du pot-au-feu ne donnérait qu'une faible idée. |

Vapereau, qui certainement ést de bonne foi, donne pour ancêtres à la Montijo les Porto Carrero, les Guzman, les Fernandez, les La Cerda et autres noms illustres qu’il convient, à notre avis, de remplacer sans se gêner par ceux non moins célèbres des Farceira, des Cascadez et des Blaguinos, dont l’assemblage peint beaucoup mieux l’état de notre âme en extase.

4w an

Avant d’aller plus loin ét de descendre davantage, avec ses plus grosses bottes, dans cette étude biographique, l’auteur du Trombinoscope croit devoir répondre à cer- -taines objections qui lui sont faites : Comment? lui a-t-on dit, vous ne respectez pas même lès femmes !.…

Pardon! pardon! il importe de préciser. Jai ouï dire, et vous aussi sans doute, qu’une srande dame, une reine, s’il m’en souvient bien, répondit à ceux qui lui reprochaient de se mettre au bain devañt sés doméstiques : Un esclave n’est pas un homme !... Nous croyons être dans le cas de légitime défense et rien de plus, en considérant les impératrices comme des Auvergnats. J'ai dit.

M'° de Montijo passa une partie dé sa jeunesse à voyager sous le nom de comtesse de Téba et les jupons de sa mère. Nota : Madame sa mère quittait sés jupons la nuit. | |

En 1851 elle parut aux fêtes de l'Elysée, qui devaient si vite la conduire à celui du pouvoir (pour les lecteurs du Pays : AU FAITE pu pouvoir). Elle ne tarda pas à s’y faire remarquer par sa grâce et le talent qu’elle avait de s’habiller avec presque rien.

Un soir, Napoléon ITT valsa avec elle. Elle était en cor- . sage (typographes ! pas de coquilles 22

Elle était donc en corsage, mais si peu... si peu…. Napoléon III, comme toujours, portait une cotte de mailles; le petit dieu malin trouva une fissure, et le lendemain Eugénie de Montijo était demandée en mariage par l'Empereur.

Elle avait alors vingt-sept ans; en face d’une pareille proposition, les convenances exigeaient qu’elle rougît et baissât les yeux; elle y parvint en rappelant les souvenirs de sa plus tendre enfance. 1

L'Empereur devenant pressant, elle demanda à consulter sa mère, et la chronique assure qu’elle eut assez de pré- sence d’esprit pour refuser le denier à Dieu que l'Empereur lui demandait. ; |

De ce trait de génie dépendit, assure-t-on, son succès.

Son mariage fut célébré le 30 janvier 1853, à Notre- Dame; la messe fut dite au maître-autel, la chapelle de la Vierge étant en réparations. |

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Le conseil municipal vota une somme de 600,000 francs pour offrir une parure à la mariée; elle refusa et voulut que ce crédit fût employé en charités, pensant avec raison qu’elle se rattraperait plus tard. |

Elle s'installa brillamment aux Tuileries et à Saint- Cloud, commanda 871 robes, 3,255 chapeaux et le reste à l'avenant; se composa une cour de dames d'honneur et régla le cérémonial de sa maison sur un pied de 30 millions par an.

Enfin! la vertu avait trouvé sa récompense; Cora Pearl et Rigolboche en crevaient de dépit.

Elle passa la saison des eaux à Biarritz.

Après quelques excursions en Espagne, elle donna le jour à un fils (16 mars 1856), qui recut en naissant le titre

de prince impérial, ce qui ne lengageait à rien, ni nous

non plus, comme on le sait.

En 1855, l'Empereur présenta sa femme à la reine

d'Angleterre; les deux souveraines causèrent chiffons et ménage. |

L'Impératrice exhiba sa garde-robe et sa parfumerie: Victoria lui fit visiter sa cave; elles s’entendirent au mieux.

On remarqua qu’en reconduisant l’Impératrice à sa voi-

ture, la reine d'Angleterre était très émue; nous croyons

qu’elle l'était aussi avant l’entrevue.

Du reste, une personne, qui arrive de Londres, nous affirme que la reine Victoria n’est émue que dans deux cas : quand elle recoit l’Impératrice des Français et quand

elle ne la recoit pas; le reste de son temps est consacré aux

affaires publiques.

A trois reprises, en 1859, 1801 et 1865, pendant les absences de l'Empereur, l’Impératrice exerça les fonctions de régente, présidant le conseil des ministres. . . .

Que le lecteur nous pardonne la vive émotion que nous venons de dissimuler derrière ces trois lignes de points trempées de nos larmes.

Il est de ces souvenirs qui provoquent toujours un attendrissement irrésistible.

Ah !... c’est que ce fut un beau et touchant spectacle que celui de cette épouse dévouée, de cette mère de famille maquillée de frais, signant avec une sollicitude infinie ces décrets qui faisaient la joie et le bonheur d’un peuple entier, tout en feuilletant les albums de hautes nouveautés que lui avaient adressés le matin les Vrlles de France, les Trois-Quartiers et la Compagnie lyonnaise. ;

La chronique ajoute que souvent, à son retour, l'Empe-

reur fut épaité de certaines nominations dans l’ordre de

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