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« .… De la poche d’un officier d'état-major malin », ajoutera l’histoire.
Après nos désastres, le prince impérial grandit et se gomma dans l’exil entre quelques serviteurs dévoués, dont
les appointements couraient toujours, et une mère espa-
gnole qui lui apprenait à aimer la France comme le plus lucratif des bureaux de tabac monarchiques de l’Europe.
Plus tard, le prince impérial, pour la première fois, affirma ses prétentions au trône en remerciant les huit bonapartistes qui avaient frété un compartiment de fumeurs sur la ligne du Nord, pour aller lui présenter leurs compliments — et leur facture — à l’occasion du 15 août.
C’est ce premier acte d’un prétendant, que le travail de la dentition tourmentait encore et dont les pantalons neufs devenaient trop courts au bout de huit jours, qui nous a décidé à écrire cette biographie un peu maigre.
Parvenu à sa majorité, le 16 mars 1877, le prince demanda des comptes à sa mère; celle-ci lui avoua que de sa fortune paternelle il ne lui restait que trente-deux francs.
— À quoi donc, demanda-t-il, a passé tout l’argent qu'ont produit, pendant les vingt années de l’empire à papa, les exonérations des conscrits qu’on ne remplaçait pas, les boutons qui manquaient aux guêtres et les guêtres qui manquaient aux boutons ?
— À quoi? lui répondit l’impératrice. Est-ce que tu timagines que, depuis sept ans, j'ai entretenu 705$ journaux français avec mes vieux chignons ?
Eugène-Napoléon répondit à sa mère :
— Alors, si je n’ai plus le sou pour mener Mandarine
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au Derby, passe-moi une des redingotes à papa que j'aille faire une descente à Boulogne.
Mais le moment ne paraissait pas propice, M*° Maguerre conseilla d’attendre le carnaval prochain, et le coup fut ajourné.
De 1874 à 1870, le prince impérial ne manqua plus une occasion de se poser en prétendant. De loin, pendant Îles
périodes électorales, il expédiait ses candidats en Corse et.
même dans nos autres maquis internes, et tapait de temps
en temps amicalement sur le ventre de Bazaine comme on caresse un dogue duquel on espère avoir bientôt Besoin pour étrangler un passant cossu.
Comme son père l'avait faiten Italie, le; jeune Miro se fit recevoir franc-maçon.
Il y a donc dans cette société, jusque-là si respectable à nos yeux, une loge qui s'appelle: La finette des décarés du trône ?
Ce serait à le croire, sans en être plus gai pour cela.
Enfin, le 1° juin 1870, lé jeune Eouis tre, Impérial, fut tué dans le Zululand, où il avait été chercher pour le compte de l’Angleterre on ne sait quelle branche de laurier, pour la faire monter en couronne avec celle de Sarrebruck.
En tout cas, ce jeune insensé — mal élevé, ce qui n’était pas sa faute — mourut mieux que son père ; et il est permis, jusqu’à un certain point, de respecter sa mémoire.
Néanmoins, s’il eût vécu, nous eussions sans doute — les opportunistes aidant — assisté à une seconde édition de Strasbourg d’abord, ce qui eût été assez gai; du 2 décembre ensuite, ce qui l’eût été moins; et finalement de Sedan, ce qui ne l’eût plus été du tout.
Nous eussions vu aussi, c’est certain, Vélocipède IV, après avoir étranglé nuitamment la République, épouser
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une écuyère du cirque et élever Cora Pearl et M'° Schneider au rang de dames d'honneur de la cour.
Nous eussions vu également le fils de la mère MAGuERRE engager contre la Prusse, pour consolider son trône, une nouvelle guerre à la suite de laquelle les frontières allemandes eussent été reculées jusqu'à Saint-Ouen.
Et cela suffit amplement, nous le croyons, pour que nous ne versions sur le sort de ce jeune infortuné, prématurément enlevé à nos espérances de démembrement, que le nombre de larmes strictement réclamées par le trépas d’un chien hydrophobe qui eût pu mordre nos enfants.
Au physique, le prince impérial était un type parfait d’aspirant gommeux de huitième ordre; extérieurement, du moins, il ne paraissait pas devoir tenir beaucoup de son père; mais il avait cette expression fadasse, vaine et niaise de la mère.
Il représentait assez bien un de ces grands benèêts de famille que leur insignifiance condamne à vivre de leurs rentes, dans une petite ville de province, en piochant six heures par jour leur partie de troisième piston de la société philharmonique du cru, pendant que leur femme les fait cocus avec les officiers de la garnison.
Février 1882.
NOTICE D'OUTRE-TOMBE
Le jeune Vélocipède, n’ayant pas eu le temps de faire sur Ja t?-re tout le mal que celle-ci avait pu espérer de lui, est dispensé de tout supplice. — Après quelques semaines d’antichambre, il est admis d'emblée, en considération de son air niais, dans le séjour des élus où il prend place au milieu des cent mille fils de son âge que Mme MaGUERRE, sa rnère, a coûtés à la France en 1870.
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BUFFET Louis-JosePn
homme politique français, né à Mirecourt (Vosges), le 26 octobre 1818.
Il devint avocat vers 1840 dans sa ville natale. et entra bientôt dans la politique par la porte toujours très facile de l'opposition, en combattant le mi- | nistère Guizot.
Lorsque survint la révolution de 1848, il se trouva tout porté aux affaires en qualité de républicain de la veille. Ledru-Rollin, lui-même, s'y trompa et le nomma sous-commissaire du gouvernement à Mirecourt.
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Son républicanisme ardent, que les électeurs des Vosges : ne pensèrent pas à gratter très profondément pour s 'assurer de ce qu'il y avait dessous, le porta à la Constituante où il s'empressa d’aller siéger à droite, et de voter avec un mâle courage la suppression des clubs, le rétablissement du cautionnement des journaux, le maintien de la peine de mort, l'expédition de Rome et autres lois à l’aide desquels + les Républiques se fondent très aisément.
Nommé ministre de l’agriculture et du commerce par Louis Bonaparte et réélu à la Législative, il s’efforça de. gratter l’ardoise de son passé politique et d’en faire disparaître tout ce qui pouvait rappeler ses antécédents républicains. |
Le 2 juin 1840, M. Buffet quitta le ministère et rentra dans la majorité où il travailla à la fameuse loi du 31 mai 1550. ;
M. Buffet fut encore ministre du 10 avril au 14 octobre 1851, mais il donna sa démission à cette époque.
Après le coup d'Etat de décembre, M. Buffet ne fut point inquiété.
Il resta éloigné de la politique jusqu’en 1863, époque à laquelle il se représenta dans les Vosges comme candidat libéral. Il fut élu. |
En cette circonstance, ce département fit preuve d’une mémoire bien courte. Il ne se souvint pas que quinze années auparavant le même candidat, rayonnant du même libéralisme, lui avait récité L même profession de foi avec le même apiomb; ce qui ne lavait Le empêché, six MOIS après, de démolir le droit de réunioh, de se décrotter les bottes sur la liberté de la presse F de charcuter le suffrage universel. |
De 1863 à 1860, M. Buffet, à qui quinze annéès de recueillement avaient refait une virginité, changea d'emploi et aborda les grands premiers rôles de revendicateur de nos libertés; et lorsqu'en 1870, Vélocipède père ({couvrezvous !), abruti par la Bellanger, impotent, énervé, bavant dans sa soupe, jeta sur le bras d'Emile Ollivier la vieiile
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