‹ Le Trou de Conjugaison vertébral et l'Espace epiduralChapitre 17 sur 61 · PATES · texte numérisé non relu

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ce qui nous occupe est de porter en avant le trou de conjugaison qui devrait occuper la concavité de la scoliose, et en arrière, le trou opposé. Si bien qu'au niveau de la scoliose il existe des trous de conjugaison antérieurs, et des trous de conjugaisons postérieurs, de calibre normal, et dont la chaîne se relie par une ligne spirale à celle des étages adjacents.

C'est cette torsion vertébrale qui entraîne les remarquables déformations costales qui aboutissent en fin de compte à former la bosse dans ce type de gibbosité. Mais, tandis que les côtes postérieures, cause de la gibbosité, et insérées sur la convexité scoliotique sont anormalement écartées, les côtes antérieures, celles de la concavité, se trouvent rapprochées les unes des autres, d’une manière si étroite, qu’en certains Cas, elles se soudent en une lame presque continue où cheminent des canaux entièrement osseux, pour le paquet vasculo-nerveux intercostal.

En pareil cas, s’il y a compression nerveuse, elle se produit bien en dehors du trou de conjugaison en un point où le nerf rachidien s’est déjà divisé, et il ne saurait être question de compression funiculaire (pièces 528 B et 528 D).

Lorsque, par contre, on trouve les trous de conjugaison altérés c’est que, le plus souvent, la torsion des corps vertébraux ne s’est pas produite ; pour se loger dans la courbure, ils ont dû s'aplatir du côté correspondant à la concavité, les pédicules du même côté se sont rapprochés, les apophyses articulaires se sont tassées, el un, deux, ou plusieurs trous de conjugaison sesont trouvés diminués de volume.

Ce n'est donc pas l'intensité de la scoliose mais l'insuffisance de la torsion qui règie ces modifications, et nous avons pu, sur une pièce(523 B) où la scoliose dorsale inférieure était à peine marquée, observer, dans la concavité

des trous d'une dimension très inférieure à la normale.

D'une manière générale, il y a surtout diminution régulière des calibres, parfois même conservation de la silhouette du trou de conjugaison, sans étranglement. Le rebord osseux qui limite le trou déformé est parfaitement net, c'est-à-dire qu'il n’a pas été recouvert par un périoste, ou des ligaments en réaction, enflammés, producteurs de fibrose ou d'ostéophytes. Ce qui nous permet de conclure que, dans la règle, la scoliose touche peu le trou de conjugaison, et, dans les rares cas, où elle le déforme, ce doit être sans aucun retentissement clinique. --

Ces conclusions valables pour la scoliose essentielle le sont bien plus pour les scolioses acquises à la suite de déformations costales, et surtout par adhérence pleurales; sur cinq pièces de ce genre observées, nous n'avons jamais observé le moindre retentissement vers le trou de conjugaison.

Elle concorde parfaitement avec ce que nous savons des manifestations cliniques de la scoliose, qui ne donnent jamais lieu au syndrome funiculaire caractéristique de l'atteinte des trous de conjugaison. :

Il nous sera donc inutile d'aborder l'étude clinique des scolioses.

Cyphoses dites essentielles

Autant les déformations latérales sont fréquentes parmi les affections intrinsèques des corps vertébraux, autant la déformation cyphotique est rare. Dans ce cas la courbure est habituellement à grand axe et régulière.

Nous n'avons pu examiner que quatre pièces appartenant à des cyphoses pures, c’est-à-dire où iln'y avait aucune altération destructive, pas d’ossification péri-vertébrale,

mais uniquement une transformation cunéiforme des corps vertébraux, avec aplatissement similaire des disques.

Parmi ces pièces, l’une a été recueillie par Laënnee, trois autres par Bouvier, 1861.

À priori, pour de simples raisons anatomiques, il est facile de prévoir que les trous de conjugaison ne peuvent être diminués de calibre, puisque l'inflexion tend plutôt à les ouvrir qu’à les fermer, et que la diminution de hauteur des faces antérieures des corps ne fait qu'accentuer ce mouvement; mais il est facile de se rendre compte, sur les pièces, que cette bascule est compensée par l’aplatissement, du ménisque,si bien que, soumis à deux influences opposées, le trou de conjugaison garde son calibre et son aspect sensiblement normal. La très légère scoliose concomitante observée sur ces pièces, ne modifie pas ces conclusions.

A quel type clinique appartiennent ces pièces ?

Nous ne saurions le dire exactement, d'autant plus que les indications pathologiques qu’elles portent, sont des plus vagues.

Certaines d’entre elles, dans lesquelles on observe l'aplatissement des ménisques et l'ossification des ligaments jaunes, ne sont sans doute que des pièces incomplètes de spondylose rhizomélique, où prédominent les lésions de ménisco-ligamentite décrites par Léri (17).

D'autres se rapprochent étrangement de la scoliose dite des adolescents, et comportent avant tout une altération plastique du tissu osseux vertébral. Nous avons noté l'absence de toute trace de réaction inflammatoire des tissus péri-osseux, ajoutons que l’ankylose des corps ne sy observe que d'une manière tout à fait accessoire, et qu'elle est intrinsèque, par disparition du ménisque intervertébral, s'opposant nettement à la soudure extrinsèque par ossification du surtout ligamenteux, que l’on rencontre dans

J. Forestier 5

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d'autres cyphoses tout à fait différentes, dans le rhumatisme vertébral. Ces cyphoses essentielles, parfois très accentuées, pourraient s’observer à un âge bien plus tardif (30 à 50 ans) que la scoliose des adolescents, et constituent un cadre encore imprécis.

Nousavons eu l’occasion d'en observer, à l'hôpital Necker, un cas : Mme B..., âgée de 48 ans, sans passé pathologique antérieur, a vu s'installer, en deux ans, une cyphose cer. vico-dorsale progressive, peu douloureuse, sans troubles de névralgies irradiées, mais avec de grosses déformations de la cage thoracique. =

Cette affection qui ne peut être attribuée ni à une cause trophique nerveuse, ni à l’ostéomalacie, se rapprocherait, selon M. Pierre Marie, de la morbus coxæ senilis.

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