‹ Le Trou de Conjugaison vertébral et l'Espace epiduralChapitre 18 sur 61 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Mai de Pott

La tuberculose des corps vertébraux revêt, selon Broca (18) deux formes anatomiques ; l’une superficielle, avec abcès et paraplégie, fréquente surtout chez l'adulte, l'autre, profonde, destructive, entraînant la gibbosité, c’est la forme de l'enfant.

Si la première retentit sur les trous de conjugaison, par l'extension de la pachyméningite tuberculeuse, la seconde les déforme ou les supprime, à la faveur des tassements des corps vertébraux.

À) Michaud, dans sa thèse (19) inspirée par Charcot, trouva l’origine des douleurs pseudo-névralgiques dans l’inflammation de la gaine épidurale des racines, qui, après avoir englobé et comprimé les nerfs, finirait par les envahir, provoquant une dégénérescence granulo-graisseuse des tubes nerveux. Cette théorie, contraire à celle de Brown- Séquard (20), qui voyait dans la compression simple de la moelle l'origine des douleurs de projection dans certains territoires sensitifs, a reçu la confirmation des faits. La pachyméningite externe entre donc pour une part certaine dans la compression des nerfs à leur passage dans les trous de conjugaison, mais nous estimons que ce n’esl point là le premier phénomène. Avant que le processus tuberculeux, parti du corps vertébral ou du ménisque, ait atteint la dure-mère, ila dû infiltrer le tissu cellulo-grais-

seux de l’espace épidural, riche en lymphatiques, propice à son développement.

La pachyméningite externe, est done précédée d'une cellulite. Mais l’espace épidural est continu; engainant le fourreau dure-mérien au niveau des corps vertébraux, il se prolonge de chaque côté dans les trous de conjugaison jusqu’à l'opercule fibreux qui le met en rapport avec les cavités extra-rachidiennes.

Avant que la cellulite ait pu comprimer ou irriter la moelle protégée par le liquide céphalo-rachidien, elle provoque précocement la souffrance des funicules dès qu'elle pénètre, par un frajet de dedans en dehors, dans l’espace rétréci du trou de conjugaison, où le nerf ne possède plus qu’une seule enveloppe méningée. Ce mécanisme s'observe plus fréquemment chez l'adulte que chez l'enfant.

Nous avons pu vérifier l'exactitude de ce mécanisme, sur une pièce prélevée sur une jeune fille de 22 ans, décédée accidentellement, au début d’un mal de Pott atteignant les quatrième et cinquième vertèbres dorsales. Bien que la gibbosité fût légère, il y avait des irradiatiom®s douloureuses très vives dans le domaine des quatrième et cinquième nerfs intercostaux du côté gauche?

A l'examen, l’espace épidural antérieur était infiltré, surtont du côté gauche, de bourgeons charnus en continuité avec un foyer osseux du corps vertébral et gagnait, de ce côté, le trou de conjugaison. La gaine durale du funicule, légèrement irritée et comprimée, était cependant décolable et les fibres nerveux ne présentaient aucune altération macroscopique.

B) À une période plus avancée, lorsque le foyer tuberculeux a détruit un ou plusieurs corps vertébraux, c’est le: pourtour du trou de conjugaison lui-même, qui est altéré. Pour nous faire une idée de ces altérations osseuses, nous:

—(Or—

avons examiné au Musée Dupuytren 24 pièces de mal de Pott de l'adulte et de l'enfant.

Voici le tableau que nous avons dressé :

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