VIL.— Le syndrome du trou de conjugaison dans
le rhumatisme vertébral chronique. -
Il nous reste à étudier ce grand groupement d'attente que constitue le rhumatisme vertébral. La question d’éliologie étant momentanément laissée de côté, nous étudierons les réactions funiculaires dans les formes suivantes :
1° Forme extensive, évoluant vers l’ankylose avec prise de la racine des membres : spondylose rhizomélique de Pierre Marie ;
2° Forme généralisée vertébrale, atteignant l’ensemble du rachis, mais sans tendance à la cyphose, avec coexistence fréquente de localisations aux extrémités des membres, forme acromélique.
Elle se présente sous deux aspects :
a) Tantôt elle évolue vers l'ankylose ; spondylose ostéophytique de Tessier et Roques.
b) Tantôt elle détermine des réactions particulièrement vives au niveau des trous de conjugaison et a une évolution régressive sans ankylose : spondylose rhumatismale pseudo-névralgique d'Henri Forestier, décrite par mon père en 1901 (53).
3° Formes localisées qui se limitent à un segment du rachis. Les unes ankylosantes, appartiennent au rhumatisme ostéophytique de Tessier, ont été décrites par ses élèves Mayet et Jouve ;(54) et ne sont pas fréquentes. Les autres à la manière de la spondylose pseudo-névralgique ne fixent pas le segment rachidien en ankylosg osseuse, mais peuvent régresser sans alteindre gravement la souplesse vertébrale ; les plus connues s'observent à la région lombaire.
Nous nous occuperons spécialement de deux d’entreelles :
a) La Zlombarthrie de Léri, avec lésions visibles à la radiographie (37) ;
b) Le lumbago chronique avec contracture musculaire que nous avons décrit tout récemment avec notre maître Sicard (55) et qui ne comporte pas de lésions radiographiques visibles. Nous tenterons d'en préciser la place nosologique, l’étiologie et la pathogénie.
A. — Spondylose rhizomélique
Anatomiquement, cette affection extensive, mais non exubérante touche peu ou pas le trou de conjugaison. Cliniquement,elle évolue lentement et ne détermine pas de douleurs irradiées, ni de contracture des masses vertébrales.
Essentiellement ankylosante, elle évolue en deux temps: au début, phase d'ankylose inférieure sur la région lombosacro-coccygienne et les hanches, qu'elle fixe après une période douloureuse plus ou moins longue : ensuite, phase d’ankylose supérieure du rachis cervico-dorsal et des épaules. Le sujet ainsi soudé présente généralement une cyphose à grand rayon si bien que le rachis cervical est presque horizontal et que le menton touche le sternum.
Ce qui est intéressant pour nous, c'est l'absence de réactions funiculaires. Dans la presque totalité des obsertions rapportées par Léri dans son important mémoire de 1899 (7) on ne signale que des douleurs rachidiennes locales, sans irradiations périphériques et précédant l’ankylose définitive. Dans certains cas, sous l'influence de poussées fluxionnaires qui ont pu atteindre le tissu péri-osseux au niveau des trous de conjugaison. il y a eu quelques douleurs peu importantes dans les cuisses, ou les reins.
Les troubles réflexes ont été les mêmes que ceux que l’on observe dans les affections articulaires (exagération) et l'absence d'amyotrophie avant le stade d’ankylose totale est la règle.
La spondylose rhizomélique,par son ankylose en cyphose prononcée qui tend à ouvrir les trous de conjugaison, par l’absence ‘de productions ostéophytiques, laisse indemnes les trous de conjugaison et ne détermine pas de réactions
funiculaires.