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La radiographie confirme ces données : en position de face, elle ne montre aucune production exubérante capable d'atteindre les trous de conjugaison, mais seulement une diminution générale de la transparence des espaces intervertébraux qui correspond à l’amincissement des disques, et l'ossification sur place des ligaments jaunes. Par opposition les corps vertébraux ont perdu leur opacité. En position latérale, l’ossification produite au bord antérieur des ménisques n'est pas exubérante.
B . — Spondylose rhumatismale ostéophytique
Cette forme de rhumatisme particulièrement bien étudiée par Tessier, par F. Regnault qui en a signalé la fréquence chez les animaux, et par de nombreux auteurs, constitue une localisation tardive durhumatisme chronique.
Celui-ci a débuté à un âge déjà assez avancé, par les petites jointures des pieds et des mains,lorsque la colonne vertébrale se prend.
Il se manifeste par une période de douleurs, de névralgies irradiées, appelée par les auteurs périede pseudonévralgique. Les douleurs sont fréquentes à la région cervicale, sirradiant dans les épaules ; parfois elles ont un siège intercostal ; les névralgies lombaires et sciatiques y sont plus rares. Ce sont fréquemment des douleurs funiculaires unilatérales, malgré l'extension de l'affection. Elles sont vives, sujettes à des paroxysmes, exacerbées par les mouvements, subissent le refentissement de la toux et de l'éternuement et s’accompagnent de contracture lombaire. Nous avons pratiqué dans deux cas l'examen du liquide céphalo-rachidien et observé pour ioute modification une albumine s'élevant à 0,60.0,80.
Puis, bientôt apparaît l'ankylose qui coïncide avec la
sédation des douleurs. L’attitude habituelle, est, non point en cyphose, comme dans la spondylose rhizomélique, mais en rectitude, quelquefois il y a de petites incurvations latérales.
La fréquence des douleurs irradiées observées dans cette forme de rhumatisme vertébral coïncide parfaitement avec les lésions que nous avons observées sur lessquelettes. De même que ce n’est qu'au niveau d'unpetit nombre de trous de conjugaison soit aux dépens des pédicules, soit à ceux des ligaments jaunes ou du bourrelet méniscal que se forment les ostéophytes; de même, malgré l'atteinte du rachis entier ou presque, les névralgies ne se manifestentelles que dans un territoire limité? Cervical, intercostal ou sciatique.
En plus des modifications de la texture osseuse depuis longtemps décrite et précisée récemment par Léri et Mahar (56), la radiographie offre le plus grand intérêt dans ces cas, pour révéler si le niveau des néoformations. osseuses latérales correspond aux funicules intéressés; de profil, elle permet parfois, si les ostéophytes sont encore discrets, d'observer au niveau de certains trous de conjugaison, des moditications du contenu.
L'observation ci dessous rapportée par mon père (Nouvelle Iconographie de la Salpétrière en 1904), fournit un bon exemple de cette spondylose.
Obs. 5 (H. Forestier).
M. C.., 34 ans. Département de l'Ain. Pas d’antécédents héréditaires Bonne santé pendant sa jeunesse. A été berger, cultivateur, puis marchand de volailles de Bresse; pendant son service militaire, à la suite d'un coup de froid, eut mal aux reins.
A l’âge de vingt-huit ans apparition de douleurs dans les cuisses, quand il était couché, elles disparaissaient par la
marche. A l’âge de trente-deux ans, douleurs articulaires avec gonflement aux genoux, pieds, mains, pendant un mois. Aussitôt après des douleurs vives se font sentir dans les reins, les lombes: elles envahissent le dos, le cou dans les trois mois suivants et alors il commence à se voûter et à se raidir. Il y eut par périodes des douleurs dans les bras, les jambes, et même parfois dans les testicules. La toux, l’éternuement, le rire provoquaient des douleurs en ceinture, qu'il ressentait dans les flancs et le creux de l'estomac.
À l’arrivée à Aix-les-Bains, juillet 1901 :
Etat général bon, assez forte constitution ; taille moyenne. Je malade se tient le haut du dos voûté avec la tête portée en avant, le bas du dos aplati, les genoux fléchis légèrement, et déplace la tête et le tronc tout d’une pièce. L'’attitude est raide, figée et la silhouette du malade a quelque chose de particulier.
La moitié supérieure de la colonne vertébrale est incurvée en cyphose légère, se terminant au cou qui est légèrement fléchi et projette la tête en avant. Par suite de l'effacement de la cambrure lombaire, l'épine dorsale est droite depuis le milieu de la colonne dorsale jusqu'au sacrum et le bas du dos aplati, la région lombo-sacrée se continuant sans ligne de démarquation avec les fesses atrophiées. La colunne vertébrale est rigide sur toute son étendue ; les mouvements du cou et de la tête euxmêmes sont nuls, sauf un léger degré de rotatjon de la tête. Pour regarder au plafond, le sujet est obligé de plier les genoux et de se renverser un peu en arrière. Pour ramasser un objet à terre il doit plier les genoux. La marche se fait les jambes écartées avec oscillations du tronc. H a peine à se retourner dans son lit.
Simples raideurs des mouvements des épaules ; pas de raideur objective. Les autres articulations notamment les hanches sont intactes. Pas de douleurs actuellement sauf la nuit, ce qui l'oblige à changer de place. Rien à signaler du côté des organes et fonctions. Le traitement thermal consista en 30 douchesmassages, dans le cours d'un mois; la douche-massage était appliquée suivant mon procédé en position couchée sur la table de massage inclinée.
Je fis essayer les exercices Zander avec redressement pru-
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dent du rachis ; mais je dus les suspendre à cause des douleurs en ceinture et même testiculaires qui étaient réveillées.
Le résultat fut très satisfaisant. La rotation de la tête se faisait à peu près complètement, et La ftexion assez bien pour qu'il pût regarder au plafond, sans plier les genoux. Les épaules étaient redevenues souples, et les bras légers. Aucune douleur rachidienne ou autre sauf un peu la nuit,
Août 1902, le malade revient à Aix. 11 a beaucoup moins souffert cet hiver qu'auparavant ; une seule fois. La rotation et la flexion de la tête sont complètes, le cou lui-même restant toutefois rigide ; 2° cure de douches-massages (août 1903). Le sujet n'a pas souffert du tout et a pu travailler toute l’année. Il dort bien la nuit parce qu'il n’a plus de douleurs l'obligeant à changer de place. La tête esttrès mobile. Il peut se retourner dans son lit; 3° cure de douches-massages.
Cette observation montre que malgré sa marche ankylosante cette forme est susceptible d'une amélioration, au moins partielle.