a, supra f p
2. Livre II, chant VIII, in Memorie delV Istituto venetOj VI, 2«part,, pp. 468 sq.
3. Thomas, Francesco da Barberino & la littérature provençale en Italie au Moyen-âge, p. 94.
quelque valeur à son jugement. Il nous est à tout le moins permis d'en conclure que, cent ans après sa mort, Montanhagol apparaissait encore aux yeux d'un Italien comme un des noms considérables de la poésie provençale.
Son œuvre, telle du moins qu'elle nous est parvenue, est pourtant des moins étendues : quelques chansons, quelques sîrventes^ un partimen; en tout, quatorze pièces, dont encore l'une lui est contestée Se attribuée à Peire Rogier. 11 est vrai que rien, ni dans les manuscritis, ni dans la pièce ellemême, ne justifie cette attribution', & nous pouvons continuer à considérer comme étant bien de
I. Si, en effet, la table qui, en tête du manuscrit C & le Breviari d'Amor (•) attribuent la pièce IX : On mais a om de valensa, à Peire Rogier, & si la première strophe est donnée par P sans nom d'autres, le manuscrit C lui-même est d'accord avec J pour Tattribuer à Montanhagol. Or, Pautorité de P n^est pas considérable &, d'autre part, raccord de C reg. « ne prouve rien contre la double affirmation de C & de J. Il est, en effet, certain que le Breviari a utilisé pour ses citations non pas C, mais les sources de C, &, d'autre part, que les tables de C ont été dressées non d'après C, mais d'après ces mêmes sources de C. (Cf. Groeber, Die Liedersammlungen der Troubadours, 1% 127 & 95.) C reg. & a représentent donc la même tradition, & leur accord ne peut prévaloir contre la double autorité de C & de J, qui, s'ils représentent des traditions voisines, conservent cependant chacun leur indépendance. (Cf. les rapports constatés entre ces manuscrits dans les pièces VU, X, XI, XIII, & Groeber, op. cit., § 108-iog.)
L'étude de la pièce elle-même nous montre encore qu'il est bien difficile de Taitribuer à Peire Rogier. Aucun des noms mentionnés par elle ne se retrouvent dans les poésies authentiques de P. Rogier qui, toutes, semblent se rapporter à Ermengarde de Narbonne. Au contraire, le nom de Gui^a se retrouve dans une autre pièce (VI) de Montanhagol; nous Pavons vu aussi ailleurs (IX) faire Péloge de Tempereur Frédéric II; de plus, ce qui est dit du Coms Cumenges ne s^explique pas de la part de P. Rogier. Enfin la pièce, reportée à la Hn du douzième siècle, perd tout son sens : elle n*est plus une arme de combat contre Pinfluence de l'Inquisition ; c'est seulement la plainte banale d'un troubadour sur l'avarice des grands.
Montanhagol les quatorze pièces que Bartsch ' a réunies sous son nom.
Il est même probable que nous n'avons pas là toutes les poésies composées par Montanhagol. Déjà dans un passage de Muntaner* nous avons relevé deux vers attribués à notre poète, qui, si l'attribution est exacte, appartenaient à une pièce aujourd'hui perdue. En outre, si Ton en croyait Balaguer^, il aurait composé plusieurs sirventes contre l'Inquisition, dont un seul nous aurait été conservé. Mais c'est encore là, de sa part, une affirmation arbitraire & qu'il faut écarter, quoique le fait en lui-même soit très vraisemblable. Nous sommes de même amenés à supposer l'existence de poésies d'un autre genre qui ne sont pas représentées dans ce qu'il nous reste de l'œuvre de Montanhagol. Nous trouvons en effet, dans le planh de Pons Santolh, un passage où, s'adressant à la Vierge Marie, il la prie Jetre miséricordieuse au poète : « Je vous supplie, lui dit-il, de regarder comme votre créature celui qui a dit vos louanges^. » Il semble bien qu'il s'agisse là d'éloges consacrés à la Vierge par Montanhagol. Il aurait donc, en plus de ses chansons &
1. Cf. Barisch, Grundriss :^ur Gesch. der prov. Litteratur, p. 144,