CF. les pièces I & XIII
3. Seules, les pièces I,IV, X &XIII, reproduisent, avec la formule, des mètres & des rimes déjà employés.
ETUDE SUR GUILHEM MONTANHAGOL. Sç
rents ou de rimes à lui propres. Enfin il méprise les obscurités savantes d'un Elias Caire) ou d'un Arnaud Daniel. II n'y a rien, en effet, dans ses poésies, d'énigmatique ou d'inexplicable. Tout autant que le texte nous en a été bien conservé, nous sommes toujours en présence d'un sens clair Se qui se découvre de lui-même. Montanhagol semble écrire pour être compris du plus grand nombre. Mais la clarté n'est pas le seul mérite de son style. La passion lui fait parfois trouver l'expression forte, & parfois aussi son imagination paraît lui suggérer le mot qui peint, qui fait voir. Une pièce curieuse à ce point de vue est sa chanson : « Uon estarai per orne que*m casti. » Nous y trouvons deux comparaisons empruntées soit directement à la tradition populaire, soit indirectement à des auteurs antérieurs. L'une est fournie à Montanhagol * par le souvenir de la cité dont les habitants étaient devenus fous à l'exception d'un seul, qui, au contact des autres, dut, lui aussi, le devenir; &c l'on sait que c'était le sujet même d'une nouvelle de Peire Cardenal *. Sans doute, ce n'est chez Montanhagol qu'une comparaison, tandis que chez P. Cardenal c'est la pièce ellemême 8c ce qu'il importe de développer. Cependant, si à la narration longue à plaisir 6c délayée de ce dernier on oppose la manière de Montanhagol, qui resserre en une strophe toute l'histoire, sans rien omettre d'essentiel, en lui donnant peut-être