Cf. p. Cardenal, Una ciutat fo no sai cals
plus de sens & plus de portée, nul doute qu'on ne reconnaisse à notre poète des qualités de ramassé, de vigueur 8c de force. De même si, après avoir lu dans Marie de France la fable dou cerf ki vit ses cornes en Viaue\ &r., on la relit dans la même pièce de Montanhagol, traitée aussi sous forme de comparaison, on est heureusement surpris d'y voir ;
L'ombra dels bans en la fon bandciar*,
le cerf avec ses secs pes Se ses bois delgat^ tout le pittoresque enfin Se toute la vie qui manquait à la moralité froide Se sèche de Marie de France. Et il se peut bien que notre poète n ait pas inventé ces traits, qu'il les ait trouvés dans une tradition antérieure, mais c'est déjà un grand mérite d'en avoir connu le prix Se de les avoir conservés. Nous relève* rions encore çà Se là des expressions qui semblent bien personnelles à Montanhagol , mais il serait imprudent de trop s'engager dans cette voie. La publication des textes est encore trop imparfaite pour nous permettre d'apprécier ce qu'il y a d'original, de particulier dans le style de chaque troubadour. Et puis ont-ils eu la même conception que nous de l'originalité de la forme? Ne semblent-ils pas, au contraire, avoir recherché pour leurs senti* ments, pour leurs idées personnelles, l'expression sinon banale, du moins conventionnelle? Au surplus, nous pouvons laisser dans l'indétermination