‹ Le troubadour Guilhem MontanhagolChapitre 29 sur 84 · Cf. II · texte numérisé non relu

Cf. II

Il dit encore que c'est amour qui l'inspire', qu'amour le rend joyeux, qu'il veut faire partager aux autres son bonheur*, 8c qu'amour lui donne la mis* sion d'égayer, de réjouir les esprits^.

Mais cela nest plus une phrase conventionnelle : c'est un trait précis, une allusion au changement apporté par l'Inquisition dans l'esprit du temps. Montanhagol revient plusieurs fois sur cette idée que l'on oublie les maximes du temps passé. Les riches sont devenus pervers &, de même que la libéralité, ils oublient le devoir d'aimer'^. Les dames, de leur côté, n'aiment plus comme autrefois; elles hésitent à accueillir les hommages de leurs soupirants, leur opposent des difficultés, des retards^, n'osent plus se confier à l'amour^. Il en est même qui s'offensent d'être aimées & considèrent l'amour comme un péché 7. Ce n'est donc plus le thème souvent traité de la malice Se de la tristesse du temps présent que le poète oppose avec regret au passé heureux & brillant, c'est la peinture des progrès faits par les idées du clergé dans les esprits. Si, en effet, il a interdit toutes les manifestations de la vie courtoise, il a dû surtout s'attaquer au principe même, l'amour, qu'il a déclaré mauvais 8c contraire à la morale chrétienne. Dès lors, personne n'ose

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