‹ Le troubadour Guilhem MontanhagolChapitre 31 sur 84 · Cf. X, 10 sq · texte numérisé non relu

Cf. X, 10 sq

5o INTRODUCTION.

Car lamour doit, par essence, être pur &, comme le dit expressivement le poète, rester chaste :

Quar d^amor mou castitatz *. ,

Cette seule formule suffit à mesurer la distance qui sépare une telle conception de l'amour de la conception traditionnelle & qu'avaient exprimée les troubadours antérieurs. Car, si assurément rien ne prouve que l'amour chanté par Bernard de Ventadour ou Guiraud de Bornelh fût surtout un amour sensuel, rien non plus ne laisse supposer qu'il est, par nature, chaste. C'est donc toute une nouvelle théorie de lamour qu'expose Montanhagol, & vraiment curieuse. On l'avait déjà remarqué : déjà M. Thomas*, relevant quelques-uns des traits cités plus haut, considérait notre poète comme le représentant d'une doctrine nouvelle Se, plus récemment encore, M. de Lollis-^, à propos de certaines poésies de Sordel, appelait l'attention sur la nouveauté des idées exprimées & sur leurs rapports avec certaines affirmations de Montanhagol.

Il opposait, lui aussi, cette conception de l'amour à celle des autres troubadours Se l'expliquait comme une sorte de raffinement, d'épuration qui substituait à l'amour a traditionnel » de l'âge classique, l'amour purement « idéal » qui, transformé encore, serait devenu plus tard l'amour mystique des lyriques ita-

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