‹ Le troubadour Guilhem MontanhagolChapitre 32 sur 84 · Cf. De Lollis, Sordello di Goito, pp · texte numérisé non relu

Cf. De Lollis, Sordello di Goito, pp

ETUDE SUR GUILHEM MONTANHAGOL. 5l

liens'. Le propre de cette nouvelle doctrine serait d'exclure tout élément naturel, réel, de l'amour : le poète ne parle plus de la personne même de la dame aimée Se son amour peut s'adresser, non plus uniquement à la femme mariée, mais encore à la jeune fille*.

Sans doute^ nous sommes d'accord avec M. de Lollis pour constater la nouveauté de cette conception, encore que le mot d'idéale ne nous semble pas la caractériser assez par opposition à la conception « traditionnelle » de l'amour, de son aveu aussi « éthérée & impalpable. » Mais pour lui cette transformation résulterait à la fois d'un besoin de raffiner, d'un effort pour faire mieux que l'âge précédent &c d'une tendance mystique^. Et c'est précisément ce que l'étude de l'œuvre de Montanhagol ne nous permet pas d'admettre. Autant que nous pouvons le connaitre, il nous apparaît comme un esprit clair Se pondéré, ennemi de toute recherche de pensée 8c de forme. S'il aime sa dame, il l'aime comme les troubadours ont toujours aimé, pour sa beauté^ pour sa jresca color ses uelhs vairs^ & ses cils delgat-^^^ mais en même temps, il déclare que son amour est pur de pensée mauvaise, que d'amour procède la chasteté^, 8c cela non pas parce qu'il veut raffiner, mais uniquement afin de désarmer la rigueur des

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