I. Cf. Jeanroy, De nostratibus medii œvi poetis, &c., p
ger uniquement vers le Bien. La me^i^ura venaitelle à manquer, on était en proie à lexagéràtion des désirs, aux entraînements de la passion & à toutes leurs conséquences. Si quelques âmes délite pouvaient se proposer cet idéal, il restait pour la grande masse ou inaccessible ou trop dangereux, &c c'était ce que devait condamner le clergé. Aussi, quand Montanhagol veut donner les principes de la vie courtoise, il propose un idéal plus humain & plus chrétien. La vertu qu'il loue par-dessus toutes, c'est encore la mei^ura. Mais cette mesure n'est plus la vertu négative qui garde des excès, c'est une vertu positive 8c qu'il faut rechercher pour elle-même. Non seulement elle règle, mais elle inspire les autres vertus : le clergé peut reconnaître en elle non seulement l'ennemie des passions, mais le principe de la domination de soi, de la modération, de l'humilité, de l'indulgence & de toutes les vertus chrétiennes dont il recommande la pratique. Rien, dit Montanhagol, n'est plus estimé qu'elle; car elle donne à chacun la conscience de ce qu'il est Se de ce qu'il doit aux autres'. Elle règle l'emploi des libéralités Se empêche qu'elles n'aillent aux mains de gens indignes^. La modération, l'indulgence^ la loyauté, le discernement, la mesure, telles sont les vertus que l'on acquiert par elle^; enfin, elle doit s'allier à la crainte de Dieu'^. Ce n'est donc pas