‹ Le troubadour Guilhem MontanhagolChapitre 36 sur 84 · Cf. XIII · texte numérisé non relu

Cf. XIII

seulement l'amour, mais la vie courtoise tout entière que les poésies de Montanhagol nous montrent transformée. La nouvelle doctrine de Tamour n'est à vrai dire qu'une forme du changement survenu dans l'esprit du temps. On ne peut l'expliquer l'une sans l'autre. F.lles sont la conséquence de la domination du pouvoir religieux. La théorie de l'amour chaste, comme le nouvel idéal de la vie, est née d'une idée morale et religieuse.

Telles sont les idées nouvelles que nous trouvons non seulement chez Montanhagol, mais encore chez Sordel, chez Bertolome Zorzi & chez d autres troubadours contemporains. On sait quelle fut leur fortune : elles devinrent un thème répété jusqu'à la satiété par les troubadours postérieurs. Plus taird, nous retrouvons, dogmatiquement exposées dans le Brevîari d^amor, l'idée du pouvoir ennoblissant de l'amour, celle de l'excellence de la mesure. Si, comme l'a remarqué M. de Lollis, l'amour mystique des lyriques italiens n'est que la théorie de l'amour chaste légèrement transformée'. Mais, qui a eu le premier cette idée de transformer la conception classique de l'amour? Montanhagol, chez qui nous venons de trouver la doctrine nouvelle, l'a-t-il vraiment créée? M. de Lollis, relevant chez Sordel des idées semblables à celles de Montanhagol, nous dit qu'elles étaient celles du temps même. Se que cette nouvelle conception de l'amour était commune à

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