Si cum triet si ad emperador
m Senes temor, ja Fredericx antan. » (IX, 19.}
que nous puissions dater avec quelque approximation est un sirventes ' dirigé contre l'Inquisition & les excès qu elle commet dans les états du comte de Toulouse. La pièce est adressée au comte lui-même & est destinée à le mettre en garde contre les agissements du clergé : « Qu'il lui souvienne, dît le poète, de ce que les clercs lui ont fait & qu'il se garde d'eux désormais*. » Ce comte, c'est évidemment Raymond VII, & c'est à l'humiliation du traité de Meaux que Montanhagol iait allusion. Ce sirventes est donc^ lui aussi, postérieur à 1229; mais de combien? Établie en principe dès 12 29, en vertu même du traité, l'Inquisition ne tonctionna vraiment que du jour où Grégoire IX la confia aux Frères prêcheurs ou Dominicains (avril I233). Or, si les attaques de Montanhagol s'adressent au clergé en général, elles visent en particulier les Frères prêcheurs 3. « Maintenant^ s'écrie-t-il, ils se sont faits inquisiteurs^ » ; 5c cela même nous prouve que c'était bien un fait récent. Un peu plus tard, en 1237, les Franciscains furent adjoints aux Frères prêcheurs « afin de tempérer leur rigueur par leur mansuétude^. » Or, comme si le poète parle bien de la robe noire du clergé séculier 8c du froc blanc des Dominicains^ il ne fait aucune allusion aux