‹ Le troubadour Guilhem MontanhagolChapitre 53 sur 84 · Cf. : Vida es anta e desonors · texte numérisé non relu

Cf. : Vida es anta e desonors

Qui non a pr«U segon qu'es sa ricors.

(Cadenet. in Mahn, }yerke, 111, 63.)

6. son cor e s'esperansa, — Les deux mots allaient souvent ensemble.

Sol Dieus mi garl, Rambaut, mon Escudier En cui ai mes mon cor e m'esperanssa.

(Appel, Chrestomathie, 90, 55.)

7. fait^ d^agradansa, — Sur cet emploi de de, cf. Il, 2, & la note.

i3. Le subjonctif pr^c doit s'expliquer ici comme ailleurs (III, 29$ VII, 33) par le souvenir de la construction latine de la proposition relative, le relatif ayant la valeur de talis ut = capable de. On n'affirme pas une réalité, mais une possibilité.

17. yoler, qui signifie vouloir, désirer, est ici à peu près synonyme de amar. Sur ce sens particulier du mot, cf. CsktitWo , Arnaldo Daniello, p. 209.

ben lialmen, — - La conjonction et qui devrait unir ces deux adverbes est, comme souvent ailleurs, omise. Cf. VI, 23, 8c la note.

21. C'est en tant qu'attribut apparent de esser que donat^ est ici au cas sujet.

23. L« mot vilimen n'est pai dans Raynouard, mais le sens & la formation en sont clairs.

24. Sur l'expression se dar = éprouTer, ressentir, cf. VII, 33, & la note.

26. per un cen, — • Expression adTerbiale très fréquente chex les troulMidours & qui a la Taleur d*un superlatif. Cf. de Lollis, Sordello di Goïto, p. 307.

27. La phrase est construite d'une fafon un peu irrégulièrt & se termine autrement qu'elle n'aTait commencé, d'où l'absence de pronom derant de sidons, mais cela ne nuit pas à la clarté.

Sur l'emploi de l'article avec Tadjectif possessif mieus^ tieus^ sieus^ cf. Diez, Grammaire , trad. franc., III, 61.

3o. Sur l'importance de la me^ara non seulement en amour, mais dans la rie tout entière, cf. la pièce XIII. — C'est le principe essentiel du nouvel idéal de la vie courtoise. Cf. Introduction, p. 53.

3i. so enten = à mon avis. Formule sans valeur véritable, comme en trouve souvent à la fin du vers. Cf. IV, 11, & la note.

32. e [^ue] ^ & plutôt. Sur ce sens particulier du mot, cf. IV, 17, & la note.

fccar =: parce que, & précède la proposition principale. Sur cet emploi du mot, cf. III, 38, & la note.

i peut être entendu au sens de en cela ou, mieux encore, être considéré comme synonyme de lui 81 se rapportant à quascus amans» Sur cet emploi de i pour désigner non une chose, mais une personne, cf. VI, 23, & la note.

33. Les manuscrits, quoique très altérés, nous mettent cependant sur la voie du mot à rétablir, & le sens de esterna =z trace, exemple, convient tout à fait au sens général de la phrase. Le mot n'est pas dans Raynouard qui n'enregistre que la forme masculine estern (Lex, Rom., III, 216), mais se trouve dans Diez (Etymologisehes W^oerter^ huch, 4* édit., 576) qui en donne l'exemple suivant attesté par la

rime :

Qa'en GauiberU

Non ea tan certz Par loa sans da Palerna

que '1 pantayi

del pal noQ lays si sec la voitra eatema.

(Garauda, in Mahn, Gediehte» 752.)

Sur l'omission de que en tête de la proposition subjonctive, cf. Dies, Grammaire, trad. franc., III, 3 12.

34. La conjecture meron au lieu de menon AF, mermon I, memon R, nous parait satisfaisante tant au point de vue paléographique que pour le sens. Le poète reprend ici l'idée qu'il a déjà exprimée

(VlIIy 18} sur le chflLtiment dû aux faux amants : E^ ieu vuelh hen que 'Ih fais truebon hau^ia,

35. Sur cette conception de l*amour conciliable arec Tamour de Dîeuy cf. Introduction, p. 46.

37-38 Le poète feint de continuer la ▼éritable tradition de Tamour courtois & de considérer comme imputable à la seule perTersité de certains troubadours ou de certains amants Us excès qui ont compromii aux yeux de leurs ennemis l'amour 81 la poésie. Cf. Introduction^ p. 53.

n = eit est construit avec passar, comme nous l'avons vu avec issir, avec anar, dans s'en anar & en général avec tous les verbes qui expriment une idée de départ, de séparation, &c. Cf. Vil, 3o, & la note.

41. pero = c'est pourquoi. ~- Sur ce sens du mot, cf. VU, 21, & la note.

43. tornat\ en balansa doit être entendu au figuré = mis tn doute, mis en discussion, c'est-à-dire est « discuté, décrié », à moins que tor^ nar en balansa ne soit synonyme de balansar & ne signifie « pousser, jeter, repousser, rejeter ». Cf. E. Levy, Proven^, Supplem, ff^oerter^ buehy I, 122.

45. blasmes e dans = les rigueurs & les condamnations du clergé.

46. los mais.,, dels amadors, — - Le régime est séparé du mot auquel il se rapporte par un mot intercalé. Cf. IV, 46, 81 la note, 81 Appel, Proven^, Inedita, XXVII.

cossen a ici un lent différent de celui qu'il avait au vers 35, ou il

signifiait accorder. Ici il signifie approuver, comme dans ce passage de

Guilbera de Puycibot cité par Cnyrim, Sprichwoerter, p. 49 :

Qui consea failUmen d*autrui e no l'en repren Companhier es e parsoniers.

56. Sur cet emploi de de accompagné d'un substantif, cf. II, 3.

56. E*l mielhs del mon. — Le mot n'est pas seulement employé en provençal comme adverbe ou comine adjecrif. Il est souvent aussi employé substantivement soit au sens neutre : la meilleure chose, soit comme ici pour désigner une personne d'un mérite éminent. C£. Bertran de Born, p. 25 1.

58. Ailleurs déjà (II, 53), le poète avait loué le « rey Castelan », mais rien ne nous permettait de décider s'il s'agissait de Ferdinand III ou de son fils Alphonse X. Mats ici il apparaît très nette> ment que ce « reys joves » ne peut être qu'Alphonse, 81 que la pièce est dès lors postérieure à i252, date de son avènement. Montanhagol semble, à ce moment, être allé à la cour de Castille pour y chercher la protection que tant d'autres troubadours y avaient trouvée. Cf. Milfc y Pontanals, Los trovadores en Espaha, p. 196 sq.

59. Sur ce sens de prendre =: recevoir, cf. V, 33, & la note.

SIRVENTES

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