LES ÉTAINS ET LES PLOMBS
Statues en marbre. — Cliarles Perrault. — Les eaux rousses. Vengeance de Michel-Ange. — Giovanna Albizzi. — Poudre d'albâtre et cire vierge. — La céroplaslique. — Le fer malléable. — Deux clefs jumelles. — La pâte durcie. — Gemmes et pierres gravées. — Décolletage des miniatures de femme — Diamants du Cap transformés en diamants des mines de Golconde. — Une poignée de contrefaçons. — Trop de civilisation.
Dans son Parallèle des anciens et des modernes, Charles Perrault, qui tenait mordicus pour les modernes, a écrii, à la lin du dix-septième siècle, un amusant dialogue à l'appui de la thèse qu'il voulait soutenir.
Deux amateurs sont en présence et causent d'arts. L'un des interlocuteurs parle des eaux rousses, qui donnent si bien au marbre la couleur des antiques, qu'il n'y a personne qui n'y soit trompé.
L'autre lui répond qu'il est à sa connaissance
qu'un galant homme en a peuplé tous les cabinets des curieux novices.
« Un jour que je me promenais, dit-il, dans un jardin, on m'assura que je marchais sur une infinité de îjustes enfouis sous la terre, et qui achevaient de se faire antiques en buvant du jus de fumier. »
Vasari a raconté que VAmorino, sculpté à Florence par Michel-Ange, fut acheté à Rome, comme une œuvre grecque, parle cardinal Saint-Georges, lequel passait pour un fin connaisseur. Lorsqu'il en connut l'auteur, il renvoya immédiatement au marchand son Gupidon.
Ce dédain froissa Michel-Ange. Connaissant sa valeur, il ne comprenait pas que ses compatriotes s'attachassent, non à l'œuvre en elle-même, mais à une époque déterminée. Aussi résolut-il de se venger Il se fit contrefacteur, tailla dans un bloc une statue de Gérés, et lui cassa un bras avant de l'enfouir dans la terre, où elle devait prendre une couleur dorée.
Des archéologues, guidés par lui, découvrirent ce chef-d'œuvre, devant lequel ils s'extasièrent, le proclamant en chœur l'une des plus belles choses de Praxitèle!
Michel-Ange, savourant sa vengeance, laissa dire et rit longtemps sous cape. Un beau jour, il arriva au milieu de l'assemblée savante et tira de ses voiles le ])ras manquant et encore revêtu de son éclatante blancheur. Puis, lentement, sans rien dire, il l'approcha du tronçon et démonlia aux rhéteurs leur profonde ignorance {NoWi)).
Ceci rentre encore dans mon sujet, bien que regardant spécialement les amateurs qui raffolent des sfcatuettes en bois des quinzième et seizième siècles. — Ils sont nombreux à Paris .
Voici comment, d'afirèsle docteur Foresi, le sculpteur Bastianini confectionna une statuette à laquelle il donna le nom de Giovanna Albizzi.
Un menuisier fut d'abord chargé par lui de réunir, au moyen de colle forte et de chevilles, plusieurs morceaux de bois bien vermoulu. Un praticien fît ensuite sortir de ce tronçon une ébauche grossière de jeune femme.
Le sculpteur italien prit alors l'œuvre au point où elle se trouvait et la perfectionna. Il farda le bois d'un mélange de stuc, d'étoupes et de chiffons, et cette matière, encore fraîche, devint sous ses doigts une robe dont il colora et dora habilement l'étoffe dans le goût du seizième siècle.
Un fripier obscur fut appelé et chargé de la vente. Les archéologues, avisés d'une nouvelle découverte, arrivèrent tous et admirèrent sans défiance le pastiche de Bastianini. L'un d'eux, pris d'un bel enthousiasme, offrit 500 francs, un autre alla immédiatement jusqu'à 1,000. Les amateurs, émerveillés, se disputaient encore la possession de la statuette, lorsque le peintre Timbal, passant par Florence, vit ce trésor de grâce et d'élégance.
Timbal était très épris des objets du seizième siècle. Il fut de suite talonné parun vif désir derap-
porter en France la gracieuse Giovanna, et plus audacieux et aussi plus imprudent que les autres il proposa un gros prix, s'alluma, augmenta ses offres, bref Unit par l'enlever au nez et à la barbe de tous ses concurrents.
Qu'est devenue celte merveille du truquage sortie du cerveau de Bastianini, comme Minerve de celui de Jupiter ? Je n'en sais rien. L'Intermédiaire des Curieux nous l'apprendrait sans doute, lui qui sait tout, si on l'interrogeait.
Je dirai quelques mots seulement des statuettes en albâtre de la Renaissance, faites à la douzaine dans des moules avec de la poudre d'albâtre mêlée de gomme, teintées et polies ensuite avec du papier de verre, et, pour ne pas les passer sous silence, je mentionnerai seulement les petits groupes en marbre du temps de LouisXlV, fabriqués avec de lacire jaune, et passés à la cire blanche pour obtenir la transparence et le ton doux du marbre. C'est bien grossier, direz-vous? Soit, mais cela réussitàtromperparfaitement, jusqu'au moment oii la chaleur vient détruire tout l'éditice et tout l'artifice.
La céroplastique a ileuri d'une manière brillante depuis le quinzième siècle jusqu'à la fm du dix-huitième.
Les portraits en cire datant de la Renaissance sont extrêmement recherchés. Pour répondre aux désirs ;le tous les amateurs qui veulent en posséder, il a bien fallu en fabriquer.
Un artiste parisien s'est fait un grand renom dans
cet art délicat. C'est, du reste, un sculpteur de talent. Je l'ai vu à l'œuvre, et je sais comment il procède.
Son matériel est des plus simples. Il se compose de pains de cire viei'ge, grands comme des hosties, d'une spatule à dents de scie, d'une lampe à esprit de vin et d'une boite de couleurs d'aquarelle.
Le travail se fait avec la spatule chauffée, servant d'ébauchoir. Par la chaleur les couleurs s'assemblent et se fondent dans la cire. Cet artiste, qui se donne bien de garde de jamais signer ses œuvres, arrive ainsi à produire des médaillons des Valois qu'il livre, placés sous verre, au commerce. Ces imitations sont parfaites. La ressemblance est garantie comme chez les photographes.
Avec le fer malléable on obtient des serrures, des targettes, des verrous, des marteaux de porte qui déroutent les plus experts.
iVIoreau, le célèbre serrurier qui a formé cette splendide collection de ferronnerie, l'un des étonnemsnts de l'exposition du métal en 1878, ne pouvait dernièrement se prononcer sur l'authenticité d'une clef du dix-huitième siècle contenant une fleur de lis au milieu de la boucle.
« Il faudrait la briser pour être iixé, repondit-il au collectionneur anxieux (jui interrogeait son expérience. »
Le moyen était trop radical, et le propriétaire, ne voulant pas aller jusque-là, préféra garder sa clef et ses doutes.
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Il y a de cela très peu de temps, deux collectionneurs enrichirent leurs vitrines d'une clef en fer finement ciselé, découpée à jour et couverte d'arabesques, qui leur était apportée par un courtier en bibelots de la place de Paris.
Il avait trouvé, disait-il, ce bijou de la Renaissance chez une brave femiiiu U'ès âgée, demeurant rue Bochard-de-Saron à Montmartre. C'était tout ce qui lui restait d'un coffret de famille que, poussée par la misère, elle avait dû vendre. Aussi tenait-elle tellement à sa clef qu'il avait fallu employer d'abord les prières et ensuite les supplications pour la décider. Mais, comme toujours, les arguments irrésistibles, sous la forme de bons billets de banque, avaient fini par vaincre ses hésitations.
Telle était la version que débitait le courtier. Payée cher, la clef devait être vendue très cher,mais elle était si belle qu'elle conquerrait tous les suffrages.
Si les dîners de la Macédoine, du Bon- Dock, de la Marmite et des Téks-de-Bois rassemblent, dans des festins fraternels, des artistes, des peintres, des musiciens et des littérateurs, celui du Quinzième-Siècle groupe certains collectionneurs de la petite église, et ce n'est pas là le moins curieux, car le menu, emprunté aux recettes du Pâtissier françois et aux almanachs de la veuve Prudhomme, fait revivre des plats oubliés dont nos pères se pourléchaient les babines.
Or donc, à l'une de ces agapes mensuelles, chez Brébant, les amateurs réunis parlèrent naturelle-
ment de bibelots, et chacun narra ses récentes trouvailles, comme les chasseurs racontent, le soir, le nombre des pièces qu'ils ont abattues dans la journée.
M. de S..., avec un rare bonheur dans les expressions, raconta, en ménageant habilement les gradations, comment il avait eu dans la semaine la bonne fortune de dénicher une clef merveilleuse.
Il fit d'abord une description si séduisante de son acquisition nouvelle, que de tous les côtés éclatèrent des exclamations d'envie. On traita le collectionneur comme un joueur heureux.
— Vous avez décidément un bonheur insolent! lui disait-on de toutes parts.
Seul, l'un des convives parut un peu décontenancé. Était-ce jalousie ou incrédulité? Après avoir hésité quelque temps, il se décidaenfinà s'approcher du narrateur et lui demanda quelques explications.
— Voyons, lui dit-il, vous n'inventez rien, n'estce-pas?
M. de S... répéta textuellement toutce que le courtier lui avait raconté.
Son interlocuteur suivait le récit, hochant la lête et murmurant à plusieurs reprises :
— C'est bien cela.
— Qu'avez-vous donc à répéter : C'est cela, c'est bien cela? interromi)it tout d'un coup M. de S...
— C'est que, mon cher, à moi aussi on m'a offert avec les mêmes détails une clef qui venait du même endroit.
— Gomment !
— Et votre description me fait décidément croire que vous avez acheté la sœur jumelle de la mienne.
Stupéfaction du narrateur. Eclat de rire général.
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Le lendemain la confrontation des deux clefs avait lieu : naturellement elles étaient identiques.
J'aurais encore beaucoup à dire sur la ferronnerie. C'est une matière fertile, mais je me bornerai à citer la découverte de M. J. Danielli. Les imitations qu'il obtient par un nouveau procédé, la pâte durcie, sont variées et très nombreuses : des triptyques en ivoire jauni, des personnages de la Comédie italienne en bois noirci, des tètes d'enfants dans la manière de Lucca délia Robbia, des grou[)es en terre cuite et surtout des statuettes en fer rouillé, avec des parties lumineuses rappelant l'usure du temps sur certains points oii le frottement s'opère. Dirigez l'une de vos flâneries sur le boulevard Montmartre; arrêtez- vous devant le n° 17 et vous jugerez, comme je l'ai fait, à travers les vitrines, de ces travaux qui pourraient bien déconcerter quelquefois les nouveaux venus dans la sainte confrérie des collectionneurs.
Les étains ont été jadis, dans certains centres, marqués comme l'argenterie. A la vente de M. Minard, faite cette année à Gand, se voyait une plaque circulaire de 23 centimètres de diamètre. C'était un étalon sur lequel étaient frappés les poinçons de la corporation des étamiers de la ville de Gand. Il est à désirer que ce renseignement ne soit pas tombé entre
les mains des potiers d'étain de l'an 1883, qui façonnent avec art des brocs, des écuelles et des plats à contours.
Défiez- vous des plombs trouvés dans la Seine. Ces ex-voto ont fait l'objet d'une trouvaille vraie, décrite longuement par M, Forgeais.
Les véritables méreaux ou médailles de corporation ont des caractères typiques faciles à constater. D'un côté se trouve le saint ou la sainte, patron ou patronne de la confrérie; de l'autre, des outils et des objets, du métier. Pour les boulangers, c'est un homme enfournant des pains ; pour les apothicaires, une stapule et un bocal; pour les bourreliers, un colher de cheval ; pour les charpentiers, une équerre et une grande cognée surmontée d'un marteau bretelé, et soutenue d'un compas et d'une truelle; pour les tonneliers, une cuve au-dessus de laquelle se trouve une branche de vigne chargée de grappes de raisin.
Depuis le moyen âge jusqu'à la Révolution, chaque corps de métier réuni en corporation frappait des médailles destinées à être remises à chaque compagnon pour lui servir de signe de reconnaissance. A différentes reprises, les maisons bâties sur le Pontau-Ghange, le Petit-Pont et le Pont-Saint-Michel, s'élant écrotdées, lavSeine nous a ainsi conservé et restitué beaucoup de ces témoins de l'histoire dupasse. Mais ces restitutions du fleuve qui arrose Paris ne se sont renouvelées que rarement.
Certains individus, plus ou moins honnêtes, vou-
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draieiil les continuer indéfiniment, et jeter dans la circulation des plombs anciens âgés de quelques mois, mais suffisamment verdis et oxydés par l'eau.
Aujourd'hui les miniatures de Siccardi, de Hall, d'Augustin, de Dumont, do Blarenberg, se rencontrent par milliers à Paris. Bien rares sont les véritables.
Voulez-vous des miniatures anciennes du temps de la Régence ou de l'époque de Louis XVI. On vous en fabriquera tant que vous voudrez sur commande, à bouche que veux-tu. On jaunit bien un cantaloup, on mûrit une doyenné, on dore une calville, et les gourmets payent au poids de l'or ces primeurs trompeuses. On émaille une ligure parcheminée dont on l'ait une reine de la mode. Pourquoi voudriez-vous qu'on ait oublié de reproduire les charmants visages des précieuses du dix-huitième siècle ?
Les amateurs de miniatures sont des amoureux platoniques, ils cherchent à se créer un petit sérail tenant dons une vitrine. On a spéculé sur leur passion par d'habiles subterfuges. Ils vivent heureux dans leu r illusion, celamefaitmal d'avoii-à refroidir leur engouement; mais, que voulez-vous, je me vois dans la nécessité de leur dire (jue, malgré leur fécondité, jamais les miniaturistes du siècle passé ne peignirent autant de miniatures que depuis qu'ils ne sont plus.
La contrefaçon se sert des mêmes pinceaux, des mêmes couleurs, des mêmes plaques que les arlisles de jadis. Car, c'est une erreur que de croire qu'on se
donne la peine de travailler sur un ivoire jauni. L'industrie met à la disposition des peintres en ce genre le vélin, la tôle, le cuivre, l'argent et l'or qui ont servi autrefois. On trouve même ces grosses placpies d'ivoire de 1 et 2 millimètres qui servaient aux portraits minuscules sous Louis XIV, et rien n'est plus facile que de se procurer le vernis cuit, analogue au vernis Martin, qu'à défaut de verre on étendait alors sur la miniature pour la protéger contre l'action de l'air.
La miniature moderne, une fois achevée dans le goût de l'époque, est placée tantôt sur une belle boîte en vernis Martin, tantôt dans un ^îadre émaillé ancien, recouvert d'une glace rayée ou usée dans certains endroits, comme par le frottement du temps. Puis, on colle derrière, suprême précaution, du papier ancien.
Un artiste habile nommé Coblentz a fait des grisailles genre Sauvage qui se rapprochent tellement du maître, quel, si ce dernier revenait sur terre, il aurait sans doute quelque peine à reconnaître ses œuvres de celles de son rival.
Le même Coblentz, dans un jour d'expansion, m'a raconté des choses bien curieuses, qu'il me semble intéressant de révéler. Le père Franck, un marchand octogénaire mort il y a deux ans, s'était fait une certaine réputation dans ce commerce de miniatures. C'était un truqueur de première force. Lorsqu'il avait des portraits un peu pâlis, il ne craignait pas de faire mettre derrière la plaque d'ivoire, sous les joues et sous les carnations, du rouge vei'millon pour leur redonner la vie.
Ce doyen de la curiosité employait souvent un vieux miniaturiste, le père Noël, qui était chargé de
repeindre et d'orner le visage de toutes les fig-ures exsangues. Il avait un talent tout particulier pour rendre les femmes plus séduisantes, en échancrant outrageusement leur corsage ; mais toutes avaient le même type de physionomie et les mêmes fautes de dessin. Il travaillait surtout avec deux couleurs et obtenait avec elles tous les effets anciens : le bleu d'outre-mer allié soit avec du vermillon, soit avec de la terre de Sienne.
Le vieux Franck fourrait sur tout cela des noms pompeux de duchesses et de princesses des cours royales, puis les mettait dans de beaux cadres d'or émaillé au réverbère, sortant de chez Ghadouteau, et le tout partait pour l'Angleterre ou pour l'Amérique.
Sur la lin de sa carrière, le père Franck manquait de mémoire : il lui arriva fréquemment d'offrir à Coblentz des miniatures faites par ce dernier lui-même. Seulement, depuis qu'elles avaient passé par ses mains, le prix en avait quintuplé.
Coblentz aime à vous narrer le bon tour qu'il joua en envoyant unjour un tiers vendre chez un grand marchand une miniature qu'il avait faite dans le goût de Sauvage. Le marchand l'acheta immédiatement. Peu de temps après, seconde visite, avec une nouvelle miniature dans le même goût que la première. Celte fois l'acquéreur repoussa l'offre qui lui était faite, et fit même de sanglants reproches à l'intermédiaire pour lui avoir vendu une chose moderne. Celui-ci prétexta de son ignorance.
a Tenez, dit-il, je vais vous montrer de vrais Sauvage, et il ouvrit une armoire remplie de grisailles Elles ne sont pas signées, mais elles parlent d'ellesmêmes celles-là, ajouta-t il. »
Or, c'étaient des miniatures de Coblentz, qui en rit encore.
Parlerai-je, en terminant, des pierres antiques que Rome, Florence et l'Allemagne continuent à graver depuis trois siècles; — des gemmes, qui exigent une longue étude pour pouvoir reconnaître l'authenticité de la taille et de la matière ; — des horloges à pied de la Renaissance, fabriquées avec des ostensoirs en cuivre doré et vendues aux banquiers allemands ; — des éventails à pastorales en faux vernis Martin, achetés naïvement par une grande actrice; — des broderies de Malines, si bien teintes pour imiter l'ancien, qu'il faut écarter, les fils dans les parties épaisses afin de retrouver les parti es blanches ; — des dentelles fausses de Chantilly, que la régularité des mailles peut seule faire reconnaitre; — du point, d'Alençon, dont les mats, à jour et très lâches, trahissent la fraude ; — des étuis d'orfèvrerie en cuir noir, gravé au canif, fabriqués par certains de nos meilleurs gainiers. — Non, le temps nous presse, ne nous arrêtons pas. Passons et disons seulement encore que les diamants eux-mêmes sont falsifiés. On a trouvé le moyen de donner une teinte bleuâtre à des diamants du Gap d'un ton jaunâtre, et iVen faire des Golconde anciens d'une eau limpide et élincelante, ce qui en augmente la valeur de quarante pour cent.
C'est à croire que le vrai ne doit plus se rencontrer aue dans les contrées habitées par les peuplades
priiuilivcs, oL que, dans notre pays trop civilisé, on a poussé si loin les redoutables perfectionnements de l'art industriel, que tout y est absolument falsifié.
Nous n'osons pas affirmer le contraire.
La falsification s'étend comme le rond formé par une pierre jetée dans l'eau. — Il est temjjs d'arrêter les progrès de cette tache d'huile.