‹ Le truquageChapitre 5 sur 21 · CHAPITRE II. — Le Remboursement · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — Le Remboursement

M. Alexandre Dumas se rendit de sa personne chez M. Georges Petit.

Ce dernier manifesta une profonde surprise. Lui aussi avait cru posséder un véritable Corot. Sans cela, eût-il songé à le vendre à un connaisseur aussi sérieux que M. Alexandre Dumas?

Ces assurances rendirent un peu de calme à

l'acheteur. En somme, il n'avait pas trop lieu d'être honteux de sa méprise, puisque avant lui M. Georges Petit s'était laissé prendre à de fausses apparences.

L'aimable expert acheva d'apaiser la colère de M. Dumas en lui remboursant le prix abusif de l'œuvre en question ; car les experts ne sont pas plus infaillibles que le pape — avant 1870. Autant vaudrait demander à un manchot d'être maître de boxe.

L'événement s'accomplit dans le courant de juin 1883. MM. Alexandre Dumas et Georges Petit se gardèrent bien de l'ébruiter.

Ce fut un ami de M. Trouillebert qui, le premier, mit le public au courant des faits, dans une lettre adressée au Phare de la Loire. Il ne signa point cette lettre, mais nous sommes en mesure de lever le voile de l'anonymat.

Pourquoi hésiterions-nous?

La lettre émanait de M. Dreyfus, alors secrétaire de M. Wilson, et qui depuis fut membre du Conseil municipal de Paris.

A le bien prendre^ l'aventure expliquée faisait honneur à M. Trouillebert. M. Dreyfus avait donc, à titre d'appréciateur éclairé des œuvres de ce peintre, les meilleures raisons du monde pour ne point se taire. Il raconta tout au long l'aventure, et la presse parisienne s'en empara à son tour.

M. Alexandre Dumas ne dit rien, mais c'est M. Georges Petit qui ne fut pas content.

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