V. l'ouvrage de Pypine cité plus haut, 1. 1, p
28 LK TSARISME ET l'uKRAÏNE.
document des Coloman hongrois datant de 122G; dans un écrit du pape Grégoire IX, du 24 février 1233, de même que dans nombre d'autres annales et de différents écrits appartenant à cette époque ^ Les pays situés à Test et au nord de la Ruthenia furent habités par les Finnois, auxquels vinrent se mêler quelques souches slaves descendues de l'est et ayant une parenté avec les Ruthènes, mais en différant au point de vue ethnographique. Ces Slaves et ces Finnois formèrent un nouveau peuple, qui envisageait la Rous proprement dite comme un pays étranger, cependant que sous la domination des Tartars il se constitua en État'. Celui-ci était connu plus tard en Europe occidentale sous le nom d'État moscovite. On appelait alors la Russie d'aujourd'hui Moschkovia vel Moscovia et les habitants de ce pays Mosci vel Mosc/iiK Le peuple lui-même s'appelait « moskovsky » et les chefs avaient le titre de « princes moscovites ». Plus tard, lors de la décadence de la vieille Rous et à la suite des événements d'ordre dynastique qui affligèrent ce pays, la Moscovie se réclama de l'héritage de la Rous. Déjà les souverains moscovites prennent le titre de « Prince de toute la Russie », tandis que Pierre le Grand s'arroge celui de a Tsa?' de toutes les Russies ». Entre temps, le pays habité par les Ruthènes, avec sa capitale Kieff, prend le nom d'Ukraine, usité déjà au Xlir siècle. Celui de Rous était peu à peu abandonné, enfin entièrement oublié et devint tout à fait étranger au pays. Ce changement de nom s'opéra de la façon suivante : Les Ruthènes, originaires de Fancienne Rous avaient déjà leur histoire, et ce n'est que dans la suite qu'ils ont adopté pour leur pays le nom d'Ukraine, cependant que les Moscovites s'approprièrent celui de Rous. Il paraît qu'avec le nom de Rous les Moscovites croyaient devoir s'emparer aussi de Fhistoire de ce pays, de sorte qu'aujourd'hui encore on admet volontiers que ce sont les Ruthènes qui sont venus en dernier lieu s'établir dans le pays. Les différences ethnographiques que les deux peuples accusaient déjà à leur origine n'ont fait que s'accentuer au cours des temps. Et Moscou, sous
1. Vetera monumenla Poloniae et Lithuaniae, gentiumque finitimarum. Ab Augiislino Theimer. Typis Vaticanis. Romae 1860, t. 1, p. 23. — « Codex diplomaticus Hungariae, studio G. Fejér, » Budae 1829, t. III, 2" partie, p. 90. — « Monumenla Poloniae historica ». Leniberg iSGi, t. I, p. 402.
2. Pypine le relève aussi dans son ouvrage cité plus haut, p. 308.
3. Historica Rusciae monumenta ex antiquis exterarum gentium archivis et bibliothecis deprompta, ab A. J. ïurgenevio, Pétersbourg 1841, p. 129-399.