SAGE
traire, nous demeurons impuissants. Cette manière de voir, malheureusement beaucoup trop répandue encore, a de nombreux défauts dont l’un des moindres est d’engager de graves responsabilités. Lorsqu'un malade meurt, on doit d’accuser le tuberculeux qui n’a pas su accepter à temps les soins efficaces, et adresser des reproches aussi vifs au médecin qui n’a pas su découvrir la tuberculose au début, où qui, l’ayant découverte, ne lui a pas appliqué en temps utile un traitement convenable. Cette doctrine a un défaut plus grave : elle est fausse. En effet, le début réel de la tuberculose n’est pas aussi facile à saisir qu’on l’a cru jusqu’à ces dernières années. De plus, une infection tuberculeuse qui s’installe dans un organisme ne déclenche pas nécessairement une évolution clinique. Si l’on veut soigner les sujets qui présentent des signes discrets à l’auscultation ou à la radiologie, on risque de soigner des individus bien portants, et là encore d’attribuer à la thérapeutique des succès qui ne relèvent que de la nature. En vérité, nous ne savons rien sur le destin proche ou futur d’une infection qui débute dans un poumon. Ameuille rappelle à ce sujet une phrase de Montaigne : « Les maladies ont leur fortune limitée dès leur naissance. » Il est très probable, en effet, que chaque tuberculeux débute avec un potentiel variable qui commandera nécessairement toute la suite de son histoire. Il y a des tuberculoses qui sont d’emblée mortelles, même au stade de primo-infection. Il en est d’autres, très vieilles, et anatomiquement très étendues et qui sont compatibles, comme l’avait bien vu Laënnec, avec une santé satisfaisante. Il en est qui, prises à temps, sont incurables. Il en est d’autres qui, traitées à une heure tardive ou même non traitées, guérissent ou se stabilisent. Qu'est-ce à dire, sinon que la nature ne fait pas de schéma, et que l'erreur est dans la systématisation. La guérison, la stabilisation et la mort sont trois évolutions également possibles, les deux premières ne doivent pas être niées si l’on ne veut se heurter à des faits que la clinique nous enseigne tous les Jours.
Elle nous les enseigne, et cependant beaucoup de ma-
ne et même de Eee refusent encore de se laisser | convaincre. Pour les législateurs, la vieille conception | des successeurs de Laënnec demeure même encore de- À bout. Que lon discute de fonctionnaires, de pensionnés, à : FES de: réformés, la tuberculose est incapable de guérir; elle entraine done. une incapacité totale, elle est une véritable mutilation. de PRO RE Pr HAT AT On ne tombera pas ‘dans. des considérations. à uniquement banales si lon cherche ici à étudier les caractères du tuberculeux guéri. Cette étude comportera peut-être A des conclusions non seulement cliniques, mais médico sociales. 3j ; He LE
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