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férée par les épisodes tuberculeux antérieurs et une résistance générale indépendante de tout phnomène tuberculeux. Disons tout de suite que cette dernière compte à peu près seule, et qu’elle esi faite elle-même de plusieurs léments dont la résistance héréditaire est certainement le principe premier. Celle-ci intervient en ce que, comme l'écrit Canetti, «à condition de vie, histoire tuberculeuse et contamination présente égales, deux races ne réagissent pas identiquement à la tuberculose, et que, à l’intérieur d’une même race, deux sujets n’ont pas davantage un comportement identique ». Il y a ensuite la résistance actuelle qui consiste en ce que le même malade ne se comporte pas pareïillement devant la tuberculose à différents moments de.sa vie. Dans sa lutte contre elle, il est influencé par son âge, par son état physique, par ses antécédents pathologiques. On sait par exemple que le diabète diminue beaucoup ses facteurs de défense; inversement que le terrain préparé par une syphilis tertiaire conduit volontiers la tuberculose à son évolution scléreuse; que le rhumatisme chronique améliore le pronostic des tuberculoses auxquelles il s’ajoute, ou donne à celles qu’il précède un caractère presque bénin dès le point de départ, etc. L’instabilité du système vago-sympathique paraît également d’un grand poids dans le destin de la maladie en ce sens que l’excitabilité de ce système semble à de nombreux faits (à la facilité notamment avec laquelle les hémoptysies et les phénomènes périfocaux surviennent dans ce cas), une cause d’agora- vation et d'évolution des plus importantes dans la tuberculose pulmonaire évolutive. A l'opposé, les tubercu- leux dont le système neuro-végétatif est bien équilibré ont tendance à présenter des formes torpides fibreuses ou même simplement abortives. (Michon, Rosenthal, Shaize, Mollard, etc.) Il est probable enfin que l’on devra à l’avenir éclairer la question du terrain par l’étude des hormones chez les tuberculeux. Il apparaît de plus en plus que les troubles du fonctionnement des glandes à sécrétion interne exercent une action importante sur le caractère évolutif de la tuberculose. Pour ne prendre
cp nt
qu'un exemple, l’hyperfolliculinémie est une cause fréquente de défaillance ‘chez les jeunes femmes. (Chiray et Mollard.)
Si nous insistons sur ces données, dont quelques-unes sont très récentes, c’est qu’elles comportent des conelusions-pratiques d’un intérêt particulier. On pourra peutêtre un jour, en effet, soit en cherchant à rendre stable le système sympathique, soit en supprimant par des thé- | rapeutiques hormonales bien conduites les facteurs fréquents d'évolution et de défaillance, donner à la thérapeutique une action plus directe que celle que nous lui avons reconnue tout à l'heure : on parviendra non seulement à stimuler les processus naturels de guérison, mais en quelque sorte à les créer: et ainsi à accroître dans une proportion peut-être assez grande le nombre des tuberculeux qui guérissent.
Il faudra pour cela se souvenir d’une notion que la phtisiologie contemporaine a pris trop délibérément le parti d'oublier : la tuberculose est une maladie générale, même quand elle paraît n’être qu’une maladie pulmonaire., Quand bien même les symptômes qui l’expriment sont localisés strictement en apparence dans les poumons, le malade est dirigé beaucoup moins par ses lésions locales que par le jeu complexe de tous ses viscères. Celui-ci meurt et celui-là guérit, et ce n’est pas parce que les lésions de l’un sont étendues, et celles de l’autre circonscrites. Si les premières sont vastes et si les secondes n’occupent qu’un faible territoire, si les premières poursuivent, suivant une expression pittoresque, une marche rapide en rase campagne, et si les secondes s’enkyÿstent puis s’endorment, c’est que chez l’un les différents systèmes de l'organisme, en particulier le système neuro-végétatif et le système slandulaire refusent leur concours, ét que chez l’autre ils apportent au contraire aux poumons la plus active et la plus favo- ‘able des collaborations. Si la maladie persiste, c’est donc que l'organisme entier est incapable de résistance. Guérit-elle? c'est que celui-ci, plus résistant, est parvenu en quelque sorte à l’isoler, ou si l'on veut à l’exclure
rar
, : preuve que les faits que nous avons rapportés plus haut quand nous avons dressé la liste des tuberculeux survivants au bout de vingt années. Nous avons dit que dix d’entre eux (soit 11 %) demeuraient encore des malades à véritables après tant d'années, et que presque tous apparienaient au groupe des tuberculeux métastatiques à ‘ épisodes. Chez eux, la ‘maladie dure, avons-nous dit, parce qu’elle n’a jamais cessé d’être une infection générale. Elle a donc différé complètement de ce point de vue des autres formes de tuberculose pulmonaire qui, plus ou moins tard, se sont fixées (ou que l’organisme a fixées) dans un organe tel que le poumon, ou dans un tissu tel que le système ostéo-articulaire, et qui, lorsque le sujet n’est pas tué rapidement par elles, ont fini par se tarir comme si la chronicité de la tuberculose localisée et habituelle n’avait pu dépasser au maximum dix à quinze ans.
En résumé, nous croyons qu’un tuberculeux qui guérit est un sujet dont le terrain, c’est-à-dire l'organisme entier, est suffisamment fort pour, loin de se laisser imprégner par elle, isoler la maladie dans un organe, transformer en quelque sorte une septicémie en un abcès, exclure le mal afin de le mieux étouffer.
dans une partie du poumon. Nous n’en voulons pour