MAXIMUM
Millimètres. Mois.
Askhabad 26 Mai, Juillet
Baïram-Ali 44 Mars
Kerki 25 Novembre
Golodnaïa Stop lOi Novembre
Tachkent 30 Octobre
Andijan 61 Octobre
Les quantités maxima, ainsi que les mois pendant lesquels on les a observées diffèrent beaucoup, et il n'y a pas de règle générale. Cependant, sauf à Askhabad, ce sont les mois d'octobre à mars qui ont donné les plus grandes quantités en un jour.
C'est une erreur assez répandue de croire que, dans les climats arides, les pluies tombent ordinairement sous forme d'averses, surtout en été. C'est quelquefois le cas, mais le fait est loin d'être général. L'été ne reçoit souvent que quelques gouttes de pluie.
Bien souvent la pluie doit être plus abondante à la hauteur des nuages que près du sol : les couches inférieures de Fair sont si sèches que, en les traversant, beaucoup d'eau de pluie s'évapore. On aperçoit quelquefois au zénith un nuage qui se résout en pluie, mais s'évapore avant d'atteindre le sol.
Un fait remarquable au Turkestan, c'est la rareté des cumulus en été. On n'y voit presque jamais ce spectacle si commun en Europe : la formation de ces nuages vers 10 heures du matin, leur multiplication jusqu'à 3
OU 4 heures de l'après-midi, puis leur diminution vers le soir. Les cumulus sont des nuages du courant ascendant. Ce courant existe certainement en été au Turkestan, mais l'air est si sec qu'il n'arrive pas à saturation. Les nuages sont le plus souvent des stratus, qui se forment par des nuits calmes au-dessus d'endroits plus refroidis ou plus humides que les autres.
La poussière, pendant les mois de mai à octobre et surtout en été, est un phénomène des plus importants au Turkestan, et l'un des plus désagréables. Elle empêche de voir les montagnes, quelquefois pendant des semaines entières, et cela à une distance souvent inférieure à 10 kilomètres. Elle s'explique par la sécheresse extrême du sol, l'absence de végétation et la présence de particules très ténues (loess).
Il n'y a pas une seule station météorologique dans les montagnes, et nous en sommes réduits aux conjectures sur ce qui se passe dans ces régions. C'est là cependant que se forment les neiges qui, par leur fonte, fournissent d'eau les rivières et donnent la possibilité d'irriguer les champs et les jardins. On peut se demander à quelle époque tombent les plus grandes quantités de neige dans les montagnes. Je crois que ce n'est ni en été, ni en hiver. Pour l'été, surtout pour les mois de juillet et d'août, nous avons les relations de nombreux voyageurs : tous sont d'accord que pendant ces mois, dans les montagnes du Turkestan proprement dit, il pleut et il neige rarement. En hiver, il doit tomber peu de neige
dans les parties hautes des montagnes, la température étant trop basse.
Restent les saisons intermédiaires. Le printemps doit donner plus de neige que l'automne, car les tourbillons (cyclones) sont plus fréquents.
De plus, je suis convaincu qu'une grande quantité des névés et des glaciers du Turkestan doivent leur origine non à la chute des neiges, mais à la condensation de la vapeur d'eau à la surface des neiges et des glaciers.
Dufour et Forel ont fait des observations près du glacier du Rhône pendant l'été ; ils suspendaient des cubes de glace et les pesaient de temps en temps. Ils ont obtenu le résultat suivant :
Accroissement par heure quand le point de rosée était de :
1 degré :
2 degrés :
3 degrés :
C^"^, lo;
Ce qui correspondrait à des pluies de 1,2, 2,4 et 3,6 miHimètres en vingt-quatre heures. En admettant un accroissement moyen de 0,1 millimètre par heure pendant deux mois et de 0,05 millimètre pendant deux autres mois, on obtiendrait par an une couche d'eau de 216 millimètres. C'est-à-dire près des 2/3 de ce qui tombe par an à Paris.
Le climat du Turkestan est beaucoup plus continental que celui de la Suisse : la différence entre la température de l'hiver et celle de l'été y est beaucoup plus grande,
et, au niveau des glaciers, il doit faire plus chaud qu'en Suisse. A ces hauteurs, les vents d'ouest prédominent, apportant un air relativement humide de la Caspienne, de la mer Noire, de la Méditerranée et même des latitudes moyennes de l'Atlantique nord. Ce courant d'air, humide par lui-même, acquiert encore de la vapeur d'eau par la diffusion et l'apport direct de celle qui se dégage de la surface des cultures et des eaux des oasis. Les vents ascendants des heures chaudes du jour portent ces vapeurs dans les montagnes.
Il est donc probable que les glaciers du Turkestan s'accroissent beaucoup par la condensation de l'eau à la surface de la glace, pendant les mois d'été.