‹ Le Turkestan RusseChapitre 23 sur 87 · Da7is le Morskoï Sbornik [R · texte numérisé non relu

Da7is le Morskoï Sbornik [R

eaux de l'Amou dans la Caspienne, il faudrait préalablement combler la dépression du Sary-Kamych, et pour cela y amener 680 mètres cubes par seconde pendant quinze à dix-sept ans; on aboutirait ainsi à faire passer 126 mètres cubes par le lit de l'Ousboï.

En 1879-80, ont été faits des travaux hydrologiques sur l'Amou; les résultats détaillés n'en ont pas été publiés. J'ai donné quelques chiffres dans le chapitre précédent. Plus tard paraissent quelques travaux g-éologiques, Gedroiz arrive à la conclusion que l'Ousboï fut, non pas une rivière, mais un détroit entre deux lacs salés et qu'il doit avoir eu une eau claire et salée. En 1882, Konchin émet le même avis. Un peu plus tard P. M. Lessar affirme qu'il n'y a de traces évidentes du passage de l'eau qu'entre Bala-Ichem et Igdy, et suppose que les eaux de l'Aral y coulaient dans les années de grandes crues de l'Amou et du Syr.

En 1884, Konchin émet l'opinion que dans une période géologique assez récente, mais préhistorique, la dépression du Sary-Kamych était remplie d'eau et communiquait avec le golfe d'Aiboughir. L'eau était saumâtre et coulait lentement.

En 1888, Obroutchef conclut que, pendant cette période, l'eau douce du Sary-Kamych doit s'être écoulée par l'Ousboï.

En 1874,1a Société Géographique de Russie organisa la grande expédition aralo-caspienne. Celle-ci se composait de plusieurs savants : les zoologistes Bogdanof et Alenizin et le géologue Barbot deMarny étudièrent le pays.

tandis qu'un autre groupe, composé des généraux Stolétof et Tillo et de MM. Severtzof, Zoubof et Dohrandt, s'occupait des eaux, mesurait exactement leur volume, leur température, leurs troubles, et faisait des observations astronomiques et météorologiques.

On fit alors le premier nivellement géodésique entre la Caspienne et l'Aral : on trouva une différence de niveau de 74 mètres, la Caspienne étant à 26 mètres au-dessous, et l'Aral à 48 mètres au-dessus du niveau de l'Océan.

De 1874 à 1880, parurent les travaux géologiques très importants de Mouchketof et de Romanovsky. En 1880, l'ingénieur Schulz fut chargé du tracé du chemin de fer entre Orenbourg et Taclikeal, tracé qui passe près de l'Aral. Il put constater que le lac avait beaucoup diminué depuis 1850, époque du levé de Boutakof.

En 1886, le zoologiste Nikolsky, chargé d'étudier le lac Balkhach, et passant près de l'Aral, constata aussi une diminution du lac. Son expédition fut très importante sur un point. Elle établit que les poissons du lac ressemblaient à ceux des rivières du Tian-Chan et différaient entièrement de ceux de l'Aral. C'est une preuve quii nij eut jamais de grand bassin lacustre englobant VAral et le Balkhach. J'en donnerai par la suite d'autres preuves.

Depuis 1885 environ jusqu'à 1899, nous n'avons aucun renseignement sur l'Aral. De 1899 à 1906, eut lieu la grande expédition de L. S. Berg. Son livre, mentionné plus haut, contient une description et une étude

de ce lac, les plus détaillées qui existent. Voici quelques chiffres empruntés à ce travail :

L'Aral s'étend entre 43° 28 et 46° 32 latitude nord. Il a beaucoup d'îles. Une des plusgrandes, l'île Nicolas I" se trouve sous la latitude 45°. Il a une surface de 64.490 kilomètres carrés. C'est le troisième lac de la terre. Seule la Caspienne, qui a 436.134 kilomètres carrés, et le Lac Supérieur dans l'Amérique du Nord, qui a 80.800 kilomètres carrés, sont plus grands que lui. Le Baïkal, le plus grand lac d'eau douce de l'Asie, a 44. 149 kilomètres carrés, et le Ladoga, le plus grand lac d'eau douce de l'Europe, 17.631 kilomètres carrés. La profondeur moyenne est de 16°", 2, et il contient 1.028 kilomètres cubes d'eau. Généralement, comme on le voit, le lac est peu profond. La profondeur maxima est de 68 mètres. Les profondeurs inférieures à 35 mètres se trouvent exclusivement sur une bande très étroite le long de la rive occidentale du lac. Je donne encore le pourcentage des différentes profondeurs de dix en dix mètres :

De 0 à 10 mètres

De 10 à 20 —

De 20 à 30 —

De 30 à 40 —

De 40 à 50 —

De 50 à 60 —

Au-dessous de 60

Le bassin de l'Aral, y compris le lac, est de 607.230 kilomètres carrés, dont 232.190 pour le bassin du Syr-Dariaet 309.840 pour l'Amou-Daria, sans comp-

1er les bassins des rivières qui n'atteignent pas le fleuve, comme le Zarafchan.

D'après les études faites, les troubles déposés dans le lac par les tributaires de l'Aral donneraient une hauteur de 5 millimètres par an, ou un mètre en deux mille ans.

Il est intéressant de comparer le pourcentage des sels dans deux lacs salés, dans la Mer Noire et dans les Océans ^

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