Correspondant au Bureau Contrai Météorologique de France
LE FERGHANA 139
pouvais bien le dire, « de ces bancs, beaucoup de millions me contemplaient ». On organisa une souscription, et la majorité décida que chacun contribuerait aux dépenses des stations météorologiques au prorata de ses achats de coton.
La première excursion que je fis dans les quatre districts de la vallée me montra dans le Ferghana le pays des contrastes. On y trouve des oasis à population fort dense : à peine a-t-on dépassé les murs en loess des jardins d'un grand village, qu'on aperçoit les jardins du village suivant. La culture est intensive; le coton occupe plus du tiers des terres cultivées, 60 et jusqu'à 70 p. 400 dans certains cantons. Malgré la densité de la population, la main d'œuvre est assez chère, tant il y a de travail. On trouve des usines à machines et outils perfectionnés, quelquefois munies de laboratoires. C'est le beau côté de la médaille. En voici le revers :
On est étonné de la fréquence des voyages à cheval ou à âne et des transports par animaux de bât. Le seul véhicule à roues des indigènes avant la conquête (Varba) joue encore un certain rôle pour le transport des femmes, des enfants et des bagages. C'est un chariot à deux roues hautes de presque deux mètres; le cocher est à cheval, les pieds sur les brancards ; on y est horriblement cahoté (pi. IX a).
Pour qui voyage en été et n'a pas de fleuve à traverser, on ne voit pas bien la raison de cet attirail.
Mais il faut entendre les habitants décrire l'état des chemins en hiver et surtout au début du printemps.
Ceux-ci deviennent impraticables pendant la saison où l'on en a le plus besoin, oi^i les usines sont en pleine activité; quelquefois les charrois cessent entièrement. Quant aux ponts..., il n'y en a pas un seul sur le Syr- Daria. Pas de bacs non plus ; passagers et marchandises sont transportés sur de grands bateaux plats ; des files de chariots et d'animaux sur les deux rives attendent pendant des heures. Ou bien, s'il y a un pont, — comme j'en ai vu sur le Naryn, près de Namangan, — il est si étroit que deux équipages n'y peuvent passer de front, et, si le vent est un peu fort, fortement secoué.
La cause de cette mauvaise organisation est dans les institutions du pays, archaïques et ne répondant pas aux progrès économiques.
Les routes sont entretenues à l'aide de prestations en nature; le budget en argent est tout à fait minime. Il n'y a à peu près aucun budget local, aucun organe par lequel la voix du pays puisse se faire entendre. L'administration est toute-puissante, mais les fonctionnaires qui habitent les districts et connaissent le pays sont dans l'impossibilité, faute d'argent, d'entreprendre un travail de quelque importance.
Quant aux ponts, qui seraient si utiles sur des routes fréquentées comme celles qui traversent le Syr-Daria, il se serait trouvé des entrepreneurs pour les construire si on leur avait permis d'exiger un péage. Mais une loi russe interdit les péages sur les ponts.
L'irrigation laisse beaucoup à désirer, même dans les parties de la province où l'eau abonde. Je pus m'en con-
LE FERGHANA 141
vaincre dans une excursion que je fis à Kampyr-Ravat. On appelle ainsi une gorge rocheuse du Kara-Daria. Les conditions y sont si favorables pour dériver l'eau que les canaux d'irrigation sont creusés depuis longtemps.
Pour arriver de l'ouest à Kampyr-Ravat, il faut traverser plusieurs canaux, puis la rivière. En fait de véhicules à roues, il n'y a que l'arba qui puisse passer, vu la grosseur des blocs qui encombrent le lit du fleuve.
On ne donne que 182.000 francs par an pour les têtes de canaux de Kampyr-Ravat. Cette somme serait suffisante pour l'entretien des travaux, mais l'installation actuelle est si primitive, qu'il faudrait tout reconstruire. Il n'y a ni digue, ni régulateurs, et, pour boucher les canaux, on se sert de sipai. Ce sont de grands triangles de poutres, maintenues par des planches. On met tout cet échafaudage dans le canal, et on jette en travers des branches et de grosses pierres. Ce travail demande beaucoup de temps ; mais il est encore plus difficile et plus dangereux, quand il y a crue et qu'on veut ouvrir le canal, d'ôter le barrage ; le courant est si rapide que les poutres sont perdues.
Il y a trois ou quatre ans, on se servait de poutres de pin, que l'on faisait venir des bords de la Volga; maintenant on utilise le peuplier. Il y a tout un bois de peupliers à Kampyr-Ravat; en 1912, on en abattit 2.000.
La construction des canaux, surtout dans leur partie supérieure, est si défectueuse, que le courant est souvent dévié, beaucoup de champs sont privés de l'eau nécessaire, d'autres inondés et ravinés.
De plus, en avril et mai, quand l'eau est nécessaire aux céréales, il y en a généralement peu, la neige ne fondant pas encore beaucoup dans les hautes montagnes; d'autre part, dès le mois de juillet, le volume d'eau diminue rapidement, car la plus grande partie de la neige a déjà disparu, et il n'y a pas de grands glaciers dans le bassin du Kara-Daria. Le coton et la luzerne en souffrent.
L'ingénieur Mitt, chargé des travaux de Kampyr- Ravat, a élaboré un projet de travaux pour régulariser l'irrigation et construire des têtes de canaux bien organisées. La dépense serait de 4 millions de francs environ; une grande digue en amont des dérivations, donnant la possibilité d'emmagasiner 240 millions de mètres cubes, coûterait en outre 2.600.000 francs. Le réservoir pourrait être rempli deux fois : de novembre à mars, quand les eaux sont basses, mais inutiles à l'agriculture, — et pendant les grandes crues de juin, quand le volume d'eau dépasse les besoins de l'irrigation.
Cette réserve d'eau donnerait en outre la possibilité d'irriguer 27.000 hectares dans la vallée de Savaï, district d'Och, à raison de 120 francs l'hectare au plus (par de petits canaux). Les terres de cette vallée étant très fertiles, et les terres irriguées de bonne qualité valant au moins 2.500 francs l'hectare, l'argent employé à ce travail serait d'un bon rapport.
Les bienfaits de ces travaux de régularisation s'étendraient sur 185.000 hectares des meilleures terres à
LE FERGHANA 143
coton du pays et reviendraient à moins de 22 francs par hectare : ici encore le prix est minime, comparé au résultat.
Il me paraît que la création d'un grand lac artificiel pourrait encore faire de Kampyr-Ravat un lieu de villégiature. Les vacances scolaires sont longues en Russie, et le père de famille, retenu en ville, pourrait au moins envoyer femme et enfants à la campagne. Au Turk estan, on ne fuit pas seulement, en été, la poussière et le mauvais air des villes, mais on cherche un climat plus frais. Toutes les grandes villes du pays sont à proximité des hauteurs, mais les chemins sont si mauvais, le voyage si inconfortable et si cher, que l'on renonce à la villégiature de montagne. Étant donné l'extrême bon marché des voyages en chemin de fer, on aboutit à ce résultat paradoxal qu'il est moins coûteux d'aller passer l'été aux eaux du Caucase, et même en Finlande, que dans les montagnes voisines.
A Kampyr-Ravat, l'été est un peu moins chaud qu'à Och (juillet 24° C), où Ton vient en villégiature des grandes villes du Turkestan. Les bains du lac et le canotage attireraient certainement beaucoup de monde, d'autant plus que les grands travaux projetés nécessiteraient au moins la construction d'une bonne route, et probablement celle d'un chemin de fer.
Je fis l'excursion de Kampyr-Ravat en compagnie de deux dames et d'un garçon de dix ans. Grande joie quand M. Mitt leur apprit qu'il avaitun bateau. Le bateau ne pouvait malheureusement évoluer que dans une
I4i LE TURKESTAN RUSSE
petite baie, le courant étant trop rapide dans la riviëre et la profondeur trop faible.
La grande et moyenne culture n'a réussi nulle part au Ferghana, c'est partout la petite qui domine. Le cultivateur sarte fait des merveilles avec sa boue [ketmen), qui lui sert non seulement à ameublir la terre, à détruire les mauvaises herbes, mais aussi à creuser des canaux d'irrigation, à faire des briques qui, séchées au soleil, servent à construire des maisons, des murs de clôture. Il comprend fort bien la nécessité d'engrais abondants ; quelquefois il met du loess sur ses terres, des débris de vieux murs surtout. L'engrais vert aussi est en honneur; c'est le mach (une espèce de pois), qui est semé après une première récolte et enfoui. Mais il est beaucoup plus difficile d'introduire des instruments plus perfectionnés. Les plus habiles cultivateurs de la province sont ceux du district de Namangan.
Dans le Ferghana septentrional et oriental, le soussol généralement graveleux et sablonneux empêche sur les terres irriguées la stagnation de l'eau et la formation de salants. Les terres fertiles et bien irriguées se vendent jusqu'à 5.000 francs l'hectare.
Une partie des terres est cultivée par des propriétaires, une autre par des métayers (colons partiaires) appelés Tchairikers. Dans les dernières années, depuis que la culture du coton américain a pris une grande extension, une partie des terres a passé des mains des propriétaires dans celles d'usuriers, qui ont fait les
LE FERGHANA 145
avances nécessitées par le renchérissement de la maind'œuvre.
Les cultivateurs empruntent souvent à un taux de 40 p. 100 à des courtiers indigènes, qui exigent en outre un document souscrit et scellé par le juge [Kasi] de la localité, une espèce d'hypothèque permettant une vente en cas de non paiement au jour fixé. Généralement le cultivateur s'engage à vendre le coton soit à un prix fixé d'avance, soit au prix du jour de la livraison dans un bazar déterminé.
Quand la récolte est mauvaise, que le cultivateur ne peut payer sa dette, l'usurier la prolonge, mais à un taux si élevé qu'on aboutit souvent à la vente, volontaire ou forcée. L'ancien propriétaire devient alors le métayer de l'acheteur, qui n'a aucun désir de cultiver lui-même.
Les courtiers [tchistatch ou arbakech) empruntent de l'argent à des maisons de commerce ou plutôt ils distribuent aux cultivateurs des avances faites par les maisons de commerce. Ils paient généralement de 8 à 10 p. 100 d'intérêt par an.
Quand on demande aux commerçants ou à leurs commis s'ils sont intéressés à ces affaires, ils s'en défendent avec beaucoup d'énergie; si on leur demande alors pourquoi ils ne font pas d'avances aux cultivateurs eux-mêmes, ils répondent qu'il faut connaître les gens auxquels on a affaire. Les courtiers les connaissent. Les maisons de commerce, à leur tour, escomptent leur papier dans des banques privées, payant un intérêt
A. WoEiKOF. — Le Turkeslan Kussc. 10
inférieur à celui qu'ils reçoivent des courtiers, et les ban(iues privées escomptent à un intérêt moindre encore à la succursale de la Banque de l'État,
Gomme partout, les propriétaires cultivent mieux que les métayers. La question du crédit est très importante pour le pays. On pourrait la résoudre de différentes manières. Dans la province de Samarcande par exemple, des sociétés de crédit mutuel ont emprunté des sommes importantes à des maisons de commerce, à des intérêts de 8 à 10 p. 100 sans hypothèque, mais en s'eng-ageant à livrer une quantité de coton équivalente à la dette. C'est une région où la propriété n'est pas obérée.
Dans la majeure partie du Ferghana, il faut des sommes plus grandes pour payer les dettes des cultivateurs ; un crédit foncier bien organisé, et à intérêts audessous de 6 p. 100 par an, peut seul aider dans ce cas.
La loi russe astreint les prêts hypothécaires à de grandes formalités : s'ils sont faits par des banques foncières, l'assentiment de la Chancellerie du crédit du ministère des Finances est nécessaire pour chaque prêt. C'est absurde, car cela compHque les prêts, et les fonctionnaires de la Chancellerie ne peuvent connaître les conditions de chaque domaine. Il faudrait permettre des prêts sur les documents signés par les kasis, sans autre formalité.
Des capitalistes ont voulu fonder une banque foncière au Turkestan, mais le ministre des Finances n'y a pas donné son assentiment. On dit que ce sont les banques foncières ayant droit de faire des opérations au Turkes-
LE FERGHANA 147
tan (celles de Poltava et de Nijni-Novgorod-Samara) qui sont au fond de cette opposition. Elles ne prêtent guère à la propriété rurale, mais les prêts à la propriété urbaine sont avantageux pour elles, et elles craignent la concurrence d'une nouvelle banque.
Dans les trois autres provinces du Turkestan, le cheilieu est de beaucoup la ville la plus importante, par le nombre des habitants, le commerce et l'industrie. Il en est autrement au Ferghana. Le chef-lieu, Skobelef, n'est que la sixième ville de la province. Le commerce et l'industrie y sont insignifiants. C'est une ville de militaires et de fonctionnaires, occupant un grand espace, une ville de jardins et d'avenues, avec de belles perspectives sur les montagnes environnantes.
Kokand est de beaucoup la ville la plus considérable de la province, et la seconde ville du Turkestan russe par le nombre des habitants; c'est le centre du commerce du coton. Beaucoup moins ancienne que Samarcande, Tachkent, et bien d'autres villes du pays, elle n'acquit d'importance qu'au xviif siècle, quand les souverains du Ferghana y établirent leur résidence.
Les potentats asiatiques assemblent de grands trésors, et ne pensent pas déroger en faisant le commerce. Les courtisans et les employés font de même, et ainsi les capitales deviennent des centres commerciaux. Après la conquête russe du Ferghana, le chef-lieu fut établi à la Nouvelle Marguilan, qui reçut plus tard le nom de Skobelef; la position centrale de cette ville et l'insalubrité de Kokand avaient décidé le choix du s^ouvernement.
Mais Kokand possédait de grands capitaux et l'habitude du commerce ; quand la culture du cotonnier américain prit de l'extension, le commerce du coton se concentra dans cette ville. La fondation d'une Bourse en augmenta encore l'importance.
Elle continue à être très insalubre, les eaux affleurent au sol etcausent la malaria; on y voit aussi des goitres. Mais la soif du lucre fait négliger tous ces désavantages. La vie y est fort chère, les logements coûtent au moins le double de Saint-Pétersbourg et manquent de confort. Tout le reste est à l'avenant. On gagne beaucoup et on dépense largement. J'ai entendu dire que nulle part en Russie, à l'exception de Moscou et de Saint-Pétersbourg, on ne boit autant de Champagne des meilleures marques françaises qu'à Kokand.
Dans aucune autre ville du Turkestan la démarcation entre la ville russe et la ville indigène n'est aussi peu tranchée. De riches indigènes habitent la ville russe, tandis que des fonctionnaires et des commis insuffisamment salariés sont obligés d'habiter la ville indigène. Les marchands riches, russes et indigènes, sont solidaires entre eux, les intérêts étant communs, et la Bourse crée un lien de plus.
Non seulement on fait le commerce du coton, mais on spécule sur lui ; on y gagne et on y perd des sommes énormes. Ces spéculations se font surtout à la Bourse de New- York.
La Bourse de Kokand ne se borne pas au commerce, elle est devenue un organe important, qui prend soin des
LE FERGHANA 149
intérêts du pays, exprime des vœux souvent entendus du gouvernement. L'annuaire de la Bourse est intéressant à consulter sous ce rapport.
Un exemple entre autres. Le pays est généralement très tranquille; les crimes violents, surtout les brigandages, sont extrêmement rares. Mais depuis les premières années du xx" siècle, les brigandages s'étaient multipliés sur la route qui mène d'Andijan au grand village d'Assaké. On attaquait et on dévalisait les commis qui portaient l'argent destiné à acheter du coton. La Bourse de Kokand s'en émut, fit des représentations au gouverneur du Ferghana et demanda qu'on ouvrît à Assaké une trésorerie, sur laquelle on pourrait faire des traites. Le gouverneur objecta que cela coûterait cher; que d'ailleurs les marchands devaient veiller eux-mêmes à la sécurité de leurs commis et leur donner une garde armée. La Bourse répondit que c'était au gouvernement à veiller à la sécurité publique. De plus, une enquête prouva que les brigands étaient des gens originaires du Caucase, qu'il y avait à Andijan plus de 40 débits de bière fort louches, où l'on préparait les coups, tous débits concessionnés par l'administration des finances. La Bourse obtint gain de cause; depuis 1911 on a ouvert une trésorerie à Assaké, et les brigandages ont cessé. De plus, on a fermé quelques-uns des débits de bière les plus mal famés.
La seconde ville de la province est Andijan; c'est celle dont la population a le plus augmenté ces dernières années. Ce fait est dû à l'importance des cultures
de coton du voisinage. La ville n'ollre aucun intérêt pour le touriste ; presque toutes les maisons sont à un étage, le trombleniont de terre de 1902 ayant détruit la plus grande partie de la ville. 11 y a plusieurs gins et huileries, où des commerçants se sont enrichis dans ces dernières années; ce sont des indigènes pour la plupart; pendant l'automne, la saison de l'achat du coton, ces gens grossiers se livrent à la débauche et à des prodigalités. On sait que les vices de la civilisation se propagent très rapidement.
Andijan est la dernière station du chemin de fer Transcaspien, mais bientôt d'autres lignes la relieront aux régions de l'est et du sud-est. Pour le moment, la route carrossable la plus importante partant d'Andijan est celle qui la relie à Och (48 kilomètres). Elle est très fréquentée. Och est une ville assez importante. La partie russe, qui n'a que 1.000 habitants, est toute en jardins; on y vient en villégiature des villes où le climat est plus chaud. La partie indigène fait un commerce important, entre autres avec la Kachgarie ; à la fin de l'été, des familles entières de Kachgarie passent par la ville, allant travailler à la récolte du coton. En novembre, elles reviennent avec des économies et quantité de marchandises russes.
Au milieu de la ville indigène se trouve le Takht-i- Suleïman (mont Salomon), montagne isolée, très vénérée des indigènes, au sommet de laquelle s'élève un masar (monument funéraire) . Les légendes ne sont pas d'accord sur ce qui fait la sainteté du lieu; quelques-unes l'attri-
LE FERfillANA iSl
buent à la tombe du roi Salomon. Au pied de la montagne est une espèce de cloître habité par des lépreux (pi, ix b) .
Un chemin important réunit Och à Irkechtam (240 kilomètres), douane russe sur la route de Kachgar. Le chemin est carrossable. Il passe par le fort de Gultcha (1.500 mètres), par le col de Taldyk (3. 600 mètres), puis par Sary-Tach, d'où un chemin non carrossable s'embranche à droite et se dirige vers le sud. Il suit la large vallée d'Alaï, puis franchit le col de Kysil-Tach, (4.000 mètres) ; de là on descend jusqu'au plateau de Pamir, dont la hauteur oscille autour de 3.600 mètres. C'est une steppe très sèche et très élevée. En 1892, on y bâtit le Pamirski Post, petit fort oiî la vie de garnison n'est guère agréable.
La ville du Vieux Marguilan, qui se trouve à une distance de 11 kilomètres de Skobelef, est un centre de commerce assez important.
Namangan, au nord du Syr-Daria, est une ville plus grande, et assez industrielle. En 1912, un chemin déferla relia à Kokand, et on lui prédit un grand avenir. Le coton du district de Namangan est le meilleur du Ferghana.