‹ Le Turkestan RusseChapitre 49 sur 87 · Prince W. I. Masalsky, op. cit · texte numérisé non relu

Prince W. I. Masalsky, op. cit

LA TENURE DU SOL ET LES IMPOTS 2i3

payer des impôts locaux au commerce et à l'industrie.

On a proposé un impôt sur le coton transporté par chemin de fer, impôt qui ne serait pas versé dans le trésor du gouvernement central, mais employé tout entier à des travaux publics et à d'autres œuvres utiles à la population. Ce ne serait que juste, car le coton procure les plus grands bénéfices à l'agriculture, au commerce et à l'industrie, et les travaux d'utilité publique profiteraient surtout à ceux qui s'en occupent. De plus la perception de cet impôt ne nécessiterait presque aucune dépense, tout le coton expédié aux filatures passant par les chemins de fer.

Quant à la population du khanat de Boukhara, elle paie au moins 20 millions de francs d'impôts, sans compter les prestations en nature, et les travaux d'utilité publique sont, chez elle, à peu près nuls. Les canaux d'irrigation se détériorent, les routes n'existent pas.

Avant la conquête russe, toute la population du Turkestan était soumise à des impôts aussi écrasants que les khanats vassaux, et la vie ni la propriété des habitants n'étaient garanties. Les populations, pillées par leur gouvernement, souffraient en outre de guerres fréquentes entre les khanats, et d'incursions des nomades Kirghiz et surtout Turcomans.

Les Romains se vantaient, à bon droit, d'avoir apporté IdL pax Romana à des pays oii elle était inconnue depuis des siècles; les Anglais sont fiers de la pax Britannica qu'ils ont donnée à l'Inde ; nous pouvons bien dire que nous avons donné au Turkestan la pax Rossica.

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