‹ Le Turkestan RusseChapitre 51 sur 87 · TOTAL · texte numérisé non relu

TOTAL

Froment ....

Orge. . .

Avoine. .

Maïs. . .

Riz . . .

Millet . .

Djougara*

Pommes de terre.

Coton ^

' Espèce de sorgho.

* Coton brut, c'est-àtiers du coton brut.

dire avec les graines. Le coton égrené pèse un peu moin'^ du

Dans des conditions si variées d'économie rurale les prix des terres ne peuvent être aussi que très divers. Les terres ne pouvant pas être irriguées se vendent très bon marché, quelquefois 8 ou 10 francs l'hectare, tandis que les terres pouvant être bien irriguées, dans des régions peuplées et surtout dans le voisinage des grandes villes, atteignent des prix de 4 ou même 5.000 francs l'hectare.

Ajoutons quelques renseignements sur la culture des plantes à une grande altitude. A 3.000 mètres, on en cultive très peu, un peu d'orge, de froment, de l'avoine noire, des pois et du colza. A 3.600 mètres, altitude du poste de Pamir, près de la frontière de l'Afghanistan, des essais de cultures ont prouvé que les radis, les raves et quelquefois les pommes de terre peuvent encore réussir. Plus haut, rien n'est plus cultivé.

Quelques remarques s'imposent sur les principales espèces de céréales cultivées dans le Turkestan. Généralement les indigènes distinguent trois espèces de froment : le blanc, le rouge et le noir. Ce sont des froments durs. Fait intéressant : les épis ne s'égrènent pas, de sorte qu'il est possible de différer la moisson de trois ou quatre semaines après la maturité des graines.

L'orge présente deux variétés, celle à deux rangs et celle à six rangs. Au contraire du froment, elle s'égrène très vite et est généralement moissonnée avant la maturité complète.

Deux variétés de millet sont cultivées dans le Turkestan, toutes deux appartenant à la variété Panicion miliaceum.

2îi0 LE TURKESTAN RUSSE

Le riz est la céréale la plus chère : il sert à préparer le plat favori des indigènes, le palaou. C'est le plat appelé pilaf par les Turcs et les Persans. Les riches le mangent tous les jours ; quant aux pauvres, ils ne peuvent se l'accorder que les jours de grandes fêtes. Le riz est une plante de marais qui doit être submergée pendant près de trois mois. On le cultive partout oii il y a assez d'eau d'irrigation, ou des marais inondés toute l'année.

Le sorgho, appelé dans le pays djougara, est la plante nommée dourra dans le nord de l'Afrique et fort cultivée dans l'Inde et la Chine, dans des régions en partie non irriguées. Cette plante atteint jusqu'à 3 mètres 1/2 ou 4 mètres de haut; ses graines servent d'aliment aux gens les plus pauvres, et sont aussi employées à la nourriture des chevaux et des oiseaux de basse-cour. Quelquefois aussi on l'utilise comme engrais vert. On la cultive très peu dans la province Transcaspienne et beaucoup dans le Ferghana, Elle rend énormément et ne craint pas une certaine quantité de sel dans le sol.

Le maïs est cultivé surtout dans le Ferghana ; quant à l'avoine, on en cultivait anciennement une variété noire dans les hautes montagnes; maintenant encore, dans le reste du pays elle est fort peu cultivée, sauf dans les colonies russes. On ne voit guère de seigle que dans les colonies russes de la province de Syr-Daria.

On cultive aussi une grande quantité de plantes légumineuses ; la plus fréquente est le mach [Phaseolus Mungo); généralement elle pousse après les céréales

d'été et d'hiver, croît très dru et étouffe les mauvaises herbes. Parmi les plantes oléagineuses, le Sésame (Sesamum indicum) vient en première ligne, puis le lin et quelques autres plantes. Actuellement, on cultive de moins en moins les plantes oléagineuses, l'huile de coton tendant à remplacer les autres huiles.

L'élève du bétail joue un grand rôle dans le pays.

La race ovine domine de beaucoup ; c'est le bétail principal des nomades. Ils se nourrissent du lait et de la chair de leurs brebis ; la laine sert à faire des sacs, des cordes, des tapis, etc. La race dite « à kourdioiik y> prédomine. Pendant la belle saison, surtout si le pâturage contient des plantes salées, il se forme sous la queue de l'animal un gros bourrelet de graisse [kourdiouk) . La chair du mouton est tendre, et les indigènes la préfèrent de beaucoup au bœuf. Les boyaux du mouton à kourdiouk sont exportés en grande quantité, jusqu'en Amérique; on en fait des enveloppes pour boudins et saucisses, car ils sont plus tendres que ceux des autres races de moutons.

Les bœufs viennent en second lieu. C'est la race kirghiz qui domine. Les vaches donnent peu de lait, mais, comme elles sont nombreuses, ce lait joue un grand rôle dans l'alimentation des nomades. On le mêle généralement à celui des brebis, et on le consomme surtout à l'état acide (lait caillé, etc.), ou à l'état de fromage. Les Karakalpaks, dans le nord de l'oasis de Khiva, font beaucoup de beurre, qui est en partie exporté.

Dans l'Alaï et le Pamir, on élève des Yaks [Bos griinniens) qui servent de bêtes laitières et de bât. Ils sont parfaitement acclimatés à l'air raréfié des hauteurs, dont les autres animaux souffrent beaucoup.

La majeure partie des chevaux est de race kir^hiz; ils sont petits et laids, mais très endurants, comme tous les animaux des nomades.

Les Turcomans se servent de chevaux plus grands, plus beaux et plus rapides [argamaks], mélangés de sang arabe.

Les chevaux de selle et de bât ont une grande importance, même dans les oasis, oià, en hiver, les chemins sont mauvais.

Un animal tout aussi nécessaire pour le transport dans le désert est le chameau. Il y en a de deux races : le dromadaire, aune bosse, et le chameau, à deux bosses [Camelus bactrianus). Le premier est sensible au froid et ne se trouve que dans les parties méridionales du pays, le second supporte même les hivers excessivement rudes de la Mongolie (température de janvier audessous de 25°).

L'élève du bétail traverse actuellement une crise. Le nomadisme décline : les nomades demandent et obtiennent des terres, et s'adonnent de plus en plus à l'agriculture. Dès lors la question se pose : que fera-t-on des steppes qui ne sont pas susceptibles de culture? De plus, l'importance du chameau a beaucoup diminué depuis la construction des deux grandes lignes de chemin de fer, et va diminuer encore par celle d'autres lignes.

Que faire des pâturages maigres, mais très étendus, qui resteront dans les régions actuellement occupées par les nomades ? J'examinerai cette question dans le chapitre consacré à la colonisation.

Avant la conquête russe, il n'y avait pas de porcs dans les steppes et déserts, parce que cet animal n'est pas adapté à l'état nomade, ni dans les oasis, parce qu'il est réprouvé par le Coran.

Les colons russes l'ont introduit, et fondent sur lui de grands espoirs, de même que sur les bonnes races laitières de vaches. Le pays devrait au moins produire le jambon, les saucisses, le beurre et le fromage frais que consomment les Russes, et qu'on fait encore venir de la Russie centrale.

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