RÉCOLTE DE COTON
égrené,
milliers de tonnes métriques.
En 1911, les chemins de fer ont transporté 207.000 tonnes métriques, mais ce coton a été fourni non seulement par les trois provinces susdites, mais aussi par la province Transcaspienne, les khanats de Boukhara et de Khiva, l'Afghanistan et la Perse.
On voit que les statistiques ne s'accordent pas bien pour l'année 1910. Le saut brusque que donne le premier tableau ne paraît pas vraisemblable.
La culture du coton est très rémunératrice, mais aléatoire, et cela en raison non seulement des variations des récoltes, mais aussi de celle des prix. Comme les États-Unis sont de beaucoup le premier producteur de coton, c'est leur récolte qui a l'influence la plus décisive sur les prix. Si une récolte mauvaise ou de mauvaise qualité au Turkestan coïncide avec une bonne récolte aux États-Unis et en conséquence avec de bas prix du coton, le résultat est désastreux pour les cultivateurs ; ils s'endettent et sont quelquefois obligés de vendre leurs terres aux usuriers qui leur ont fait des avances. Après
LA CULTURE COTONNIÈRE 259
une année pareille, la quantité de terres cultivées en coton diminue.
Outre les prix du coton, ceux des céréales et du foin de luzerne ont de l'influence. S'ils montent beaucoup, les cultivateurs ont intérêt à augmenter ces cultures et àdiminuer celle du coton. C'est ce qui est arrivé en 1912.
Puisque quelques variétés de coton Upland ont donné d'assez bons résultats, qu'on ne s'arrête pas en si bon chemin. Quatre stations d'expériences agricoles ont été fondées par le Ministère de l'Agriculture, dont trois depuis quelques années : 1° celle d'Andijan, près de la ville ; elle se trouve dans la région oii la culture du coton a fait le plus de progrès ; 2" celle de Golodnaïa Step, dans le district de Khodjent, province de Samarcande. Il y a dans le voisinage de grandes étendues de plaines, à peu près désertes, faciles à irriguer par les eaux du Syr-Daria. Un canal irrigue près de H. 000 hectares ; il a été construit par le grand-duc Nicolas Constantinovitch et racheté par le gouvernement, qui en établit encore un autre irriguant 38.000 hectares. Ces deux ouvrages sont sur la rive gauche du fleuve ; la rive droite aussi est facile à irriguer, et des entrepreneurs demandent depuis quelques années des concessions de terres ; 3° enfin la station d'Askhabad, centre d'une très petite région cotonnière.
En 1911 , on a fondé une station de sélection de graines de coton, à Patkale-koul, près de Namangan. C'est la région oii les cultivateurs sont le plus habiles.
Cette dernière station a fait des expériences intéres-
santés sur le coût de la culture du coton à la houe [ketmen) d'une part, et avec des instruments perfectionnés, importés d'Amérique, d'autre part. D'après la première méthode, le coût est de 336 francs par hectare; d'après la seconde de 180 francs, c'est-à-dire un peu plus de la moitié.
S'il a fallu renoncer à la culture du Sea-Island, les variétés du Delta égyptien ne sont pas encore abandonnées. Elles sont un peu trop tardives, et leur rendement est faible, mais des expériences d'hybridation avec les meilleures variétés des Upland se poursuivent et paraissent réussir. Il s'agit de cultiver et de sélectionner des variétés qui produisent des fibres aussi longues et aussi fines que possible, et en même temps donnent de bons rendements et soient précoces, car les gelées sont à craindre pour les variétés tardives
M. Schipchinsky ^ indique les dates moyennes des première et dernière gelées, pour une période de dix ans.