‹ Le Turkestan RusseChapitre 6 sur 87 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Différences de température dues à l'altitude et à la latitude. Tableau des températures moyennes. — Climat continental, grandes amplitudes annuelles dans les plaines et sur le Pamir. Hiver froid, été chaud au Nord. — L'été des plaines du Sud plus chaud qu'à l'équateur. Possibilité de culture de plantes annuelles subtropicales, mais non d'arbres des pays chauds. Température nocturne très basse au fond des vallées. Exemples. Faible nébulosité et abondance de soleil. Conditions favorables pour le coton et les fruits. — Prédominance des vents Nord et Est dans la plaine. Vents de montagne. — Le Ferghana. Les pluies et neiges. Faible chute en plaine. Disette de pluie en été. Le printemps beaucoup plus pluvieux que l'automne, la montagne que la plaine. Maxima quotidiens. Rareté des pluies. — La poussière. Quand tombent les plus grandes quantités de neiges dans les montagnes. Condensation de la vapeur d'eau au contact des neiges et des glaces.

Un pays aussi vaste que le Turkestan, s'étendant depuis le 35° 1/2 jusqu'au 47° 1/2 de latitude nord, composé de plaines, de montagnes et de plateaux, doit être soumis à des climats fort différents. La température surtout varie. La moyenne annuelle est au-dessus de 16° dans les plaines du Mourghab et le sud du klianat de Boukhara, et au-dessous de — 1° sur le plateau du Pamir. Elle est naturellement de beaucoup inférieure sur les hauts sommets. Si nous admettons une diminution de 0°,55 par 100 mètres, la moyenne annuelle

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sera de — i2°,i à 6.000 mètres, altitude qui est souvent dépassée dans le sud-est du pays. Même en la considérant comme un maximum, on constaterait donc une différence de température annuelle de 29° à peu près entre les plaines du sud et les montagnes. Et le froid n'est pas exclusif aux cimes ; les régions montagneuses étant très vastes, et englobant de larges vallées (Alaï) très élevées et le grand plateau du Pamir, on comprend que les basses températures s'étendent sur une aire considérable.

Même en plaine, la température annuelle baisse rapidement vers le nord ; la station météorologique la plus septentrionale, Kasalinsk, a une moyenne annuelle de 7°,i et, à l'extrême nord de la province du Syr- Daria, 47° 1/2 latitude nord, elle doit être de 5° à peu près.

L'hygrométrie n'enregistre pas des variations aussi grandes ; tout le pays à peu près est sec, et, malgré l'absence de stations météorologiques dans les montagnes, on peut affirmer que, nulle part dans le Turkestan, les pluies ne sont abondantes. Les neiges sont moins rares, les grands glaciers le prouvent; mais cela tient à la grande hauteur des montagnes.

Ce qui manque pour l'étude du climat du Turkestan, ce sont les stations de montagnes. Il en existe une sur le Pamir, une autre dans une haute vallée, à observations très courtes encore (Khorog). Les autres sont établies en plaine ou dans des vallées au-dessous de 1.100 mètres.

Les tableaux suivants donnent l'un la position géographique des stations, l'autre les températures moyennes d'une année et de six mois. Comme il s'agit de climats continentaux de l'hémisphère nord, les températures diminuent régulièrement de juillet à janvier, et augmentent de janvier à juillet.

Le caractère continental du climat apparaît dans l'amplitude annuelle, très grande par rapport à la latitude, c'est-à-dire dans la grande différence entre janvier et juillet. Dans toutes les stations dont je donne les moyennes, la différence de janvier à juillet est de plus de 30 degrés, à la seule exception de Samarcande. Ici, l'inclinaison du terrain et l'abri contre les vents froids donnent un hiver moins froid que dans les plaines voisines, et l'altitude modère les chaleurs de l'été.

Au bord des océans, à la même latitude que les plaines du Turkestan, l'amplitude annuelle descend à 15° et au-dessous : à San-Francisco (Californie), elle est de 6° seulement; l'hiver y est relativement chaud grâce aux vents de l'océan, et en été, des vents du nord-ouest produits par le courant froid voisin lui donnent la température la plus basse à cette latitude.

Dans tout le continent Eurasien, la température moyenne de l'année, et surtout celle de l'hiver, diminue de l'ouest à l'est. Le Turkestan fait exception ; les stations proches des montagnes ont une température annuelle plus élevée et surtout un hiver plus doux que les stations de la plaine, malgré leur plus grande hauteur. Ainsi Boukhara, à l'altitude de 260 mètres, a pour

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