‹ Le typhus exanthématiqueChapitre 27 sur 73 · ème » » 5.» 4,22 ê · texte numérisé non relu

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Cette observation est très démonstrative pour la forme légere de typhusexanthématique : l'élimination de chlorures très diminuée le 10-ème jour (0,75) commence à s’accentuer déjà à la fin de la première semaine, et n’augmente beaucoup qu'après la défervescence. Le malade élimina dans l’apyrexie le sel retenu dans le courant de la période fébrile,

2.D., M. 27 ans. Forme moyeune. Le malade est soumis à un régime

achloruré, pendant toute la seconde semaine fébrile et les premiers 12 jours d’apyrexie L’élimination des chlorures se maintient au dessous d’un gramme en 24 heures pendant la période fébrile et encore les 5 premiers jours apyrétiques La quantité de chlorures monte audessus de 5 gr. et même à 8 gr, 19 les derniers 7 jours apyrétiques pendant lesquels le malade était encore au régime achloruré. Il éliminait par conséquent plus d’une semaine après la défervescence le sel retenu pendant la période fébrile. Ce malade soumis à l’épreuve de la chlorurie alimentaire après deux semaines d’apyrexie présenta encore une légère rétention.

3) F. P. A4 ans, forme hypertoxique mortelle. Le malade absorbe jes derniers jours fébriles et les premiers jours d’apyrexie 5 gr par jour de sel. 11 n’élimine jusqu’au jour de sa mort, produite le 4-ème jour d’apyrexie, que de petites quantités oscillant autour de 0,50 ctgr. en 24 heures.

Il est à noter que cette rétention de sel n’est accompagnée d’aucun phénomène grave d'insuffisance rénale, que souvent l’albuminurie ainsi que lescylindres disparaissent complètement après la défervescence et la rétention de chlorures persiste.

Dans les formes qui guérissent la rétention des chlorures. est passagère et l'équilibre se rétablit plus ou mains vite d’aprés la gravité des cas. Mais dans d’autres cas la chlorurémie persiste plus longtemps, produisant des oedèmes et des épanchements dans les séreuses. On connait depuis Murchison et Trousseau l'œèdme des convalescents de typhus. Le phénomène fut attribué par ces auteurs à la cachexie de certains convalescents. Il n’a à notre avis aucune relation avec l’état de nutrition du malade, et n'est que le résultat d’une exagération de la chlorurémie.

Nous avons rencontré l’oedème post-exanthématique dans 15 cas de typhus. Il apparaît une à plusieurs semaines après la défervescence, se limite en général aux pieds et aux jambes mais se présente quelquefois sous l'aspect d’une anasarque généralisée. Il est accompagné dans certaines cas d’hydrothorax. Le volume des urines de ces malades est diminué, l’albumine manque ou existe à l’état de traces, le sédiment ne contient aucun élément rénal. L’urée est éliminée normalement, mais

la quantite des chlorures de 24 heures est beaucoup diminuée. L'épreuve de la chlorurie alimentaire démontre une rétention intense des chlorures.

La chlorurémie post-exanthématique dure en général quelques semaines et disparaît avec le régime achlouré et le traitement diurétique. Mais le malade reste souvent un cAlorurémique Laten!, et cet état persiste plusieurs mois et même plus d’un an; à chaque écart de régime, dès qu’on cesse le régime achloruré, les oedèmes refont leur apparition et ne disparaissent que par la suppresion du sel des aliments.

Nous voulons insister sur le fait que cette chlorurémie n’est à aucun moment accompagnée d’albuminurie, de cylindrurie ou d'azotémie et que ce n’est que l'élimination des chlorures qui est en défaut.

Nous décrivons plus bas deux de nos observations d’oedème post-exanthématique, dans lesquelles nous avons prouvé par la chlorurie expériinentale le rôle exclusif de la rétention des chlorures dans la production du phénomène.

Il s’afissait dans les deux cas du syndrôme chlorurémique pur sans aucun autre phénomène d'insuffisance rénale.

Obs: I. Arasarque généralisée et hydrothorax double post-exanthématique.

T. E., 22 ans fait un typhus exanthématique d'intensité moyenne. A la fin de la période fébrile, pleurésie séro-fibri:euse gauche. Liquide jaune, légèrement trouble; formule leucocytaire : mononucleaires, rares polyinucléaires et hématies. Pas de microbes. Oedème pronnoncé des jambes et des paupières, commençant à la fin de la période fébrile et s’accentuant de plus en plus pendant l’apyrexie. Le liquide augmente à gauche en même temps qu’apparaissent des signes d’exudat à droite.

Droite: liquide jaune, contenant de très nombreux placards endothéliaux, peu de mononucléaires, des hématies. Rivalta négatif.

Gauche: liquide jaune, contenant de très nombreux placards endothéliaux, plus de mononucléaires qu’à droite, des hématies. Rivalta négatif.

Nous soumettons le malade à un traitement diurétique. Après deux semaines de ce traitement, tant les oedèmes que les épanchements pleuraux disparurent complétement.

Épreuve de la chlorurie alimentaire le 11 Mai, date à laquelle le ma jade n’avait plus d’oedème ni de signes d’épanchement pleural.

Na CI ingéré Na Cl'éliminé en 24h.

11 Mai (9) 16-0137 12 » 0 DD 19 0 ÉUNTS 14. 9 0 D PDO 15: 10*Sr. DDR SR 1010» 10 » ER A CD) 17 » 2550) 11 » 82 18 » (0) 14 » 50 195,3 0 8 » 65 20.» (® D »1 98

Le 24 Mai: matité, diminution des vibrations et de la respiration à a base droite, signe du sou positif. Ponction: liquide jaune. Rivalta négatif. L’examen des urines pratiqué tous les jours pendant tout le courant de la maladie, tant que le malade presentait des oedèmes et pendant }’épreuve de la chlorurie alimentaire ne démontra que très rarement des traces d’albumine, Le sédiment ne contient aucun élément anormal.

Il s’agit d’un exanthématique qui fit à la fin de la période fébrile, une anasarque généralisée et une pleurésie gauche. L’oedème ne fit que s’accentuer pendant l’apyrexie, en même temps que l’épanchement pleural augmentait à ganche et quil apparaîssait aussi à droite. D'un autre côte, tandis qu’au commencement l’épanchement gauche dénotait l'existence d’une inflammation pleurale {mononucléaires et polynucléaires), l’épanchement beaucoup plus considérable double qui survint ultérieurement avait tous les caracteres d’un hydrothorax (prédominance des placards endothéliaux ; Rivalta négatif).

L'épreuve de la chlorurie. alimentaire démontra la rétention des chlorures chez ce malade; 50 grammes de chlorure de sodium firent reapparaître l’épanchement pleural droit et l’oedème des membres inférieurs. Les caractères de l’épanchement étaient ceux d’un hydrothorax.

Obs. II. S. A. 47 ans. Typhus exanthénatique en 1917. Trois semaines après la defervescence oedème des membres inférieurs et des

paupières. Analyse d'urine: pas d’albumine. Les oedèmes disparurent après un traitement diurétique, et le malade sort de Phôpital. Mais un mois après, les oedèmes recommencent cette fois avec plus de violence et le malade est obligé d’entrer de nouveau à Phôpital. Pendant 9 mois il a eu à trois reprises des oedèmes très incenses limités surtout aux membres inférieures. Il entre dans notre service le 29 Janvier 1918. Oedème trèspounoncé des membres inférieurs et des paupières. Urine: 175 c.c. avec 2gr. 40 Na. CI. en 24 beures. Pas d’albuminurle, Aucun élément rénal dans le sédiment. Les oedèmes disparaissent compiètement après 12 jours d’un traitement diurétique.

Épreuve de la chlorurie alimentaire commencée le 10 Février, date à laquelle les oedèmes avaient complètement disparu.

Date Sel, ingéié Sel eliminé en 24 h. Poids Oedèmes 10/, DOI 45 Ker. 0

11/2 10 » Dot 02) HE S 0

1; 15e SAS 020 AS, 0

1e LS 4 ESS LS 15 0 SU0 0

14/, 15.» 6 » 96 46 » 500 Apparition 15}; 1e, De e2 0 es oedèmes 16/, one ONE 46 » 500

in fon) A0 50 A6 5 500 es a nn Ne Oedèmes 19/, 15545 7 » 09 47 » 500 HR

Nous constatons dans les deux cas le même fait: l’existence d’un oedème plus ou moins généralisé, accompagné ou non d’hydrothorax, non accompagné d’albuminurie ou autre phénomène rénal. Le seul phénomène urinaire anormal est l’hypochlorurie, dfi à la chlorurémie que nous avons pu démontrer plusieurs semaines dans le premier cas, plus d’un an dans le second, chez les deux malades. Chez les deux l’ingestion de sel fit augmenter la chlorurémie (1).

Au point de vue phatogénique nous devons nous demander si cette chlorurémie est un phénomène purement rénal ou aussi un phénomène périphérique, Vu le manque d’autres symptômes d'insuffissance rénale, vu l'intensité des phénomènes vasculaires péripheriques si caracteristiques et pronnoncées

(1) Nous avons dans notre statistique plusieurs cas de ce genre.

dans îe typhus, nous croyons, qu’au moins en grande partie, un facteur périphérique, capillaire et tissulaire, entre en ligne de compte dans la production de la chlorurémie des exanthématiques. Nous reviendrons sur cette question dans un travail que nous publierons ultérieurement et qui contiendra les nouvelles recherches que nous sommes en train de faire sur la chlorurémie post-infectieuse.

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