‹ Le typhus exanthématiqueChapitre 28 sur 73 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

ÉROURUMLESS

Nous avons étudié au chapitre de la symptomatologie les différentes formes de typhus exanthématique, proposant la classification générale en forme légère, forme moyenne et forme hypertoxique, d’après le degré pius ou moins intense de toxicité de la maladie. Nous avons décrit, comme variété de la forme hypertoxique, la forme foudroyante et comme variété de la forme légère, la forme abortive. Nous croyons inutile de recommencer dans ce chapitre à énumérer les caractères de chaque forme, et nous renvoyons pour leur description au chapitre de la AN eRre générale et à celui du pronostic.

Mais en dehors de ces formes, différant entre elles par le degré d’intoxication de l'organisme, peut-on encore décrire d’autres formes, d’après la prédominance de tel ou tel symptôme? Peut-on parler de forme curdiaque, forme nerveuse, forme pulmonaire ou biliaire ? Il nous semble qu’il n’y a pas lieu pour le typhus exanthématique de tenir compte de ces phénomènes, qui sont, soit des symptômes, soit des complications de la maladie, pour en faire une caractéristique de formes spéciales. En effet, tant les phénomènes cardiaques que les troubles nerveux sont trop fréquents dans le typhus exanthématique : nous en faisons un symptôine de la maladie plutôt qu'un caractère d’une forme spéciale. Il y a pourtant une variété de forme hypertoxique, que nous avors appelée forme foudroyante, évoluant avec une grande rapidité, dans laquelle ce sont les phénomèncs nerveux qui sont les plus intenses et qui tuent le malade; cette forme pourrait être appelée aussi

forme nerveuse. Les autres phénomènes d’intoxication, qui doivent débuter à la fin de la période fébrile ou pendant l’apyrexie n’ont pas le temps d'’apparaître car la mort se produit trop rapidement.

Quant aux phénoinènes pulmonaires, hépatiques, et rénaux ce serait trop compliquer la classification que d'en faire des formes à part. Nous serions alors obligé de décrire un nombre très grand de formes d’après les très fréquentes et variées complications qui suivent le typhus exanthématique.

Nous pouvons par contre admettre une forme hématurique, car la grande hématurie, visible à l’oeil nu, ne peut pas être comprise dans les complications et d’un autre côté ne représente pas un symptôme habituel du typhus exanthématique. Nous avons signalé le fait que chez presque tous les exanthématiques on trouve dans l'urine des globules rouges et nous avons mis ce phénomène sur le compte de la vasodilatation rénale ou même des lésions vasculaires de cette glande. Mais la quantité de sang trouvé dans l'urine est habituellement minime et Phématurie n’est pas visible à l’œil nu. Le volume de lurine est la plupart du temps normal ou peu diminué à cause de la fièvre, la quantité d’albumine est minime. Dans plusieurs de nos cas ce symptôme prit une intensité beaucoup plus grande Les malades avaient une hématurie intense, visible à l’œil nu. Dans les deux premiers cas l’hématurie dura 2 et 4 jours (vers la fin de la première semaine et au commencement de la seconde); mais les malades continuèrent à présenter des globules rouges dans le sédiment, en plus grande quantité que d’habitude, pendant toute la période fébrile. Ils ne disparurent que quelques jours après la défervescence. Dans le troisième et le quatrième cas, l’hématurie tres abondante à commencé Île premier et le second jour de la fièvre et ne disparût que les premiers jours d’apyrexie. Le sédiment présentait encore 4 jours après la défervescence quelques hématies, Tous ces trois malades ont fait une forme moyenne de typhus, tous ont complètement guéri.

Il est très intéressant de constater que cette hématurie ma-

croscopique n'était pas accompagnée d’une albuminurie notable et que le volume des urines variait entre 1000 et 1200 c. c. en 24 heures, que dans le seul cas que nous avons examiné à ce point de vue, l’azotémie (1) fût normale, qu'il n’y eût aucun phénomène de chlorurémie et que les fonctions rénales sont rentrées dans l’ordre quelques jours après la chute de la température. Toutes les éliminations furent normales déjà dans la première semaine d’apyrexie. C’est dire qu'il n'y a aucune ressemblance entre l’hématurie de ces malades et celle de la néphrite aigüe hématurique d’autres infections, la néphrite scarlatineuse par exemple : cette dernière est accompagnée d'albuminurie intense, d’œdèmes, d'azotémie, Les phénomènes d'insuffisance rénale durent plus longtemps et laissent toujours des traces indélébiles. C’est une veritable néphrite aigüe hématurique dans la scarlatine, tandis que l’hématurie macrosco. pique du typhus n'est qu’une exagération d’un phénomène habituel dans cette infection et a la même mécanisme de production : elle est ic résultat de lésions vasculaires analogues à celles que présente le derme au niveau des pétéchies et dans le système nerveux central. On ne peut donc pas parler dans le typhus d'une néphrite aigüe hématurique. L’hématurie ne peut pas être considérée dans ces cas comme une complication et nous pouvons parler d’une véritable forme hématurique de typhus. Mais nous devons signaler aussi les cas très rares de typhus où les phénomènes rénaux prennent les caractères d’une vraie néphrite hématurique, comparable, du moins cliniquement, à la néphrite scarlatineuse, Il s’agit toujours de vieux brightiques. Nous avons eu à étudier un cas, celui d’un médecin, présentant des lésions rénales anciennes et qui fit vers le commencement de la seconde semaine de son typhus une oligurie prononcé, presque de l’anurie, de l’h5maturie, accompagnée d’une grande quantité d’albumine dans les urines, etc. Dans ces cas on trouve une augmentation notable de l’urée dans le sang.

(1) Vore dans le chapitre spécial la question de l’azotémie dans le typhus.

Ces cas n’entrent pas dans la forme hématurique du typhus ; les phénomènes rénaux représentent une aggravation de lPétat chronique rénal antérieur, un processus aigu gréifé sur la ]5sion chronique.

Nous devons encore dire quelques mots de la forme du typhus exanthématique chez l'enfant et chez la femme.

Les enfants, sans présenter une immunité absolue et constante, sont beaucoup plus rarement atteints du typhus exanthématique que les adultes. La forme est presque toujours légère et l’évolution prend souvent les caractères du iype que nous avons décrit dans le chapitre de la symptomatologie générale sous le nom de forme arbotive.

Les femmes font la plupart du temps une forme plus léoère de typhus exanthématique et la mortalité est beaucoup plus faible que chez les hommes, Nous avons soigné jusqu’à présent 15 femmes atteintes de typhus exanthématique, âgées de 15 à 40 ans. Aucune nest morte. Les phénomènes d’intoxication sont en général beaucoup plus faibles chez la femme, Les symptômes nerveux sont très peu accusés où manquent complètement. La leucocytose à été toujours audessous de 20.000 et son évolution fût celle de la forme légère. Nous n'avons jamais rencontré chez la femme la xanthochromasie du liquide céphalo-rachidien, signe dé haute gravité. La réaction de Noguchi est très rarement positive; la réaction cellulaire du liquide est, par contre, toujours présente, mais elle consiste surtout en mononucléaires et cellules à protoplasma basophile ; les polynucléaires et Îles hématies sont beaucoup pius rares.

Le fait que nous n'avons pas rencontré parmi nos de Cas, aucune forme hypertoxique, ne nous autorise pas de die

à l'absence de cette forme chez la femme, Des confrères nous e en effet, affirmé avoir vu la forme hypertoxique chez la femme, présentant tous les symptômes et signes d’intoxication que nous avons décrits dans les chapitre antérieurs. [1 n’est pas moins vrai que cette forme est de ‘beaucoup plus rare chez la femme que chez l’homme.

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