CHAPITRE II
PINSCEULRE AS RON
Si nous consultons les anteurs anciens, nous constatons une certaine divergence au sujet de la durée de l’incubation. Wunderlich lui assigne une durée de 10 jours, Moers de 19 à 21 jours, Davies de 8 jours au minimum, Naunyn de 14 jours, Godelier (Guerre de Crimée) de 4 à 50 jours, Passauer de 3 à 14 jours.
Il est vrai que la période d’incubation est assez variable, aïlant de 5 à 21 jours. Mais cette variabilité est plus grande dans le typhus endémique et au début et à la fin d’une épidémie, c’est à dire au moment où on rencontre beaucoup de formes abortives, Par contre, en pleine épidémie, lorsque l’infection exanthématique a dans presque tous les cas une durée fébrile de 15 jours, la période d’incubation tend aussi à s’égaliser : elle est en moyenne de 7 à 8 jours.
Nous possédons un grand nombre d’observations démontrant que la moyenue en pleine épidémie est d’à peu près une semaine.
En voici quelques unes :
1. Un de nos confrères, la Prof. Dr. F. E. oto-rhino-laryngologiste, était chargé à Iassy de soigner les complications de sa spécialité dues au typhus exanthématique. Il allait dans tous les hôpitaux. IT nous affirme qu’il examinait tous les jours, matin et soir, son linge et ses vêtements et qu’il n’a jamais vu de pou. Un jour, sortant d’un hôpital de la Croix rouge, où il avait examiné plusieurs exanthématiques atteints d’otite, il sent une piqûre sur le dos de la main et trouve un pou. Sept jours exactament après il présente les premiers symptômes de typhus exanthématique.
2. Une infirmière S. P. qui portait dans un service de typhus un costume special en toile caoutchoutée, étant entrée au triage de l’hôpital sans costume, ressent une piqûre de pou; sept jours après, l'infection
‘exanthématique commence.
3. Le docteur F. sent en examinant un malade une piqûre sur le cou
Il trouve un pou et constate la piqûre; 8 jour après il commence son
tvphus exanthématique.
Il nous affirme qu’en s’examinant soi gneusemt tous les jours, matin et soir, il n’a jamais trouvé de pou sur lui.
4. Un officier A. S., d’une partie sedentaire, n’étant jamais venu en contact direct avec des exanthématiques, sent en sortant ce chez le coiffeur une piqûre sur la nuque et trouve le pou. Sept jours exactement après il commence son typhus exanthématique,
Il est certain que dans ces observations il ne peut pas y avois de certitude absolue que le malade n’a pas été piqué aussi par un autre pou, mais le nombre des cas semblables est trop grand pour ne pas être frappé de cette constance dans la durée de la période d’incubation.
La différence dans la longueur de l’incubation peut dépendre en partie de la réceptivité de l'individu, mais est surtout fonction de virulence du typhus, et l’égalisation que nous avons observé au maximum de l'épidémie est due à l’augmentation de cette virulence. Elle se fait par les passages de plus en plus nombreux d’un homme à l’autre par l'intermédiaire du pou. Nous trouvons dans les expériences sur les animaux ut fait qui vient à l’appui de notre manière de voir. Nicolle et ses élèves ont démontré que la période d’incubation chez le macaque injecté avec du virus humain dépend, non seulement de la dose de sang employée et de la voie d’introduction, mait aussi de la. provenance du virus, en d’autres termes de la virulence du sang employé. En travaillat avec des virus humain différents, ces auteurs out vu la période d’incubation se réduire à 4 jours, ou se prolonger jusqu’à 24 jours. De même, dans les expériences de Nicolle, plus l'incubation était longue, plus la forme du typhus que l’animal attrappait était courte. Ce fait est à rapprocher de la fréquence des longues incubations dans les foyers endémiques et au début ou
à la fin de l’épidemie, c’est à dire dans des conditions où les. formes légères et abortives sont les plus nombreuses. On peut affirmer jusqu’à un certain point, que plus la période d’incubation est longue, moins la forme grave. Mais il est incontestable que, tant la longueur de la période d’incubation, que la virulence de la maladie, dépendent, non seulement des propriétés du virus, mais aussi de la réceptivité plus ou moins grande de l’individu. Le fait que le typhus est moins grave chez les enfants et les adolescents, démontre l’importance de ce: dernier facteur.
Nous devons attirer l'attention sur certains symptômes qui apparaissent les derniers jours d’incubation dans une période encore complètement apyrétique. Nous possédons plusieurs observations de médecins que nous avons soignés dans notre service, intéressantes à ce point de vue. Il's’agissait de ces médecins qui ont fait leur typhus exactement 8 jours après la seule piqûre de pou qu’ils avaient ressenti. Ils nous ont affirmé que deux on trois jours après la piqûre ils ont éprouvé un certain deegré de fatigue, des douleurs musculaires, une inapütude au travail, un certain changement de caractère, une nervosité spéciale. Certains de ces malades, effrayés de la possi: bilité d’un typhus exanthématique et sachant qu'ils avaient été piqués antérieurement par un pou, prenaient la température régulièrement. La température était au dessous de 379. Mais in me semble intéréssant de signaler ie fait que dans deux cas un léger mouvement fébrile, de 372—375 a précédé de deux jours. la forte ascension thermique.